Point Mensuel Août 2015 – CAMPG Investissements et Economie

PG InvestFortes corrections ce mois-ci sur les marchés financiers, après les obligations au début de l’été ce sont les actions qui ont corrigé cette fois, les tensions sont venues de Chine et ont impacté l’ensemble des marchés mondiaux sans distinction, plus forte baisse depuis 4 ans. Le Cac 40 et l’Eurostoxx perdent 9%, le S&P US et la moyenne de nos concurrents sont en baisse de 6%, nos portefeuilles résistent un peu mieux avec un recul de 4.5%. Les banquiers centraux se sont réunis ce weekend à Jackson Hole aux US comme chaque été, afin de coordonner leurs interventions pour l’année à venir.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive €) notre avance est de 10.0%, avec une performance globale de 51.4% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/08/2015 :

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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31 août 2015.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 153 100 €

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Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 144 900 €

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US : la croissance a été fortement révisée à la hausse pour le second trimestre, initialement estimée à 2.3% elle serait en fait de 3.7%, l’indice d’activité ISM est lui au plus haut depuis 10 ans (août 2005), comme nous l’espérions l’économie US a donc bien rebondi ces derniers mois et la récente chute du pétrole devrait soutenir encore la consommation. Côté remontée de taux les chiffres économiques soutiennent une hausse en septembre mais les tensions avec la Chine et les pays émergents, ajoutées à une inflation toujours faible, nous font plutôt penser à une hausse en décembre.

Zone Euro : les chiffres de croissance pour le second trimestre : France 0%, Allemagne +0,4% et Grèce…+0.8% ! La Grèce était donc bien en train de repartir avant que le nouveau gouvernement ne commence son « travail », tout est à refaire. Dans l’ensemble la Zone Euro affiche une croissance de 0.3% au T2, avec les effets actuels de nouvelle baisse du pétrole (et autres matières premières) on devrait finir l’année sur une croissance bien positive (autour d’1%). L’inflation reste elle aussi en territoire positif, à +0.2% ce mois-ci. Le taux de chômage continue de baisser et repasse en dessous de 11% pour la première fois depuis février 2012.

Grèce : comme on pouvait l’attendre le chef du gouvernement, Tsipras, a démissionné de ses fonctions, et de nouvelles élections se tiendront donc fin septembre (le 20), à peine 9 mois après l’arrivée au pouvoir de Syriza. Le leader du parti d’extrême gauche n’avait plus le choix : après avoir perdu la majorité en signant le contraire de ce qu’il avait promis et en faisant passer ces mesures grâce au soutien de l’opposition il n’avait plus aucune majorité pour gouverner, son parti s’étant retourné contre lui. Son espoir est donc qu’en organisant rapidement des élections ses anciens alliés n’auront pas le temps de faire campagne contre lui, l’opposition non plus. Il devrait donc former un gouvernement opportuniste et proche des idées des créanciers, afin que l’application des demandes de ces derniers se fasse dans les meilleures conditions. Depuis, un nouveau parti d’extrême gauche a émergé, « unité populaire » et fera concurrence à l’actuel (Syriza). Ce qui semble se dessiner est une coalition/victoire de Syriza avec une application des demandes des créanciers, même si à moyen terme rien n’est réglé.

Royaume-Uni : fin août les autorités britanniques ont, pour la première fois depuis 7 ans, attribué des permis pour l’exploration d’hydrocarbures et notamment de schiste. 27 zones dans le nord et le centre du pays sont concernées. De nombreux pays se poseront également la question dans les années à venir, tant les réserves de Schiste sont importantes à travers le monde, la France présente aussi un gros potentiel même si pour le moment le sujet est évité (et le sera probablement jusqu’en 2017 au moins), certains pays de l’est auraient aussi d’importantes réserves.

Ukraine : après des négociations avec ses créanciers, suite aux nombreux problèmes financiers du pays depuis le début du conflit avec la Russie, le pays a vu sa dette être effacée de 20% du montant total, soit 3.6 milliards $, le délai de remboursement a également été allongé, le taux moyen a légèrement augmenté de 7.2% à 7.75%. L’aide occidentale à l’Ukraine reste très importante financièrement, que ce soit via le FMI ou la communauté internationale.

Chine : après les fortes tensions sur les bourses mondiales ce mois-ci nous avions publié un point (retrouvez le lien en cliquant ici) qui reprenait les principales raisons de ces difficultés. Depuis les autorités Chinoises ont baissé leurs taux d’intérêt et de réserves obligatoires, mais ces taux restent importants (le taux 1 an est à 4,6% et les réserves obligatoires à 18%) et peuvent permettre un soutien fort dans les mois à venir si besoin via un abaissement plus conséquent. Dans l’ensemble, la Chine ne nous semble pas en grande difficulté, elle reste la deuxième puissance mondiale et son potentiel est toujours bien présent. Le pays change de modèle économique, ce qui est tout sauf anormal à ce stade de son développement. Nous considérons que les ajustements en cours sont nécessaires et étaient connus de tous depuis plusieurs mois, raison pour laquelle nous avons trouvé excessive la correction récente et considéré que la situation actuelle de la Chine n’est pas à ce stade une raison suffisante pour créer une récession mondiale. De plus, les tendances de développement économique de fond sont très puissantes et ne s’arrêtent pas du jour au lendemain. Le développement de la Chine est l’une de ces grandes tendances. Il est par contre normal que la future première puissance mondiale inquiète les investisseurs à chaque faux pas sur l’activité ou sur sa politique monétaire (c’est surtout cette dernière qui nous semble surprendre le monde financier ces dernières semaines).

Kenya : déjà leader mondial des paiements via mobile, le pays devient de plus en plus attractif aux yeux des investisseurs (nous notamment, au travers du fonds Templeton Frontier Markets, portefeuille compte-titres) qui regardent de plus en plus le développement récent de certains pays Africains. Ainsi l’exemple (bien soutenu par la publicité offerte par Obama lors de sa dernière visite) de cette start-up M-Kopa qui installe des panneaux solaires de petite taille dans les villages sans électricité, avec un coût pour le consommateur bien inférieur à l’énergie classique. Le paiement s’effectue quotidiennement par téléphone mobile justement, utilisation très répandue dans cette région. Pour rappel, plus de la moitié des Africains n’ont pas accès à l’électricité (soit plus de 500 millions de personnes). Plus de 200 000 familles seraient déjà clientes de ce système au Kenya mais aussi en Ouganda et en Tanzanie. Développement, environnement, innovation, tout y est (la techno-déflation aussi d’ailleurs).

Emergents et pays « frontières » : parmi les thèmes que nous avons renforcé récemment figurent les pays émergents et « frontières » (en dessous des émergents en termes de développement, mais avec un potentiel futur important comme le Nigéria, le Vietnam ou le Pakistan par exemple). Ces investissements ont fortement baissé au cours des derniers mois (d’oû l’augmentation de nos positions pour profiter de cette opportunité) mais il est important de se concentrer sur le potentiel de long terme de ces pays. L’un des facteurs les plus significatifs est la démographie : aujourd’hui 6 des 7 milliards d’habitants sur terre vivent dans des pays émergents ou frontières. A titre d’exemple voici les prévisions du top 10 en 2050 en terme de population par pays, on y retrouve 1 pays « développé », 4 « émergents » et 5 « marchés frontières » :

monde.2050

Pétrole et matières premières : le pétrole a touché en août un nouveau plus bas depuis 6 ans, en dessous de 40$ pour le baril WTI. Il a ensuite rebondi de 25% suite à l’annonce des bons chiffres de croissance US mais reste sur des niveaux historiquement bas. Cette « guerre des prix » avait été lancée par les Saoudiens l’an dernier et amplifiée par la hausse du dollar (qui semble l’effet le plus important sur un an). Le but était d’affaiblir l’explosion du pétrole/gaz de Schiste à travers le monde et notamment aux US en amenant le prix du baril temporairement en dessous des coûts de revient pour ces nouveaux concurrents, espérant ainsi les écarter définitivement du marché. Malgré une purge importante des producteurs de Schiste US la majorité des volumes de production est encore là et de nouveaux pays s’y lancent même avec des cours aussi bas, comme l’exemple récent du Royaume-Uni. C’est un exemple intéressant de techno-déflation, à la fois côté offre et côté demande : l’offre bénéficie de techniques de plus en plus efficaces et réduit toujours plus le coût d’extraction, la demande diminue sous l’effet de l’évolution technologique (voitures plus performantes, techniques d’énergies alternatives qui progressent rapidement comme le solaire par exemple). Le secteur va rester durablement problématique en terme de profits, même si nous pensons qu’il est actuellement sous-valorisé du fait d’un sentiment extrêmement négatif des investisseurs sur ce thème, d’où les valorisations actuelles de pays comme le Brésil ou la Russie. Il se consomme quand même toujours plus de 90 millions de baril par jour sur terre. Globalement cette baisse du coût de l’énergie est très profitable pour le consommateur, l’activité mondiale y trouvera un bon soutien pour les mois à venir (années probablement mais nous ne nous risquerons pas à faire des prévisions sur le prix du baril).

Devise : zoom sur les niveaux réels du dollar US avec un graphique surprenant publié par Bloomberg, qui reprend ce qu’on peut appeler le « dollar de Wall Street » et le « dollar de la Fed » :

fed.doll

Le « dollar de Wall Street » représente le cours du dollar face aux grandes monnaies liquides mondiales telles que l’euro ou le yen qui représentent 70% de ce panier. Un panier qui ne contient pas de devise émergente. Le « dollar de la Fed » mesure lui le cours de la monnaie US face à 26 autres devises en fonction de leur poids dans les échanges avec les US : la Chine le Mexique et le Canada pèsent donc la moitié de ce panier et les émergents sont bien représentés. On peut voir que les deux s’écartent sensiblement, de plus l’un monte alors que l’autre baisse, phénomène assez rare. La guerre actuelle des devises en est la raison. Les conséquences sont que la Fed ne voit pas du tout la même chose que le marché sur le niveau actuel du dollar et que les mesures qui vont être prises pourraient être différentes des attentes (le cours du dollar est fortement lié à la remontée de taux à venir). Clairement, le panier utilisé par la Fed semble le plus proche de la réalité, puisque plus de la moitié des échanges US se font avec des pays émergents. Ces derniers ont vu leur devise se déprécier fortement face au dollar, la Fed considère donc que le dollar est très haut, malgré sa récente baisse face à l’euro et au yen (seuls responsables de la courbe orange, peu représentative). En terme de taux également cela aura un impact : les US vont continuer à importer de la déflation en provenance des émergents et notamment de Chine (ce qui plaide pour un nouveau report de la hausse de taux).

A surveiller dans les prochains mois :
– marchés immobilier et financier en Chine
– la remontée de taux à venir aux US (septembre ? décembre ?) et son impact
– les dossiers géopolitiques en cours (Grèce, Ukraine, etc.)
– les niveaux de marchés et de valorisations, ainsi que la liquidité/volatilité globale

Les arbitrages : nous avions profité de la forte correction des marchés durant le mois d’août pour renforcer nos positions dynamiques, vous retrouverez le lien en cliquant ici
Toujours en terme d’investissements et de structure de portefeuilles nous avions également publié un autre point durant le mois d’août, que vous retrouverez en cliquant sur ce lien
Pour aller plus loin sur le sujet  boursier nous avions également publié en mai le point suivant : “Marchés : de Bull à bulle ?” que retrouverez en cliquant ici

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 octobre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition. Vous pouvez également retrouver plus d’information sur l’économie et les marchés financiers via mon compte twitter : @Tom_Lombardi

 

Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de Crédit Agricole SA ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine