Point marchés jeudi 12 mars

Suite aux événements récents, voici quelques éléments concernant les marchés financiers et nos conseils d’investissements.  

Fin février

Globalement, avant la récente période de tension liée au coronavirus, l’activité mondiale était bien en train d’accélérer de nouveau (les chiffres nous arrivent maintenant : fortes créations d’emploi aux Etats-Unis en janvier et février, chiffres industriels en hausse (enfin) en Allemagne, etc.), logiquement les marchés touchaient donc un nouveau plus haut historique le 19 février. 

Le 20 février, commençait à circuler dans les médias Italiens l’information d’une accélération de nouveaux cas de Coronavirus, alors que jusque-là le virus était principalement en Chine et les cas en dehors restaient à priori isolés (l’idée des marchés était la suivante : la Chine va réussir à régler le problème quitte à confiner une partie du pays pendant un mois).

Tout s’accélère dans le weekend du 22-23 février en Italie où le nombre de cas augmente fortement. En plus de ce début de panique sanitaire en Italie, les mêmes éléments arrivent de Corée du Sud et d’Iran. Le lundi 24 février les marchés corrigent fortement avec le passage du scénario initial (la Chine est la principale concernée et cela ne va pas plus loin) vers le scénario actuel : l’épidémie est mondiale et de plus, contrairement à la Chine, l’Europe (et le reste du monde) n’est peut-être pas en capacité de gérer ça rapidement. Les marchés baissent fortement sur cette dernière semaine de février, comme nous l’avons évoqué dans le point mensuel de la semaine dernière (lien ici)

Début mars

Après quelques jours de volatilité au rythme de l’expansion du virus en Europe (et sur les autres continents désormais), les marchés enchainent des records de volatilité avec des journées à +5% puis à -5% (bien entendu avec malheureusement plus de mauvaises journées que de bonnes). Vendredi 6 mars, un premier point bas semble trouvé sur le marché Américain avec une forte remontée en fin de séance.

Mais c’était sans compter sur les gouvernements Russes et Saoudiens qui durant le weekend, à la surprise générale, ne se sont pas mis d’accord lors de la réunion de « l’OPEP + » (OPEP + Russie et quelques autres) sur une baisse de la production pour soutenir le prix du baril, jugé trop bas par le cartel. Une « surprise » que les marchés n’ont pas du tout appréciée avec une très forte baisse ce lundi 9 mars, l’ensemble des marchés affichant un recul d’environ 8% (soit le même niveau que le lendemain du vote Brexit en 2016 par exemple). Même si en général ces contre-chocs pétroliers sont un (très) fort soutien à la consommation mondiale, donc la meilleure des mesures possibles en ce moment, ils sont une source d’inquiétude supplémentaire actuellement car si la baisse est trop forte elle met potentiellement en danger tout le secteur pétrolier, exactement la situation que nous avions connu début 2016 (et qui s’était ensuite rapidement résolue). La baisse du baril est également liée à l’épidémie de coronavirus et au ralentissement économique immédiat qu’elle entraîne (moins de demande de pétrole à très court terme). Nous pensons que cet effondrement des prix du pétrole (-30% environ en quelques heures lundi 9 mars, soit la plus forte baisse en séance depuis la guerre du Golfe en 1990-1991) est une bonne nouvelle pour soutenir la reprise de l’activité dès que le pic de l’épidémie sera passé. Nous reviendrons sur cette nouvelle guerre des prix du pétrole plus en détail dans le prochain point mensuel le 3 avril.

Les séances de forte volatilité sont devenues la norme depuis quelques jours, le principal marché actions (Américian) clôturait ainsi à -8% ce lundi (9 mars), +5% mardi, -5% mercredi.

A ce stade, le problème est que les marchés n’arrivent pas à mettre un prix sur cette épidémie mondiale (durée du problème, profondeur du problème, conséquences du problème, etc.). C’est pour cela que nous vivons ces jours-ci des niveaux de volatilité rarement atteints par le passé. Il nous semble très probable que la plupart des pays seront en récession au premier et deuxième trimestre 2020 et cela semble déjà intégré dans les cours (à la fois côté actions mais aussi obligations). La crainte actuelle des marchés est que cette épidémie mondiale provoque une récession plus longue que les deux premiers trimestres de 2020.

Pour le moment nous pensons que cette baisse d’activité ne se prolongera pas sur la fin d’année 2020, nous voyons d’ailleurs déjà la Chine repartir après deux mois d’arrêt pour gérer le virus : les graphiques ci-dessous montrent la consommation de charbon à gauche et les bouchons routiers à droite (en bleu l’année 2020, les autres couleurs pour les années précédentes), le point bas chaque année étant le nouvel an, on voit ensuite l’arrêt total de l’activité puis la reprise depuis quelques jours, nous sommes revenus à 75% des bouchons routiers habituels et 66% de la consommation de charbon habituelle :  

Bien entendu, nous ne sommes pas dans le même calendrier en Europe et aux Etats-Unis où les autorités ont pour le moment pris peu de mesures (sauf confinement total en Italie). Cette situation devrait changer dans les prochains jours et le nombre de pays confinés augmenté, afin d’arriver à enrayer l’épidémie rapidement (quelques semaines/mois suivant la réussite des mesures qui seront prises).

La variable principale à regarder pour les marchés : l’accélération du nombre de nouveaux contaminés du coronavirus (la dérivée seconde), l’important n’est pas que le nombre continue de progresser mais bien qu’il progresse moins vite pour montrer que le problème est contenu (comme en Chine et en Corée du Sud par exemple), c’est ce que les marchés regardent en priorité. En général dans ce genre de cas (même si aucune situation n’est comparable) le marché repart au moment du pic et n’attend pas la résolution du problème (c’est aussi pour cela que nous restons investis).

Il nous semble également que le marché est entré dans une autre phase de tension, où une bonne partie des mauvaises nouvelles sont déjà dans les cours actuels et où toute nouvelle mauvaise nouvelle supplémentaire ou tension supplémentaire peut avoir un effet positif sur les marchés : plus il y a de tension plus les mesures qui vont être prises seront importantes. Les gouvernements et banques centrales commencent déjà à annoncer des mesures importantes de soutien à l’économie et vont continuer dans les prochains jours (relance budgétaire, fiscale et monétaire). Les marchés attendent d’ailleurs avec attention la conférence de la BCE ce jour (jeudi 12 mars) et les annonces que devrait faire Christine Lagarde (baisse de taux ? achats d’actifs liés aux petites entreprises ? allègement des ratios ?) ou encore celle de la Fed du 18 mars prochain. Mais encore une fois, même si cela est nécessaire pour amplifier le rebond économique une fois l’épidémie passée, ce n’est pas ce qui va stopper le virus à ce stade et la tension devrait donc restée présente quelques temps.

Concernant les investissements :

Nos portefeuilles types ont évidemment souffert sur la période (même si nous avions allégé nos positions de 20% fin 2019) avec une baisse généralisée de l’ensemble des places boursières. Notre stratégie de long terme nous incite à ne pas céder à la panique et à rester investis. Notre portefeuille est investi sur l’ensemble des grandes entreprises du monde entier, et une fois passé cet événement nous pensons que la dynamique de fond favorable aux actions sera toujours vraie : taux 0 (encore un peu plus avec ces événements), soutien fort des banques centrales et des gouvernements (encore plus dans les semaines à venir), économie solide (même si elle sera impactée par le virus pour au moins deux trimestres) et pétrole bon marché (encore un peu plus depuis lundi).

Nous regardons également l’opportunité de renforcer nos portefeuilles prochainement, même si pour le moment nous préférons attendre de voir comment l’épidémie sera gérée en Europe et aux Etats-Unis. Nous continuerons bien sûr à vous tenir informés de la situation, notamment le 3 avril pour le prochain point mensuel. Entre temps n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.

Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital

L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :

– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)

– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie

– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré

– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle