Point Mensuel Avril 2018 – Crédit Agricole PG Investissements

Des marchés actions en forte hausse ce mois-ci, bien soutenus par les fondamentaux avec des résultats d’entreprises record et une activité économique solide. L’ensemble des indices actions est en hausse (entre 1% et 6%), le Dollar également (de 2%), en conséquence nos portefeuilles progressent de 3,2% en avril.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +20,1%, avec une performance globale de +82,3% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/04/2018 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/04/2018.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 183 600€

 (Templeton n’est pas PEAble mais est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 175 000 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : en l’absence de dégradation géopolitique particulière (le dossier Nord-Coréen a même progressé avec des discussions officielles entre les deux parties), le marché s’est de nouveau tourné vers les fondamentaux ce mois-ci : la publication des résultats d’entreprises pour le premier trimestre 2018 a commencé dans d’excellentes conditions. Cela a permis au marché action de rebondir fortement en avril, la hausse des actions est globale sur l’ensemble des zones géographiques ce qui permet à nos portefeuilles types de progresser de 3,2% (également bien soutenus par la hausse de 2% du Dollar), dans le détail c’est la Zone Euro et le Japon qui progressent le plus. En fin de mois quelques inquiétudes autour des taux Américains (nous aborderons le sujet plus bas) avec un 10 ans US qui atteint 3% pour la première fois depuis 2014 (même si ce taux avait déjà progressé jusqu’à 2,95% en février cette année). L’indice de volatilité (Vix) est désormais sur des niveaux proches de 15 (situation calme/normale).

La saison des publications de résultats d’entreprises a débuté, la tendance est excellente, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous où les sociétés du SP 500 publient des profits supérieurs aux attentes pour plus de 80% d’entre elles (alors que les profits en question étaient déjà sur des niveaux record), ce qui constitue le résultat le plus élevé jamais enregistré :

Alphabet (Google) affiche ainsi un profit record à 9,4 milliards $ pour le premier trimestre 2018 (en hausse de 73% par rapport à l’an dernier, bien porté par une hausse record de son chiffre d’affaires), même chose côté Facebook, ce qui confirme ce que l’on présentait le mois dernier : il ne faut pas mettre toutes les entreprises « techno » dans le même panier : Google et Facebook sont deux monopoles très rentables.

Nos convictions sur les marchés actions : les valorisations sont toujours sur des niveaux raisonnables, proches de leur prix fondamental aux Etats-Unis, relativement peu chères en Europe (même si un rattrapage relatif a commencé ce mois-ci) et en Asie du fait de la baisse de février-mars ainsi que de la hausse des profits. Des profits qui continuent donc de battre des records dans l’ensemble des zones géographiques, bien soutenus par une économie solide, à long terme nous restons donc toujours aussi positifs sur les actions (le long terme étant notre seul et unique horizon d’investissement). A court terme, une partie de la tension observée en février et mars semble s’être dissipée, même si la volatilité peut toujours revenir rapidement, espérons que les fondamentaux continuent de prendre le dessus comme cela a été le cas en avril.

Fed : D.Trump a nommé le nouveau numéro 2 de la Fed, qui viendra seconder J.Powell notamment sur la partie technique/économique (Powell n’étant pas économiste), il s’agît de Richard Clarida (professeur à l’Université de Columbia et conseiller pour le gérant d’actifs Pimco). Il devrait jouer un rôle de premier plan dans la politique monétaire de la Fed et semble plutôt modéré dans ses positions vis-à-vis de la stratégie actuelle (tout cela sous réserve de validation par le Sénat).

FMI : révision à la hausse pour la croissance 2018 en Zone Euro (à 2,4% désormais) et pour les Etats-Unis (à 2,9%), tous deux en hausse de 0,2% par rapport aux prévisions précédentes. Globalement le FMI s’attend à une croissance mondiale solide et au plus haut depuis 2010, ce qui confirme les fondamentaux économiques que nous évoquons souvent ici.

Taux : toujours sur des plus bas historiques en Europe, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous nous n’observons toujours pas de réelle hausse de taux mais seulement quelques légers mouvements techniques, les taux restent sur les mêmes niveaux que ces trois dernières années :

Aux Etats-Unis la situation est différente, en absolu surtout, avec des taux plus élevés qu’en Europe (aussi parce que la Fed ne rachète plus d’obligation depuis longtemps), et même si les taux longs restent proches des plus bas historiques. La psychologie des marchés autour de l’inflation et des taux longs Américains nous semble constante depuis dix ans (justement depuis que l’inflation et les taux ont atteint une nouvelle norme historiquement basse) : à chaque léger rebond technique une partie du marché croit en un retour (tant attendu) de ces deux composantes (taux et inflation), et à chaque fois fait marche arrière quelques mois plus tard en se rendant compte qu’il ne s’agissait que d’un mouvement technique. Sur le graphique ci-dessous on voit bien cet effet : en noir la courbe des taux 10 ans Américains et en rouge le sentiment des investisseurs concernant ces mêmes taux (sentiment positif au-dessus de 0, négatif en-dessous) : à chaque fois que les taux remontent légèrement le sentiment devient immédiatement positif (la courbe rouge monte rapidement : « enfin les taux remontent ») puis quelques semaines plus tard le marché revient à la raison (la courbe rouge baisse rapidement : « encore un faux départ »), cela fait dix ans que ça dure :

Juin 2013 en est le meilleur exemple (au milieu du graphique) : à l’époque une partie du marché croit en un début de « normalisation » des taux avec l’arrêt annoncé de l’intervention de la Fed (conférence Bernanke juin 2013), c’était il y a 5 ans et les taux longs sont toujours au même niveau (et ont même été plus bas entre temps). Les taux viennent à peine de retoucher ces 3% en fin de mois, pour la première fois depuis 2014, nous pouvons donc penser que certains investisseurs vont de nouveau miser sur un changement de régime de taux et une « normalisation » tant attendue. Ce taux 10 ans US (qui reste le taux long mondial de référence) autour de 3% représente une opportunité potentielle d’arbitrage pour une partie des investisseurs Américains des actions vers les obligations (moins pour nous en Europe, à cause du change notamment), même si cet effet est en général surestimé il est évoqué à chaque approche de ce seuil psychologique et c’est encore le cas en ce moment.

Seuls les taux courts auront réellement remonté aux Etats-Unis ces dernières années, il faut également prendre en compte que cette partie-là est beaucoup plus « locale » alors que la partie longue des taux Américains est surtout liée à la croissance et aux flux mondiaux, les taux longs Américains faisant toujours office de valeur refuge mondiale au même titre que le Dollar (ce qui explique en partie pourquoi les taux courts et les taux longs US sont si proches, ce qui n’est pas normal vu la conjoncture économique Américaine actuelle).

Devise : concernant le Dollar justement, la devise US se reprend ce mois-ci, passant de 1,23 à 1,208, un effet positif (+2%) pour nos portefeuilles (via les investissements qui sont en Dollar), même si le cours nous semble toujours éloigné de son prix fondamental que nous voyons plutôt vers 1,10.

Plusieurs éléments à prendre en compte selon nous, le premier est un élément de long terme : la croissance Américaine (ainsi que le peu d’inflation actuelle) est de manière structurelle plus élevée qu’en Europe, ce différentiel de croissance ne se retrouve pas dans le cours actuel, pas plus que l’instabilité politique Européenne (masquée à court terme par l’instabilité « affichée/perçue » du nouveau gouvernement Américain). Ces éléments fondamentaux sont pour nous toujours d’actualité et sont renforcés par le fait que le Dollar est et reste de très loin la première devise mondiale (près de 90% des transactions mondiales utilisent le Dollar, contre à peine plus de 30% pour l’Euro, deuxième devise mondiale). Il faut également prendre en compte la différence entre les interventions de la Fed et de la BCE : notre banque centrale est beaucoup plus agressive, comme on peut le voir ci-dessous avec la proportion des bilans de banque centrales US (bleu) et Zone Euro (blanc) par rapport à leurs PIB respectifs, nous sommes presque au double avec des achats de la BCE qui représentent plus de 40% du PIB de la Zone Euro (la moitié pour la Fed) et des tendances qui sont inversées :

Au-delà de ces éléments de moyen-long terme (nous ne pensons pas à une réduction drastique du bilan de la BCE dans les prochains mois, et même si ce bilan venait éventuellement à se réduire dans les prochaines années il faudrait du temps avant de rattraper la proportion de son équivalent Américain), il y a aussi des éléments de court-terme : la spéculation joue un rôle important dans l’actuelle force de l’Euro face au Dollar, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous avec en rose le cours Euro/Dollar et en jaune les positions spéculatives (en milliards $) contre le Dollar depuis début 2017, cette tendance est toujours forte actuellement :

Chine : pour faire suite au sujet abordé le mois précédent : après avoir vu les Américains soutenir plus de protectionnisme et se dresser (en partie) contre la mondialisation, voici maintenant la Chine qui prend position pour défendre la mondialisation ce mois-ci : X.Jinping a ouvert au dialogue avec Washington afin de ne pas tomber dans une impasse économique (notamment sur le sujet de la réglementation autour de la propriété intellectuelle), il a également mis en avant une volonté d’ouvrir plus rapidement que prévu l’économie Chinoise (notamment via le secteur automobile ou encore l’industrie financière). Les postures publiques « tendues » de ces derniers mois n’ont pas impacté la volonté des deux géants mondiaux de continuer à travailler ensemble, mais dans des directions différentes par rapport aux décennies passées.

Corée du Nord : après avoir annoncé la suspension des essais de missiles et la fermeture à venir de son site nucléaire, le gouvernement a aussi présenté sa volonté de moderniser son économie « socialiste indépendante », cela après une rencontre historique avec le président Sud-Coréen et avant une possible rencontre avec le président Américain. Le tournant radical pris par la Corée du Nord ces dernières semaines interroge : la politique agressive de D.Trump serait-elle en train de fonctionner ? Bien sûr rien n’est encore fait (le pays étant coutumier d’accords non respectés, le dernier en 2007) mais le dossier prend une direction encore inespérée il y a quelques mois : les dirigeants Sud et Nord-Coréens se sont engagés à dénucléariser complètement la péninsule et à mettre fin aux hostilités, suite à une réunion historique sollicitée par les Etats-Unis et la Chine.
L’ensemble de la géopolitique mondiale semble impactée par l’actuel président Américain et ses méthodes peu conventionnelles : la Corée du Nord qui se découvre une volonté pacifiste avec son voisin, la Russie qui oublie de répondre aux frappes en Syrie, la Chine qui se veut désormais souple dans les négociations économiques internationales ; des comportements que l’on n’a pas l’habitude de voir. Si D.Trump n’est pas un modèle de diplomatie il est par contre perçu comme une menace crédible par de nombreux pays, ce qui est un paramètre nouveau par rapport aux autres leaders occidentaux (précédents et actuels), peut-être est-ce aussi cela qui modifie la géopolitique actuelle ? À suivre.

Europe : en cette période de retour du protectionnisme aux Etats-Unis, il est intéressant de regarder la situation Européenne, où (presque) chaque pays a un point commun : le pays duquel il importe le plus est l’Allemagne, grand gagnant des échanges actuels en Europe. Nous ne sommes donc pas inquiets d’un éventuel retour du protectionnisme intra-Zone Euro puisque ce serait contraire aux intérêts Allemands. Le graphique ci-dessous présente les échanges entre pays, chaque pays est représenté avec les couleurs du pays duquel il importe le plus :

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mouvements sur les taux d’intérêts et déclarations des banques centrales sur leurs intentions
– discours sur le plan d’investissements en infrastructures aux Etats-Unis
– change euro/dollar (l’euro nous semble actuellement trop élevé)
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier Chinois / Canadien / Californien / Australien / Scandinave)
– situation géopolitique (Corée du nord, Catalogne, Italie, Moyen-Orient, US, etc.) 

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 4 juin pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle