Comment transformer son épargne en revenus complémentaires ?

Le mois dernier nous avons vu comment, pour les personnes encore en activité, se constituer un capital avec comme objectif de percevoir un revenu additionnel pour compléter sa retraite et pouvoir ainsi financer une aide à domicile, une maison de retraite ou tout simplement maintenir son train de vie ou soutenir financièrement un enfant.

Aujourd’hui, nous allons développer les solutions de compléments de revenus pour ceux qui ne sont plus en activité et qui ont constitué un capital sous forme d’épargne financière.

Au préalable, qu’ils soient ou non conçus dans ce but, la plupart des placements permettent de retirer des intérêts.
Prenons l’exemple du Livret A. Certes, il n’est pas conçu pour distribuer régulièrement et automatiquement les intérêts directement sur votre compte chèque. Mais rien ne vous empêche chaque année, en janvier, de prélever le seul montant des intérêts. Si vous faîtes cela annuellement, vous bénéficiez ainsi d’un complément de revenus réguliers. Ainsi, la majorité des placements pour lesquels les fruits de votre épargne s’ajoutent au capital sont donc susceptibles de faire l’affaire pour compléter vos revenus. Par contre, cela n’est pas toujours très adapté. C’est pourquoi, pour répondre à ce besoin précis, il existe un large choix de placements spécifiquement à revenus.

Intéressez vous en priorité au Dépôt à Terme (DAT) à revenus réguliers
Le principe de ce dépôt à terme consiste à placer son épargne, généralement sur un horizon de 5 ans et à percevoir, trimestriellement un intérêt garanti sur toute la période de placement. Cette épargne présente l’avantage d’être sans risque en capital et partiellement ou totalement disponible à tout moment, sans pénalité. Les intérêts sont fiscalisés, ils s’ajoutent à vos autres revenus et sont imposés au barème de l’impôt en fonction de votre tranche marginale d’imposition (TMI).

Pour des durées plus longues, souscrivez des obligations privées
Pour obtenir et garantir des revenus plus élevés sur une durée plus longue, vous pouvez acheter des obligations d’ entreprises. Quand une entreprise émet un emprunt obligataire, elle s’engage à verser un taux d’intérêt régulier (trimestriel ou annuel) et à rembourser le capital à échéance. Le taux d’intérêt est généralement fixe et garanti pour des périodes pouvant aller de 8 à 12 ans selon les émissions.
D’un point de vue sécurité du capital, mieux vaut choisir des obligations émisent par des grandes entreprises pour lequel le risque de défaillance est faible. D’un point de vue disponibilité, vous pouvez passer un ordre de vente en bourse pour céder à un acheteur vos obligations. Mais attention, le cours d’une obligation évolue en sens inverse de celui des taux d’intérêt. Il baisse lorsque ces derniers augmentent, les acheteurs délaissant alors les anciennes obligations pour acheter les nouvelles plus rémunératrices. Donc en cas de vente avant l’échéance, vous risquez d’enregistrer une perte sur votre capital initial, si entre temps les taux d’intérêt du marché ont monté. Pour cette raison, nous conseillons de souscrire des obligations dans la perspective de les conserver jusqu’à leur terme. Pour la fiscalité des intérêts, ils s’ajoutent à vos autres revenus et sont imposés au barème de l’impôt en fonction de votre tranche marginale d’imposition (TMI).

Utilisez une assurance vie en mode « revenus »
l’assurance vie demeure le produit d’épargne préféré des Français pour la simple raison qu’elle répond à de nombreux objectifs.
Elle est en premier lieu un placement financier qui propose un large choix de supports d’investissement du plus sur au plus performant. Elle apporte des avantages successoraux non négligeables. Les sommes investies sont disponibles à tout moment et bénéficient lors du retrait d’une fiscalité particulièrement avantageuse. Ce que l’on sait moins, par contre, c’est que l’assurance vie permet de percevoir des revenus réguliers pour équilibrer son budget. En effet, de nombreux contrats comportent une option dite de «rachats réguliers automatiques». Vous choisissez le montant et la périodicité et vous conservez la possibilité d’en modifier les paramètres : augmentation ou diminution,  arrêt ou reprise, périodicité. Pour mettre en place ce mécanisme modulable, le fonds euros est le support le plus pertinent. Le fonds euros est constitué pour une très grande partie d’obligations d’entreprises et d’obligations émises par les Etats. Même si elle est atteinte par la baisse des taux d’intérêt, la rentabilité, variable d’une année sur l’autre, présente, historiquement et sur le long terme, une visibilité pour vos revenus futurs.
La fiscalité, en apparence dissuasive, est en fait très clémente. Les revenus des rachats automatiques sont, soit à déclarer dans vos revenus et donc imposés par rapport à votre Tranche Marginale d’Imposition, soit soumis au prélèvement forfaitaire libératoire (auquel s’ajoutent les 15,5 % de prélèvements sociaux) de 35 % de la 1ère à la 4ème année incluse, de 15 % de la 5ème année à la 8ème année incluse et de 7,50 % après un abattement pouvant aller jusqu’à 9 200 € au delà de la 8ème année. Ce prélèvement ou ce montant à déclarer, selon l’option choisie, ne porte que sur une part d’intérêts d’autant plus faible que le contrat est récent.
Par exemple, vous ouvrez un contrat d’assurance vie avec 30 000 € sur le fonds euros. On suppose qu’un an plus tard, votre épargne a progressé de 1,5 %, soit 450 €. Fiscalement, la part du produit dans votre épargne représente 1,48 % (450/30450). Si vous faites un retrait, seule cette partie du retrait est taxable. Soit, pour un retrait de 450 €, 450 € x 1,48 % = 6,66€. Sur ce montant vous acquitterez 15,5 % de prélèvements sociaux soit 1,03 €. Selon votre choix les 6,66 € seront à déclarer avec vos autres revenus et fiscalisés en fonction de votre TMI ou soumis au prélèvement forfaitaire libératoire de 35 %.
Si vous êtes dans une TMI de 14 % vous allez payer 6,66 € x 14 % soit 0,93 € d’impôt. Au total vous percevrez : 450 € – (1,03 € + 0,93 €) =448,04 €. La fiscalité réelle est donc de 0,44 % !  Cette ponction fiscale progressera légèrement ensuite car la part d’intérêts dans votre épargne ira croissant, mais restera très modérée.

A partir de 70 ans, envisagez la solution de la rente viagère
Toucher un complément de revenu garanti, revalorisé chaque année, sans le moindre souci de gestion et jusqu’à la fin de ses jours : voilà le principe et les atouts de la rente viagère.
Au lieu de placer un capital, vous le convertissez en rente versée aussi longtemps que vous êtes en vie, sans aucune limite. Attention, ce n’est pas un placement puisque vous abandonnez tout droit sur le capital qui après conversion ne vous appartient plus. Il est aussi perdu pour vos héritiers, sauf avec certaines garanties qui préservent d’un décès précoce, comme les «annuités certaines» ou pour le conjoint la «rente réversible». La rente viagère procure des rentrées plus élevées qu’un placement à revenus, surtout pour les personnes les plus âgées. Plus l’âge est important plus la rente est élevée. De plus, seule une partie des sommes perçues est imposable, en fonction de l’âge du bénéficiaire (le rentier) lors de la transformation du capital. Si la rente a été enclenchée entre 60 et 70 ans, 40 % des aréages (la rente) s’ajoutent à l’ensemble des revenus, 30 % après 70 ans. Il vaut mieux attendre d’avoir franchi ce cap qui est le plus avantageux pour choisir la rente. Les prélèvements sociaux quant à eux sont dus sur la fraction de rente imposable. Notez également que si vous avez accumulé de l’épargne sur un Plan Epargne Populaire ou sur un Plan Épargne en Actions vous pouvez convertir ce capital en rente, la totalité de celle-ci sera exonérée d’impôt à l’exception des prélèvements sociaux.
Le même mécanisme s’applique au viager immobilier.

En diversification, pensez à l’immobilier en SCPI
L’investissement dans la pierre garde toujours une place privilégiée pour les ménages soucieux de compléter au mieux leurs revenus au moment de leur retraite. Mais, au delà de l’investissement en direct, l’achat de parts de SCPI ou « pierre papier » peut ausi répondre à un objectif de revenus complémentaires.

Quelque soit le mode de détention, l’immobilier permet en effet, grâce aux revenus locatifs, de s’offrir un complément de retraite sur le long terme. Si le montant des capitaux dont vous disposez le permet, vous pouvez choisir d’acquérir et de gérer un bien immobilier en direct, mais le fait d’acquérir des parts d’une Société Civile de Placement Immobilier revêt de nombreux atouts.

La SCPI a pour objet l’acquisition et la gestion d’un patrimoine immobilier locatif. Le premier avantage de la SCPI est de rendre accessible à tous les patrimoines un investissement qui le serait difficilement pour des particuliers, compte tenu des mises de fonds importantes que cela demande (bureaux, entrepôts, locaux industriels ou murs de boutiques). La diversification du patrimoine de la SCPI permet une bonne mutualisation des risques, et retire au particulier tout souci de gestion, celle-ci étant déléguée à des professionnels. Pour percevoir un complément de revenu, on va privilégier les SCPI classiques, diversifiées ou spécialisées dites encore « de rendement ». Comme leur nom l’indique leur rôle est de générer du rendement, donc des revenus réguliers et complémentaires. Leur objectif est bien de distribuer régulièrement des revenus aux associés issus des loyers, les versements étant la plupart du temps trimestriels. Comme pour la détention directe d’un bien, les porteurs de parts sont soumis à l’impôt sur le revenu selon le régime des revenus fonciers. Les autres types d’impôts, taxes ou charges (taxe foncière, assurance, frais de gestion) sont payés par la SCPI et non par l’associé.

L’investissement en parts de SCPI ne comporte ni garantie de capital, ni garantie de rendement et doit bien évidemment s’envisager sur le long terme. Le versement des dividendes pourra donc évoluer à la hausse comme à la baisse en fonction des conditions du marché immobilier (location des immeubles, niveau des loyers).

les solutions pour compléter ses revenus sont nombreuses… et la liste présentée ici est loin d’être exhaustive.
Le choix entre les différentes solutions dépend des objectifs et contraintes personnels de chacun. Rien ne vous empêche aussi d’en choisir plusieurs en panachant votre épargne entre un placement à revenus et un capital investi en rente. Quoi qu’il en soit, pour mettre en place une stratégie personnalisée,  vous aider dans la sélection et en réaliser le chiffrage, votre conseiller est là pour vous apporter tout l’éclairage et le conseil nécessaire afin de mieux appréhender cette démarche.

Les experts de l’espace conseil épargne se tiennent également à votre disposition. Vous pouvez les joindre au 05 62 44 74 90 ou par mail à l’adresse suivante : espace.conseil.epargne@lefil.com