Impact de la fin des quotas laitiers pour les producteurs de notre territoire

photo lait

Mis en place depuis plus de 30 ans, les quotas laitiers sont supprimés depuis le 31 mars 2015. Fallait-il les supprimer ou pas ? En tous les cas, le sujet a fait polémique durant plusieurs années ! En effet, les différents pays de l’UE ont géré les quotas laitiers de manière très différentes : avec une volonté de maintenir la production sur tout le territoire en France ou à l’opposé avec une volonté de concentrer la production des territoires avec de grosses exploitations dans certains pays d’Europe du Nord. Clairement, la fin de quotas laitiers entrainera une concentration progressive de la production dans les zones les plus compétitives.

Mais attention, il ne faut pas attendre de cataclysme le 1er avril. Depuis plusieurs années, les quotas augmentent graduellement et aujourd’hui l’Europe ne produit pas la totalité du quota qu’elle s’est octroyée. Certains pays (Irlande, Danemark, Pays-Bas, Allemagne,…) vont encore pouvoir augmenter leur production, mais une bonne partie de la hausse de la production a déjà eu lieu. En France, quand on regarde l’évolution du cheptel de génisses laitières, on voit que la Bretagne ou le Nord de la France ont anticipé la fin des quotas.

Sur notre territoire de Pyrénées-Gascogne, la situation est un peu plus compliquée. On voit que la production est plutôt en baisse. La hausse de la production dans les exploitations en développement ne compense pas les arrêts d’ateliers. Heureusement, nous voyons des éleveurs motivés qui veulent continuer à se développer et bien sûr nous les accompagnons dans leurs investissements. La technicité des éleveurs et leur capacité à piloter leur exploitation dans un environnement de plus en plus volatil seront les facteurs de réussite des exploitations de demain. Parce que la fin des quotas laitiers aura également pour conséquence de renforcer encore la volatilité, il faudra pouvoir ajuster sa production et mettre de côté lorsque cela est possible !

A court terme, les marchés mondiaux se redressent et les prix payés aux éleveurs devraient être meilleurs sur le second semestre. A long terme, les perspectives sont positives : nous avons une production de grande qualité et un savoir-faire incontestable. De plus, la demande est croissante partout dans le monde et il n’est pas si facile de produire du lait, la Chine n’arrive pas à répondre à l’augmentation de sa demande, la Nouvelle-Zélande fait face à des sècheresses récurrentes et le modèle danois ne fait plus référence…

Au-delà du débat sur les quotas laitiers, la filière laitière garde toute sa place sur notre territoire et surtout EST une opportunité pour notre territoire.