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Que faut-il penser de la préservation de la note AAA de la dette publique française alors qu’en réalité pour les marchés, nous sommes déjà de fait notés en AA+, et non plus AAA? Pour preuve, l’écart avec l’ Allemagne ( elle aussi AAA ) ressort à 1.9 point !

Cela fait plus de dix ans que le déficit et les dettes publiques ont dérapé, tandis que la croissance n’était plus au rendez-vous.

Les plans de rigueur, s’ils sont créateurs de liquidités pour l’Etat à court terme, cassent le peu de croissance existante tant au plan national qu’européen et ne sont pas porteurs de stratégie long terme ce qu’attendent les marchés.

Néanmoins, une tension trop forte et durable sur les taux d’intérêts empêche tout assainissement des comptes d’où la nécessité d’une intervention massive de la BCE en abaissant à zéro ses taux directeurs à court terme.

De fait les Etats, dont la France, qui sont en faible croissance ou en récession et qui sont de plus confrontés à une remontée de leur taux d’intérêt, doivent se refinancer à un coût de plus en plus cher:

Situation dangereuse, le service de la dette de plus en plus lourd obligeant soit à augmenter les impôts soit à baisser les dépenses ce qui pèse sur l’activité jusqu’à la récession.

D’aucuns vont jusqu’à penser que les économies budgétaires qui servent à compenser la hausse des coûts de financement conduisent à transformer les plans de consolidation fiscale en des opérations “Perdants-Perdants”, pour les Etats, les contribuables et les banques…

Les marchés calmés, il sera alors possible d’élaborer une stratégie fiscale et budgétaire de long terme et de quitter la course au triple A.

 

Pour mémoire, les taux américains ont baissé au lieu d’augmenter après la perte de la note AAA (malgré une économie souffrante et un chômage endémique)….

Le Japon (Aa3) a émis le 1er novembre à un taux de 1.025% (alors que l’Allemagne -AAA- émettait le 16 à 1.91%)….

pierre.guimbelot@lefil.com