Performance de l’épargne : assurance vie ou PEA ?

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Diversifier son épargne dans le contexte de taux actuel est devenu une nécessité. C’est ce que nous avons vu le mois dernier ou nous vous faisions part de nos préconisations en répondant à la question « baisse du rendement de l’épargne : accepter ou changer ? ».

Revenons plus précisément  aujourd’hui sur l’assurance vie et le Plan Epargne en Actions (PEA) qui sont et de très loin les meilleurs outils pour aller chercher de la performance tout en se mettant à l’abri de la fiscalité.

Mais lequel choisir ? Assurance vie ou PEA ?

Pour y répondre, reprenons les 3 grandes étapes de construction d’un patrimoine (le construire et le gérer, la perception des revenus complémentaires, sa transmission) et faisons le comparatif de ces deux enveloppes.

A votre avis, laquelle va gagner ?

1- Construire son épargne en diversifiant les supports

Avantages du PEA :

– Seul le PEA permet la gestion d’actions en direct ce qui procure la meilleure réactivité dans l’exécution des ordres d’arbitrage et avec des produits comme les trackers, il est possible de ne pas se limiter aux actions européennes.

– Les plus-values sont non imposables tant qu’elles sont capitalisées au sein du plan et sont exonérées d’impôt sur le revenu au bout de 5 ans seulement (application des Prélèvements Sociaux de 17,2 %). Une taxation de 22,5% s’enclenche si un retrait a lieu avant 2 ans, qui passe à 19% entre 2 et 5 ans.

Avantages de l’Assurance vie :

– L’assurance vie multi supports est ouverte à toutes les classes d’actifs, actions, obligations, monétaires, investis sous forme de Sicav et Fond Communs de Placement (FCP) qui prennent la dénomination d’Unité de Compte (UC) avec des niveaux de risque variables permettant d’ajuster facilement la composition de votre portefeuille au niveau de risque que vous souhaitez prendre. Elle permet d’accéder à toutes les zones géographiques avec également un accès facilité à l’investissement immobilier via les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) ou les Organismes de Placements Collectifs en Immobilier (OPCI).

– Elle accueille un fonds appelé fonds en euros,  qui malgré un rendement qui ne cesse de diminuer, permet de garantir une partie de son capital.

– Même un enfant mineur peut ouvrir un contrat et rien n’empêche d’en détenir plusieurs. Les versements libres ou programmés sont sans limite. On peut à tout moment effectuer des retraits ou des versements tout en profitant de l’ancienneté fiscale.

– Un contrat d’assurance vie ne comporte pas d’échéance. Il peut être conservé pendant toute la vie du souscripteur (comme un livret d’épargne).

– La fiscalité se calcule uniquement sur la quote-part de gains et non sur le montant total du retrait. De plus, vous avez le choix entre le Prélèvement Forfaitaire Libératoire (PFL),  le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) ou encore la déclaration à l’Impôt sur le Revenu pour l’acquittement des gains. Selon l’ancienneté (plus ou moins de 8 ans) et  la date d’alimentation de votre contrat (avant ou après le 27 septembre 2017) la taxation des gains pourra avec ces différentes options se faire en fonction de ce qui est le plus avantageux pour vous compte tenu de votre tranche marginale d’imposition (TMI). Dans tous les cas, après 8 ans, on peut sortir de son contrat en franchise partielle d’impôt. Les revenus profitent alors d’un abattement (renouvelable chaque année) de 4 600 € par personne, montant au-delà duquel ils sont taxés soit à l’IR soit au PFL de 7,5%. Les gains issus des retraits sont soumis au PS (17,2 %). Ils sont aussi ponctionnés chaque année sur la fraction du contrat investie sur le fonds en euros. Tout comme le PEA les gains capitalisés au sein du contrat sont non imposables.

Limites du PEA :

– Le PEA ne peut accueillir que des actions de sociétés cotées dans un pays de l’Union Européenne et des Sicav et des FCP composé d’au moins 75 % de ces actions. Ces support sont tous dépendants des marchés actions que ce soit à la hausse comme à la baisse et implique donc de l’investisseur l’acceptation d’un risque en capital.

– tout retrait avant 8 ans entraîne la clôture du plan. A l’inverse, l’épargnant réalisant un retrait sur un PEA de plus de 8 ans peut continuer à le faire fructifier, mais il lui est alors impossible de réaliser de nouveaux versements. Mieux vaut donc bien réfléchir avant de procéder à tout retrait.

– Les versements libres ou programmés sont plafonnés à 150 000 € par personne. Il faut être contribuable pour ouvrir un PEA et vous ne pouvez en détenir qu’un seul.

Limites de l’assurance vie :

– Pas de possibilité de souscrire des titres en direct (actions ou obligations).

Egalité :

Pour une gestion autonome, PEA et Assurance vie peuvent se piloter via internet sur le site lefil.com

– Pour épargner régulièrement, PEA et Assurance vie permettent de lisser dans le temps les prix d’acquisition des valeurs achetées : pour un montant constant, on achète moins de titres quand les marchés montent et plus quand ils baissent. Les achats s’adaptent ainsi aux mouvements des marchés.

2 – Convertir son capital en revenus complémentaires.

Avantage du PEA :

Dès son 8ème anniversaire, vous pourrez compléter vos revenus en convertissant le capital en rente viagère. Celle-ci sera exonérée d’impôt et soumise aux Prélèvements Sociaux sur une partie seulement da sa valeur (70 % pour une conversion en rente avant 50 ans, 50 % pour une conversion avant 60 ans, 40 % pour une conversion avant 70 ans et 30 % pour une conversion à compter de 70 ans). C’est une solution sécurisante pour recevoir des revenus jusqu’à la fin de ses jours.

Limite de l’assurance vie :

Si vous prenez l’option de convertir en rente tout ou partie du capital (possible à tout moment), la rente est soumise, pour une fraction de son montant, déterminée de la même manière que le PEA aux Prélèvements Sociaux mais aussi, et c’est la différence avec le PEA, à l’Impôt sur le Revenu. C’est pourquoi, plutôt que de réaliser une sortie en rente, il est plus judicieux de procéder à des rachats successifs. A partir de la 8ème année du contrat, un couple peut retirer 9 200 € d’intérêts par an (4 600 € pour un célibataire) sans impôt. Seuls les Prélèvements Sociaux sont dus. Comme le fisc considère que chaque retrait renferme à la fois un capital non imposable et des gains taxables, il est possible de prélever largement plus sans être imposé. En outre, la fiscalité applicable aux retraits excédant ces seuils reste douce : les intérêts sont taxés au choix à l’IR ou au PFL de 7,5 % ou au PFU de 12,8 % plus Prélèvement Sociaux.

3 – Transmettre son capital

Avantage de l’Assurance vie :

C’est la seule formule qui procure en matière de succession un double avantage : les abattements applicables lors de la transmission sont élevés, jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire (taux de 20 % ou 25 % au-delà, abattement limité à 30 500 € pour les primes versées par un assuré âgé de 70 ans ou plus) et vous êtes libre de désigner les bénéficiaires de votre choix, même s’il ne s’agit pas de vos héritiers. De plus, la plupart des contrats multi-supports comportent des garanties en cas de décès, afin de compenser d’éventuelles pertes réalisées sur les compartiments en unités de compte. Il est donc possible de dynamiser la gestion de votre portefeuille, sans avoir à craindre les conséquences pour les bénéficiaires, qui reçoivent au minimum, les sommes investies à l’origine.

Limite du PEA :

Le PEA n’offre lui aucun avantage dans ce domaine. Au décès de l’épargnant, les capitaux s’ajoutent au montant de la succession.

En conclusion, face à la faible rémunération de l’épargne traditionnelle, le PEA COMME l’assurance vie multi-support figurent plus que jamais parmi les dispositifs de choix pour gérer et organiser son épargne. Chacune des enveloppes présentent des caractéristiques propres qui sont autant d’avantages ou de limites quand on les ramène à sa situation personnelle et à ses objectifs propres. C’est pourquoi, notre conseil est en tout état de cause d’ouvrir l’une et l’autre enveloppe pour prendre date, car c’est la date de versement qui déclenche le calcul de la fiscalité de l’enveloppe et non la date de l’ouverture du contrat. Ensuite, en fonction du cycle de vie de votre patrimoine, vous pourrez à bon escient utiliser tantôt l’une, tantôt l’autre ou panacher sur les deux à la fois.

Dernier conseil, et c’est peut être le point le plus important à maîtriser : pour choisir parmi le large choix de fonds offerts dans ces enveloppes, consultez les préconisations de Thomas Lombardi notre chef économiste et allocataire d’actifs. Il a constitué pour vous un portefeuille type version PEA et assurance vie, dans lequel il sélectionne, il arbitre, met à jour et vous informe périodiquement de ses choix de valeurs et de fonds ainsi que de la performance.

L’Espace Conseil Epargne, se tient également à votre disposition par téléphone au 05 62 44 74 90 et par mail à l’adresse suivante espace.conseil.epargne@lefil.com, pour répondre à toutes vos questions.