Point Mensuel Avril 2017 – CAMPG Investissements et Economie

Encore un mois de hausse sur les marchés actions, principalement en Europe et au Japon, les émergents et US sont en légère hausse ou stables mais l’effet devise est négatif ce mois-ci suite à la forte hausse de l’euro après le premier tour des élections Françaises. Nos portefeuilles progressent d’un peu plus de 1% ce mois-ci pour atteindre un nouveau plus haut à +72% depuis le lancement.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +14,6%, avec une performance globale de +72,7% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 28/04/2017 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 28/04/2017.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 175 100 €

(Templeton n’est pas PEAble mais il est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 164 800 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : encore un mois de hausse globalement sur les marchés actions, principalement en Europe, comme le mois dernier c’est bien la Zone Euro qui bénéficie d’un effet rattrapage (sur le marché US). Globalement de nombreux chiffres sont venus soutenir l’optimisme actuel sur les actions : le FMI a revu ses perspectives de croissance mondiales à la hausse et ce pour la plupart des pays, que ce soient les émergents ou les développés. En Zone Euro l’activité accélère également avec des indices PMI (activité) en avril au plus haut depuis 6 ans, en conséquence le chômage continue de baisser (de 9,6% à 9,5%) et est désormais au plus bas depuis 2009, notamment grâce au score de l’Allemagne : 3,9% ; bien en-dessous du plein emploi (5%). Du côté des résultats d’entreprises les publications ont commencé et là aussi les nouvelles sont supérieures aux attentes : aux US notamment avec des bénéfices par action en moyenne supérieurs de 10% à ceux de l’an dernier, la même tendance s’observe en Europe et sur certains marchés Asiatiques. En lien avec ces fondamentaux la quasi-totalité des marchés actions touche un nouveau plus haut historique ce mois-ci (notamment le CAC 40 avec dividendes à plus de 13 000 points). Malgré ces nouveaux records la plupart des marchés affichent toujours des valorisations correctes et proches des moyennes historiques (le marché mondial est globalement « au prix », avec quelques marchés toujours sous-valorisés comme les émergents et la Zone Euro notamment).

Etats-Unis : après trois mois de nouvelle présidence un premier bilan se dessine, il confirme ce que nous avions écrit avant les élections : le congrès a la main sur le pays et le président n’a que peu de pouvoir. Malgré plusieurs tentatives Mr Trump n’a pour le moment pas réussi à passer une seule réforme, à chaque fois bloqué par son propre camp au congrès. La plus attendue est la réforme fiscale, qui telle qu’elle se dessine actuellement serait colossale (probablement la plus importante jamais réalisée par un pays développé) : l’imposition des entreprises (qui est actuellement l’une des plus élevées du monde) serait plus que divisée par deux pour passer de 35% à 15% (ce qui en ferait l’une des plus basses des pays développés, un niveau proche du « dumping fiscal » Irlandais par exemple). L’imposition des particuliers bougerait peu (légèrement plus faible et plus simple), les grandes gagnantes de cette réforme seraient donc surtout les grandes entreprises internationales. L’investissement est le maillon manquant pour retrouver une croissance plus proche de 3% que du 1,5% actuel, l’administration Trump espère que ce stimulus fiscal d’environ 1000 milliards $ (économies d’impôts à venir) soit majoritairement réinvesti par les entreprises qui vont en bénéficier, ce qui nous semble naïf (notamment au regard du graphique ci-dessous) nous pensons au contraire que 2/3 à 3/4 de cette somme va être reversée aux actionnaires des entreprises du S&P 500, soit environ 700 milliards $ supplémentaires sur la période concernée. Le graphique ci-dessous montre la répartition entre investissement et retour à l’actionnaire ces 15 dernières années pour les grandes entreprises Américaines :

Nous avions déjà évoqué cette idée plusieurs fois : la proportion entre investissement et retour à l’actionnaire (que ce soit via les dividendes ou les rachats d’actions) n’a jamais été autant à l’avantage du second : 25% des profits en 2000 contre 50% actuellement, ainsi juste pour l’an prochain les actionnaires des sociétés du S&P 500 devraient se voir reverser environ 1200 milliards $, soit le PIB de l’Espagne. En termes absolu l’investissement n’a pas diminué : ces entreprises investissaient environ 700 milliards $ en 2000 pour assurer leur croissance future, elles investissent environ 1300 milliards $ aujourd’hui, la part des actionnaires est passée de 200 milliards $ à 1200 milliards $ sur la même période. Les inquiétudes (que nous partageons) d’une partie des investisseurs est qu’à long terme le fait de trop favoriser l’actionnaire au détriment de l’investissement dans l’entreprise est négatif pour l’entreprise elle-même (et donc pour la croissance globale puisque la totalité du S&P 500 est dans cette situation, tout comme la grande majorité des pays développés).

Les marchés et l’économie mondiale ont été bien soutenus par les liquidités des banques centrales ces dernières années (surtout 2009-2013 aux US et 2012-2017 en Europe), comme nous l’avons souvent écrit le relais est maintenant pris par les gouvernements via les relances budgétaires (dépenses publiques en investissement et stimulus fiscaux). Le cas Américain étant le plus impressionnant avec ces 1000 milliards $ de stimulus fiscal ajoutés aux 1000 milliards de $ du plan d’investissement public en infrastructures, l’Europe prend le même chemin même si les montants semblent moins impressionnant pour le moment (mais tout comme pour la politique monétaire il se peut que nous dépassions rapidement les Américains si besoin est). Concernant l’endettement public, on pourra se poser la question de la nécessité d’une telle augmentation alors que l’économie du pays se porte bien et que le taux de chômage est inférieur à 5%, ainsi que de la soutenabilité de telles dépenses (sans aucune contrepartie sérieuse). En termes d’impact sur l’épargne et notamment sur nos conseils : en regardant toutes ces réformes à venir on voit très clairement où va aller cette montagne d’argent : vers les entreprises du S&P 500 dans le cas US (les actions donc), puis leurs équivalentes quand les mêmes plans seront adoptés en Europe. C’est un véritable transfert d’argent public vers ces grandes entreprises, d’abord direct (ici 1000 milliards $ de taxes en moins, auxquels s’ajoutent les 1000 milliards $ de commandes d’infrastructures qui en grande majorité seront réalisées par ces mêmes sociétés) mais aussi indirect avec le soutien de la demande privée (là aussi aux dépends des comptes publiques). Le chemin dépenses publiques -> S&P500 -> actionnaire n’a jamais semblé aussi clair et aussi important. Du coté des obligations, le volume d’offre devrait donc continuer d’augmenter considérablement (tous ces plans de relance sont faits avec de l’emprunt) mais les autorités comptent sur les banques centrales pour maintenir des taux bas, ce qui devrait fonctionner vu la puissance de frappe de ces institutions et le manque d’inflation actuel qui leur offre une marge de manœuvre inconnue jusque-là. Nous pensons que les cours records de l’ensemble des indices actions mondiaux aujourd’hui reflètent les fondamentaux (chiffres records des entreprises et chiffres économiques mondiaux), que le marché « est au prix » aux US, mais que tous ces effets de transfert public-privé à venir sont largement sous-estimés pour le moment, ce qui constitue un soutien conséquent supplémentaire.

France/élections : forte hausse des actions (+4%) après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, principalement à cause d’un effet technique (débouclage de positions), pour voir un effet de retour des investisseurs internationaux il faudra attendre les résultats du second tour. Du côté des obligations : légère baisse des taux Français et hausse des taux Allemands (là aussi effets techniques pour le moment), même chose sur le change Euro/Dollar avec un fort rebond de l’Euro (d’environ 1,06 à 1,09). En attendant l’activité continue de s’améliorer avec un indice PMI encore en hausse en avril, au plus haut depuis mai 2011 (et d’ailleurs pour la première fois depuis l’été 2012 il est supérieur à l’indice d’activité Allemand).

Royaume-Uni : les négociations du Brexit commencent et Mme May fait face à beaucoup plus d’opposition que prévu en interne (notamment les partis travaillistes, libéraux-démocrates et indépendantistes Ecossais), ce qui l’a poussé à organiser de nouvelles élections (ce sera le 8 juin, déjà un an après le vote du Brexit) afin d’espérer une majorité plus forte pour pouvoir négocier moins difficilement la sortie de l’Union Européenne à la fois en externe et en interne.

Grèce : les nombreux évènements politiques de 2016/2017 auront fait passer la Grèce au second plan mais le pays continue toujours de jongler entre faillite et réformes, Mr Tsipras est toujours à la tête du pays et continue d’appliquer (trop lentement peut-être, pour des raisons internes évidentes) les réformes demandées par l’Europe… le programme d’aide court encore jusqu’en 2019 mais en réalité le pays n’aura pas d’autre choix que d’en demander un nouveau. De son côté l’Europe semble surtout vouloir laisser passer les nuages Français et Italiens avant de lâcher un peu plus sur ce dossier interminable.

Italie : l’Europe donne le feu vert pour le sauvetage de deux banques « régionales » Italiennes, qui viennent s’ajouter à Monte Paschi, pendant que le pays voit sa note souveraine dégradée par l’agence de notation Fitch (à cause du manque de croissance et de réformes ainsi que d’un endettement public incontrôlé). Pour le moment les marchés restent focalisés sur la France mais une fois les élections passées l’Italie redeviendra probablement le premier problème Européen. L’actuel gouvernement de transition (non élu puisque Mr Renzi a démissionné suite à son échec au référendum fin 2016 et que les élections n’ont pas encore eu lieu) essaie de gagner du temps en présentant ce mois-ci un « plan d’urgence » qui contient une hausse de taxe sur les jeux, le tabac et un renfort contre la fraude sur la TVA. A suivre.

Chine : une croissance revue à la hausse (évènement rare ces dernières années pour ce pays) notamment via la production industrielle (au plus haut depuis deux ans) mais aussi la poursuite de la bulle immobilière : malgré quelques mesures de restriction les prix continuent de progresser en avril, à plus de 10% sur un an en moyenne. L’immobilier Chinois est toujours l’actif qui nous inquiète le plus pour les prochaines années, à la fois par sa taille mais aussi par la manière dont il sera géré en cas de problème, il s’agît clairement d’une bulle dont les conséquences sont difficilement imaginables pour le moment, en espérant que les autorités locales s’en occuperont à temps. Les dépenses en infrastructures sont également un facteur de soutien important à la croissance en Chine, et le dernier chantier lancé est impressionnant : les ponts et tunnels qui vont relier la Chine à Hong-Kong via Macao représentent une construction longue de 55 kilomètres, le pont principal fait 23km à lui seul, évidemment un nouveau record mondial (un de plus pour les infrastructures Chinoises). Il n’y a pas que le secteur des infrastructures qui progressent en Chine, le secteur la technologie grandit rapidement aussi, la preuve avec l’arrivée de Tencent (géant d’internet) dans le top 10 des plus grandes sociétés du monde avec plus de 270 milliards $ de capitalisation (un classement toujours dominé par les géants US : Google (via Alphabet), Apple, Amazon et Microsoft aux 4 premières places).

A surveiller dans les prochaines semaines :
– stabilité du baril de pétrole (dans la fourchette 50$/60$) et retour du Schiste US
– éventuels mouvements de banques centrales (Fed, BCE, BoJ) et mouvements sur les taux longs
– bulle immobilière en Chine / sentiments des investisseurs sur la situation économique de la Chine
– les situations politiques/financières Italienne et Grecque ainsi que le début des négociations du Brexit

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 juin pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine