Et pourquoi pas investir dans l’art …

Nous pensons qu’il est important d’avoir un patrimoine diversifié, et il n’est pas rare de se contenter d’avoir un patrimoine exclusivement financier et immobilier. Et pourquoi ne pas oser investir dans l’art ? Avant de prendre une telle décision il est important de porter attention  « aux mauvaises affaires », il y a lieu d’être prudent.

Qu’est- ce qu’une œuvre d’art ? L’article 98 A de l’annexe III du CGI en donne une définition. Il peut s’agir de tableaux, de photos, de gravures, d’estampes, de céramiques etc … N’oublions pas qu’il y a peu de temps les objets d’art étaient exonérés d’ISF…d’où une définition rédigée par l’administration.  (L’ISF a été supprimé et remplacé par l’IFI qui ne taxe que le patrimoine immobilier).

Le marché de l’art n’est pas exposé à des effets de « marchés », néanmoins  si vous faites un mauvais investissement dès le départ, il sera quasi impossible de rentabiliser votre investissement.

Alors comment bien choisir ? Qu’est-ce qui doit guider votre achat ? La renommée de l’artiste, le prix, le coup de cœur …?

Il est évident que si vous achetez une œuvre de Banksy  chez Sotheby’s à Londres, vous ne prenez pas trop de risque de faire une mauvaise affaire ….D’une part parce que l’artiste est connu et reconnu et d’autre part Sotheby’s est une « salle de vente » prestigieuse.  Et ce même si l’artiste met en place un système d’autodestruction de son œuvre*.

Le plus célèbre plasticien Jeff Koons a été condamné trois fois pour plagiat, ce qui ne lui empêche pas d’être un des artistes les plus chers du monde.

Faut-il  « miser » plutôt sur un artiste vivant ou mort ? Difficile de répondre, tout est une question de prix, d’opportunité et d’envie. Il est certain que des artistes sont prometteurs et que leurs côtes sont vouées à exploser… Ils en existent des célèbres en France mais qui n’ont pas passé « le cap » de la reconnaissance mondiale…certains y voient une opportunité dans la mesure où ces derniers arriveraient à passer ce « fameux cap ».

Il faut également être vigilant sur l’état de conservation de l’œuvre …Le célèbre radeau de la méduse de Théodore Géricault est voué à devenir noir, la peinture étant au plomb ce phénomène est irrémédiable.

La vente de particulier à particulier est possible mais risquée, attention aux arnaques, est- ce un vrai ? Internet est truffé d’offres alléchantes. Attention aux trop belles opportunités…

Le meilleur moyen d’acheter dans de bonnes conditions reste de se rendre dans des maisons de vente, des galeries d’art ou chez des courtiers reconnus.

Vous devrez acquitter les frais de commission et d’achat qui peuvent  aller de 15 à 25 %, mais qui peuvent souvent se révéler comme le  prix de la tranquillité.

Pour investir sereinement, vous devez maîtriser la fiscalité en cas de revente.  Ainsi si la valeur de l’œuvre est supérieure à 5.000 €, elle fera l’objet de deux taxations optionnelles possibles.

La première forfaitaire de 6,5 % du prix de l’œuvre, la seconde 36,2 % sur la plus-value avec un abattement de 5 % par année de détention dès la 3ème année, soit une exonération totale au bout de 22 ans, cette option nécessite d’avoir une facture ou autres moyens de preuve pour justifier de la date d’acquisition.

Si vous êtes prêt à passer le pas, nous vous conseillons  de vous faire plaisir et de fonctionner au coup de cœur et surtout d’être prudent en passant par un professionnel.

*le 5 octobre 2018 lors d’une vente aux enchères par Sotheby’s, une  peinture de l’artiste Bansky a été partiellement découpée en fines lamelles quelques instants seulement après avoir été vendue au prix de  1,185 million d’euros. Il s’est avéré que l’artiste lui-même a mis en place l’autodestruction. A ce jour la toile est estimée à plus de deux millions d’euros.