Point Mensuel Juin 2017 – CAMPG Investissements et Economie

Un mois de juin différent selon les marchés : les US et émergents globalement stables, l’Europe en baisse et le Japon en hausse. Nos portefeuilles reculent de 0,9% ce mois-ci principalement à cause d’un effet dollar négatif (à -8% depuis le début de l’année) et d’une baisse des actions Européennes en fin de mois.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +15,8%, avec une performance globale de +72,8% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/06/2017 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/06/2017.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 174 100 €

(Templeton n’est pas PEAble mais il est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 165 900 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : pas de grand changement sur les marchés US et émergents qui restent stables ce mois-ci, le Japon continue son rattrapage sur les autres marchés avec une hausse conséquente en juin (+3%) tandis que M.Draghi a fait monter l’euro (+2%) et baisser les actions Européennes (-3%) en fin de mois avec ses déclarations sur le fait que le soutien de la BCE ne serait pas infini dans le temps (fort rebond des actions Européennes aujourd’hui pour le premier jour ouvré du mois mais nous publions toujours avec les valorisations de clôture du dernier jour ouvré du mois).

Actualité chargée pour les indices actions MSCI (la société qui détermine la composition des indices du même nom sur les US, l’Asie, l’Europe, les différents secteurs, etc.) avec l’intégration des actions Chinoises de type A dans l’indice émergents (ce qui va encore augmenter le poids du pays dans cet indice, il est probable que la Chine passe ensuite dans l’indice pays développés avec la Corée du Sud dans les prochaines années). L’Arabie Saoudite intègre aussi la liste des possibles entrants sur l’indice pays émergents, ce mouvement pourrait se faire en 2018/2019 et représentera un soutien important pour ces actions (le pays fait actuellement partie de l’indice « pays frontières » qui compte les principaux « futurs pays émergents », sur ce thème nous sommes investis au travers de la ligne Templeton Frontier mkts).

Dans l’attente de la publication prochaine des résultats d’entreprises pour le second trimestre, l’actualité tourne autour des valeurs technologiques, avec un nouveau chiffre important pour Facebook : le réseau social vient de passer la barre des 2 milliards d’utilisateurs cette semaine, avec une valorisation totale proche de 430 milliards $ (et 10,2 milliards $ de profit pour 2016, contre 3,7 milliards $ pour 2015). L’entreprise reste donc chère en termes de valorisation (prix/profits) même si la progression des profits est impressionnante. Un autre géant, Amazon, vient lui d’annoncer le rachat des supermarchés bio Whole Foods pour 13 milliards $, après avoir ouvert de vraies librairies Amazon se lance donc dans le commerce bio de détail, les entreprises « technologiques » sont-elles en train de réinvestir dans  « l’ancienne » économie ? Toujours concernant cette nouvelle économie, nous avions abordé le sujet il y a quelques mois déjà (lien ici , d’ailleurs le fondateur et directeur général d’Uber vient de démissionner), et rappelons que même si quelques exceptions sont très rentables (Google et Facebook) la plupart de ces nouvelles sociétés n’ont pas encore gagné un seul dollar depuis leur création (Amazon devient à peine profitable après 20 ans de pertes et de patience de ses investisseurs). Un autre exemple frappant de forte survalorisation (à mon humble avis) est Tesla : certes l’idée d’une voiture électrique est intéressante et nous sommes à peu près tous convaincus de ce développement à venir pour les prochaines années (d’ailleurs l’ensemble des constructeurs mondiaux travaillent sur le sujet) mais comment justifier le fait qu’aujourd’hui Tesla pèse 60 milliards $ ? Comparaison rapide : BMW a la même valorisation que Tesla et vend plus de 2 millions de véhicules par an. General Motors a la même valorisation que Tesla et vend 10 millions de véhicules par an. Tesla ne vend que 70 000 véhicules par an, à perte en plus… en 14 ans d’existence Tesla n’a vendu que 180 000 véhicules. Avec autant de moyens financiers et un marché automobile US en état de grâce (notamment sur le segment des voitures de luxe) des chiffres de vente aussi faibles restent inexplicables. Toutes ces entreprises survalorisées (Tesla, Uber, Snap, Twitter, etc.) ont un point commun : elles sont composées d’une armée de personnes surdiplômées chargées de résoudre une équation complexe : comment transformer une (bonne) idée en un concept rentable ? Les mêmes ont réussi à faire de Facebook et Google deux géants mondiaux mais dans un secteur qui n’existait pas avant et avec un monopole depuis, ce qui n’est pas du tout le cas du secteur automobile ou des transports par exemple. Au travers des fonds actions US nous sommes bien sûr investis sur les géants tels qu’Amazon, Facebook ou encore Google, mais sommes et restons écartés depuis le début de fonds purement « technologies/internet, biotech, etc.» malgré les belles performances de ces thèmes ces dernières années, considérant toujours que le secteur est (beaucoup) trop cher et que les profits ne seront probablement jamais au rendez-vous pour la majorité de ces entreprises, qui bénéficient d’un environnement extrêmement favorable et unique en matière de taux zéro et de liquidités abondantes qui leur ont permis de survivre. Sur le secteur technologique, une correction serait saine (nous sommes loin de la bulle techno des années 1999/2000 mais des entreprises comme Tesla sont là pour nous rappeler qu’il faut rester attentifs). Nous pensons que la révolution digitale n’est pas interne au secteur technologique mais qu’elle touche l’ensemble des secteurs, les gagnants seront les entreprises qui sauront profiter de ces nouvelles opportunités et s’adapter aux changements, pas celles qui ont uniquement de belles idées mais aussi des clients (BMW et pas Tesla pour reprendre notre exemple).

Etats-Unis : comme attendu la Fed a monté ses taux de 0,25% mi-juin, pour atteindre un niveau de 1% sur les taux directeurs, pas de réaction sur le marché des taux où les niveaux restent historiquement bas : ce mois-ci les taux étaient au même niveau qu’en 2015 (quand les hausses de taux de la Fed ont commencé). Comme nous l’évoquons chaque mois il est très probable que les taux restent sur leurs niveaux actuels car l’inflation ne revient toujours pas et les gouvernements ne peuvent pas faire face à des hausses de taux, pas plus que certaines devises ou banques centrales. Le bilan de la Fed va commencer à se réduire avec le non-réinvestissement annoncé d’une partie des actifs (obligations) qui arrivent à terme, pour le moment il s’agit plus d’un mouvement psychologique avec un non-réinvestissement de 10 à 50 milliards $ par trimestre (à terme) sur les 4500 milliards $ que représentent le bilan de la Fed (les banques centrales Européenne et Japonaise détiennent chacune à peu près le même montant).

Zone Euro : un peu de mouvement en fin de mois après la conférence de M.Draghi qui déclare que « tous les signaux indiquent maintenant un renforcement et un élargissement de la reprise dans la Zone Euro et qu’au fur et à mesure que l’économie continuera de se redresser la banque centrale pourra accompagner la reprise en ajustant les paramètres de ses instruments de politique monétaire”, ce qui a fait baisser légèrement les marchés Européens et monter l’euro face au dollar (dans l’idée que les interventions de la BCE ne dureront pas aussi longtemps que prévu). De notre côté nous pensons qu’il s’agît juste d’une stratégie de communication de la BCE, comme le faisait la Fed avant, le banquier central sait que même si la situation économique s’améliore il ne peut pas faire marche arrière, pas avant un long moment, mais il faut tout de même essayer d’éviter une surchauffe des marchés qui se retrouvent dans une situation extrêmement confortable : soit l’économie accélère et c’est bon pour les marchés, soit l’économie ralentie et la banque centrale aide les marchés. Il est sain de maintenir une certaine tension afin d’éviter les excès (comme ceux que nous avons évoqué plus haut sur les valeurs technologiques US notamment). En dehors de l’Allemagne de l’ouest il ne semble pas possible pour la Zone Euro aujourd’hui de se passer de l’intervention de la BCE, aucun risque là-dessus pour le moment selon nous. Ce qui pourrait gêner la BCE en ce moment c’est le taux de change, qui est revenu sur des niveaux 1,13-1,14 contre 1,05 en début d’année, le juste milieu nous semble toujours entre 1,05 et 1,10, ce qui conviendrait aussi à la BCE (la Fed est plus à l’aise avec un taux entre 1,10 et 1,15), les actions en cours de la BCE devraient reporter le taux vers un niveau 1,05/1,10 dans les prochains mois selon nous.

Pendant ce temps, l’Europe avance sur le plan de l’Union Bancaire, avec trois cas de « résolution bancaire » (mise en faillite contrôlée) ce mois-ci : l’épuration du système bancaire Italien est un chantier qui commence enfin avec deux petites banques Vénitiennes qui sont placées en faillite (Veneto Banca et Banca Popolare di Vicenza, valeur totale des dossiers environ 17 milliards €) selon le nouveau processus de résolution bancaire de la BCE ; les activités saines de ces établissements sont transférées chez Intesa San Paolo (l’une des grandes banques du pays), tandis que les autres activités sont démantelées, les clients ne sont pas impactés (en dehors des détenteurs d’actions et obligations de ces deux établissements bien sûr, même si le gouvernement Italien a immédiatement contourné ce dernier détail pour venir lui-même en aide à ces actionnaires). En Espagne la refonte du paysage bancaire était déjà très avancée depuis 2012/2013 avec la fusion de la quasi-totalité des petites caisses d’épargne, quelques dossiers difficiles existent toujours, c’était le cas de Banco Popolar, mis en résolution bancaire lui aussi ce mois-ci, les activités saines passent chez Banco Santander (là aussi l’une des grandes banques du pays). Comme dans le cas Italien on voit la volonté de la BCE d’avoir toujours moins de petits établissements et d’aller vers un système concentré avec de gros acteurs, plus solides et plus simples à contrôler. Il est clair que pour Santander et Intesa ces trois évènements sont profitables (les activités saines des deux banques Italiennes ont été acheté pour un euro symbolique). Le marché n’a pas enregistré de volatilité particulière suite à ces annonces, la BCE poursuit son travail.

Côté politique, le mouvement populiste qui était en forte augmentation mondialement depuis environ 5 ans, et en particulier en Europe, vient de subir une année difficile en faisant moins bien qu’attendu dans les récentes élections Espagnoles, Hollandaises, Françaises, Italiennes ou encore Britanniques. Pour autant, ce mouvement pourrait revenir si les 3-4 prochaines années ne permettent pas à l’Europe d’avancer, le couple Franco-Allemand semble déterminant sur ce sujet. Les chiffres économiques continuent de s’améliorer dans la zone, en Allemagne justement l’indice IFO (climat des affaires auprès de 7 000 dirigeants d’entreprise en dehors de la finance) est au plus haut depuis 1970.

Grèce : comme prévu une fois le dossier « élections Françaises » passé, l’Eurogroup a trouvé un accord sur le cas Grec pour le déblocage d’une partie des fonds promis en 2015 contre réformes, un programme qui devrait aller jusqu’en 2018 et il ne devrait pas y avoir de négociation sur l’effacement d’une partie de la dette Grecque d’ici là. Ces négociations seront inévitables à un moment ou à un autre, surtout maintenant que la BCE détient une part importante de la dette de l’ensemble des pays Européens, de l’Allemagne notamment, qui souhaite repousser le sujet après ses élections (cet automne).

Royaume-Uni : après l’exploit de D.Cameron d’organiser le Brexit puis de le perdre et de démissionner, suivi de l’exploit des pro-Brexit de gagner le référendum puis de démissionner le lendemain même, voici l’exploit de Theresa May qui organise de nouvelles élections (afin de renforcer sa majorité avant les négociations sur le Brexit) pour finalement y perdre sa majorité. Cet échec devrait affaiblir le Royaume-Uni face à l’Union Européenne dans des négociations qui viennent à peine de commencer. En attendant pour les Britanniques, la baisse de la devise qui a suivi le Brexit commence peut-être à se faire sentir : le taux d’épargne a fortement chuté ces derniers trimestres et il est désormais au plus bas depuis 1965, à suivre.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mise en place des programmes de réduction de taxes et dépenses en infrastructures aux US
– stabilité du baril de pétrole (dans la fourchette 45$/60$) et continuité du retour du Schiste US
– éventuels mouvements de banques centrales (Fed, BCE, BoJ) et mouvements sur les taux
– bulle immobilière en Chine / sentiment des investisseurs sur la situation économique Chinoise
– les situations politiques/financières Italienne et Grecque

Les arbitrages : comme évoqué le mois dernier la ligne Amundi ETF Scientific Beta (FR0011829084) ne sera plus éligible au PEA à partir de début 2018 (elle reste bien sûr disponible pour un compte titres ordinaire), pas d’urgence donc mais nous avons déjà commencé son remplacement, les 10% du portefeuille investis dessus ont été reportés à hauteur de 5% sur l’ETF US et 5% sur l’ETF Beta Europe.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 août pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine