Point Mensuel Août 2018 – Crédit Agricole PG Investissements


Un été positif sur les marchés, après la forte hausse de juillet les marchés sont plus dispersés en août (entre -1% et -3% pour l’Europe, le Japon et les émergents et +4% pour les US), nos portefeuilles types sont légèrement positifs ce mois-ci (+0.2%) et atteignent un nouveau plus haut à +87.7% pour ce 80eme point mensuel.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +21.9%, avec une performance globale de +87.7% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/08/2018 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31/08/2018.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 186 700 €

 (Templeton n’est pas PEAble mais est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 182 400 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : les résultats d’entreprises ont presque tous été publiés, comme nous l’avions écrit le mois dernier les publications sont positives partout, la croissance des bénéfices trimestriels est supérieure aux attentes (+2% en Europe, +5% au Japon et +24% aux Etats-Unis), 80% des sociétés US font mieux qu’attendu, tout comme 50% des sociétés Européennes et 60% des sociétés Japonaises (les autres étant pour la plupart proches des attentes, peu sont en dessous). Les dividendes mondiaux (en lien direct avec ces résultats) distribués au deuxième trimestre atteignent 500 milliards $, en hausse de 13% sur un an, ils devraient atteindre un nouveau record à 1 360 milliards $ pour 2018. Logiquement le 22 août dernier le marché haussier (commencé depuis le point bas du 9 mars 2009) devenait le plus long de l’histoire avec 3 453 jours, bien sûr cela n’a pas été une ligne droite à la hausse depuis dix ans mais nous n’avons pas non plus connu de « crash » comme 2008. Globalement nous restons toujours fidèles à notre stratégie : nous sommes optimistes mais prudents, optimistes car les fondamentaux sont excellents (entreprises et croissance mondiale) et prudents par nature (car personne ne connaît le futur et la volatilité peut venir à tout moment).

Entrainée par ce nouveau plus haut du marché Américain Apple a passé la fameuse barre psychologique des 1 000 milliards $ de capitalisation, une première dans l’histoire des entreprises Américaines (mondialement une seule société avait déjà atteint ce niveau, de manière très brève il s’agissait de PetroChina en 2007 avant l’effondrement des cours du pétrole). Le paradoxe est que la valorisation d’Apple n’est pas excessive, à environ 19 de PER (ratio prix/profits) c’est relativement peu pour une société de ce secteur (qui pour nous est le luxe et non la technologie) dans lequel nous sommes plutôt habitués à voir des PER autour de 30, cela s’explique aussi en partie par le fait que la marge exceptionnelle d’Apple dépend principalement de l’Iphone et que les ventes n’augmentent plus vraiment. Paramètre intéressant concernant la hausse de l’action Apple : plus de 40% de cette progression est liée aux rachats d’actions : c’est un paramètre que nous abordons régulièrement, non seulement les dividendes sont sur des niveaux records mais les rachats d’actions le sont aussi, et ce n’est rien d’autre qu’un dividende indirect (c’est même mieux pour l’actionnaire fiscalement), rien que sur le premier semestre 2018 Apple aura ainsi reversé 43 milliards $ à ses actionnaires sous la forme de rachat d’actions. Pour les seules entreprises US cette année les rachats d’actions devraient atteindre 1 000 milliards $.

Notre vision pour les prochains mois : nous avions de nouveau surpondérer les actions Américaines depuis le point mensuel de septembre 2017 (à la fois pour les actions elles-mêmes mais aussi pour l’effet dollar) tout en allégeant en même temps les actions émergentes (après une forte hausse en 2016 et 2017). Un an après, ce changement a porté ses fruits comme on peut le voir ci-dessous (US en vert et émergents en rouge) puisque la surperformance des actions US (effet dollar inclus) est de presque 20% par rapport aux émergents depuis le début de l’année (et d’environ 15% par rapport à la Zone Euro et au Japon) :

La tentation pourrait être de se repositionner en partie sur les trois autres zones, et en particulier sur les émergents, mais nous continuons à garder cette surpondération sur les actions Américaines pour le moment car nous pensons qu’il reste du potentiel à la fois sur le change et sur ces actions, mais aussi parce que ce marché est plus résilient que les autres dans les périodes difficiles. Côté Japon, nous sommes investis sur les entreprises Japonaises à hauteur de 9%-10% du portefeuille principalement pour trois raisons : la bonne santé de ces entreprises et notamment leur avance technologique, la valorisation attractive de ce marché et son effet diversification, l’activité démesurée de sa banque centrale (qui reste la seule à acheter massivement des actions, alors que les autres se sont concentrées sur les obligations), une année 2018 légèrement négative sur ce thème ne modifie pas notre vision sur les entreprises Japonaises. Les actions Chinoises présentent un potentiel très intéressant et sont actuellement très peu chères suite au début de cette guerre commerciale (en relatif des actions Américaines elles sont au plus bas historique, même si en absolu elles restent sur des niveaux corrects), nous avions donc allégé les émergents (dont la Chine pèse un bon tiers) de moitié l’an dernier au profit des actions Américaines et pensons qu’il est encore un peu tôt pour surpondérer de nouveau les actions Chinoises/Emergentes mais il est clair que les prix actuels deviennent attractifs sous notre angle d’investisseurs de long terme (nous n’avons que peu de doutes que la Chine devienne rapidement la première économie mondiale). Pour la Zone Euro (également attractive par rapport aux actions US en termes de valorisation) nos positions nous semblent déjà suffisantes.

Etats-Unis : le sentiment d’optimisme des directeurs de petites entreprises est au plus haut historique (graphique ci-dessous), l’effet Trump est clair sur le graphique : moins de taxes et moins de régulation, une croissance qui double (revue à la hausse à 4,2% sur un an glissant), un chômage au plus bas, que demander de plus ?

Après ce 4,2% de croissance la Fed ne semble pas avoir d’autre choix que de monter son taux directeur (taux court) de 0,25% lors de la prochaine réunion de septembre (26 septembre). L’actualité devrait rapidement se tourner vers les élections de mi-mandat US, les Républicains restent très divisés actuellement mais sont toujours majoritaires : si les Démocrates arrivent à reprendre des sièges (et pourquoi pas une majorité ?) ils pourraient ensuite ralentir/stopper l’application d’une partie des mesures misent en place par D.Trump, ce qui ralentirait probablement la croissance Américaine (les Démocrates proposent plus de taxes et plus de règlementation). C’est aussi le paradoxe actuel : le marché semblait ne pas vouloir de D.Trump il y a deux ans et après d’excellents résultats économiques il se pourrait bien que la volatilité revienne s’il venait à perdre un peu de pouvoir durant ces élections. A suivre.

Concernant la guerre commerciale les Etats-Unis et le Mexique aurait trouvé un accord bilatéral (qui doit encore être validé) pour remplacer celui précédemment dénoncé par D.Trump, l’une des conditions de l’accord sur le secteur automobile est inédite : il est prévu qu’au moins 40% du contenu automobile fabriqué au Mexique soit produit par des salariés ayant un salaire d’au moins 16$ de l’heure (soit environ 4 fois le salaire minimum actuel au Mexique), c’est la première fois qu’un pays développé imposerait à un pays émergent d’augmenter fortement une partie de ses salaires (le côté inédit est renforcé par le fait que cette demande généralement attribuée à l’extrême gauche soit demandée par les Etats-Unis et en plus sous gouvernement Républicain).

Zone Euro : le chômage baisse à 8,2% (soit 1% de moins que l’an dernier) et la croissance reste solide malgré la remontée du pétrole et d’un Euro qui est resté relativement élevé durant l’année. Comme nous l’avons déjà souvent écrit le risque réel ne nous semble plus économique mais social en Europe, avec en premier lieu la crise migratoire/identitaire/sociale qu’on retrouve aux quatre coins du continent (du Brexit en passant par les élections Italiennes, Françaises, Allemandes, Autrichiennes ou encore Catalanes). La réélection d’A.Merkel en Allemagne et l’élection d’E.Macron en France auront masqué un temps ces problèmes mais les récents changements en Italie montrent que ce calme relatif en Europe pourrait être de courte durée : comme attendu le gouvernement Italien utilise la moindre occasion pour s’opposer frontalement à la politique Européenne, M.Salvini (ministre de l’intérieur) continue de presser l’Europe d’aborder le sujet de la crise migratoire et ne sortirait pas forcément perdant d’un bras de fer « dur » avec l’Europe : cela pourrait au contraire le rendre plus légitime localement. Cela pourrait pousser l’Europe à aborder le sujet plus sérieusement, il s’agît pour nous du principal danger actuel pour la stabilité Européenne dans son ensemble.

Grèce : le dernier programme d’aide s’est officiellement terminé, il y a 3 ans le Mécanisme de Stabilité Européen avait débloqué 86 milliards € sur 3 ans (seuls 62 milliards € auront été utilisés). Ce 3eme programme d’aide à la Grèce (après 73 milliards € en 2011 et 155 milliards € entre 2012 et 2015) porte le total des aides à 290 milliards €, soit plus que le PIB annuel du pays. La Grèce s’est partiellement remise à flot à court terme mais reste très fragile (clairement en état de faillite sans l’aide Européenne qui détient désormais plus de la moitié de la dette Grecque via ses différents organismes d’aide).

Japon : élections à venir au sein du parti actuellement au pouvoir, le Parti Libéral Démocrate va voter le 20 septembre pour probablement réélire Mr Abe (qui gouverne le Japon depuis fin 2012), un seul adversaire se présente contre lui (M.Ishiba, ancien ministre de la défense).

Chine : les nouvelles taxes imposées par les US sont pour le moment en partie compensées par la chute de la devise Chinoise face au dollar, comme nous l’anticipions il y a quelques mois il s’agît du principal moyen de pression Chinois : cette baisse de 6% depuis juin est la réponse qu’on pouvait attendre de la part des autorités Chinoises. Cependant cette réponse semble avoir une limite : il est bien plus facile pour les autorités US de monter rapidement les droits de douanes que pour les autorités Chinoises de pousser plus fortement leur devise vers le bas (notamment en considérant les niveaux actuels). Pour le moment les deux principales puissances mondiales ne sont pas réellement impactées par les mesures récentes.

Turquie : suite à l’arrestation d’un pasteur Américain les Etats-Unis ont annoncé le gel des avoirs des ministres Turcs de l’intérieur et de la justice, il s’en est suivi une série de sanctions contre la Turquie, dont la devise s’est effondrée de 50% depuis le printemps (et l’inflation augmente à 18%). Le président Erdogan a incité les citoyens Turcs à échanger leurs dollars, euros et l’or qu’ils détiennent contre de la devise Turque afin de soutenir le cours de celle-ci, une goutte d’eau qui n’a aucun impact, la livre Turque est actuellement proche de ses plus bas historiques. Pas d’inquiétude pour le moment mais il faudra toutefois surveiller une éventuelle contagion à d’autres pays émergents fragiles en termes de stabilité économique et politique.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– situation géopolitique : protectionnisme US/Chine/Europe, crise migratoire/identitaire en Europe et politique Italienne, dossier Turc, élections de mi-mandat aux US
– mouvements sur les taux d’intérêts et déclarations des banques centrales sur leurs intentions (en lien avec la soutenabilité des dettes publiques actuelles des pays développés)
– change Euro/Dollar (qui nous semble désormais plus proche de sa valeur réelle que nous voyons autour de 1,10)
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier dans certaines zones)
– baril de pétrole (plutôt négatif pour la croissance mondiale si durablement supérieur à 70$) 

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 octobre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle