Point Mensuel Avril 2020 – Crédit Agricole PG Investissements

Rebond important en avril, les marchés actions Américains progressent de 13%, les émergents de 8%, la France de 4% et le Japon de 3%. Nos portefeuilles progressent de 8,7% ce mois-ci.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +26,3%, avec une performance globale de +81,6% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/04/2020 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/04/2020.

Portefeuille type PEA : valorisation : 183 300 €

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 173 900 €

Répartition du portefeuille actuel (après arbitrages) :

Point marchés

Rebond important en avril, les marchés actions Américains progressent de 13 %, les émergents de 8 %, la France de 4 % et le Japon de 3 %. Nos portefeuilles progressent de 8,7 % ce mois-ci. Le Nasdaq 100 est le premier indice à effacer la totalité de la baisse de 2020, en hausse de 5 % depuis le début de l’année (et en hausse de 17 % depuis notre conseil du 2 avril). Le Vix (indice de volatilité) est également revenu sur des niveaux plus raisonnables même si toujours très élevé (entre 30 et 40, contre 80 mi-mars). Ce mois aura également vu l’effondrement du prix du baril de pétrole de 70 $ à moins de 20 $, nous y reviendrons plus bas.

Pour comprendre de tels mouvements durant cette période (que ce soit sur le pétrole, les obligations, les actions ou autre), il faut intégrer que certains acteurs sont contraints (obligés de vendre pour des raisons règlementaires, ratios, capacité de stockage, etc.), ce qui amplifie fortement la volatilité et donne lieu à des cours irréalistes parfois comme nous avons pu le voir sur les actions en mars ou sur le pétrole en avril. C’est un avantage pour l’épargnant de long terme car nous ne sommes pas contraints ni obligés de vendre et pouvons donc attendre et profiter de ces opportunités (ce que nous avons fait le mois dernier en maintenant nos positions actions et en les renforçant).

Globalement la situation liée au coronavirus n’a pas beaucoup évolué depuis le mois dernier, mais comme nous l’avions abordé mi-mars les marchés anticipent toujours et ont commencé à remonter dès que la dynamique s’est inversée (la dérivée seconde) côté pandémie. Cela ne veut pas dire que tout est fini, bien au contraire, mais c’est un mois positif en attendant la suite. L’important dans un premier temps était de contenir l’évolution exponentielle de la pandémie, c’est ce que le confinement mondial a (pour le moment) permis. Les banques centrales et gouvernements ont également été au rendez-vous avec les mesures nécessaires pour la suite avec déjà plus de 7 000 milliards $ sur la table (parmi les mesures supplémentaires envisageables : nous avions publié il y a 3 ans un article sur le revenu universel : lien ici).

Maintenant, attendons de voir comment se passe le dé-confinement progressif, ainsi que les éventuelles secondes vagues de contamination, cela nous donnera une première idée de la vitesse à laquelle nous pourrons espérer une reprise de l’activité (même si pas totale, au moins partielle). Le rebond des marchés depuis la mi-mars semble donc logique avec environ 1/3 de la baisse effacée, à court terme l’incertitude actuelle fait que les valorisations de long terme sont très attractives (ce dont nous avons donc profité en renforçant nos positions le mois dernier).

Du côté des entreprises, environ un tiers ont publié leurs résultats trimestriels, difficile donc à ce stade de voir une réelle tendance se dessiner. Néanmoins les indices mondiaux ne semblent pas réagir exagérément à la baisse à l’annonce de certaines publications d’entreprises faisant partie des secteurs les plus touchés ce qui est rassurant (une bonne partie des mauvaises nouvelles était donc déjà dans les cours). Sur le premier trimestre, le niveau de contraction du PIB (récession) est d’environ 5 % partout dans le monde (soit plus qu’en 2008/2009), proche de ce qui était attendu là aussi. Globalement que ce soit pour les résultats d’entreprises ou le PIB mondial cela sera pire au second trimestre puisque le gros du confinement se concentre sur ce dernier. Le marché étant toujours en anticipation, la question à court terme sera de savoir ce qui est déjà dans les cours ou pas. Pour le moment les marchés semblent concentrés sur le dé-confinement et regarderont ensuite probablement déjà les perspectives 2021 en « enjambant » littéralement les résultats du deuxième et du troisième trimestre faisant ainsi une croix sur 2020. A suivre.

Banques centrales 

Après avoir rapidement et fortement réagi, les banques centrales attendent désormais de voir le résultat du dé-confinement progressif. Il n’y a pas grand-chose de plus à faire à ce stade (même si la BCE et la Fed en feront plus si besoin dans un deuxième temps), tout est en place (plus de 3 000 milliards $ rien que pour la Fed et la BCE) pour soutenir le mieux possible le retour de l’activité post crise sanitaire. Le point central reste bien sûr cette crise sanitaire : les mesures de confinement auront permis de stopper la phase exponentielle de diffusion du virus, il faudra maintenant réussir la deuxième phase, celle d’un dé-confinement progressif qui doit permettre à l’activité de repartir tout en contenant la pandémie. Nous ne misons pas sur l’arrivée suffisamment rapide d’un vaccin ou d’un traitement efficace, mais plutôt sur une gestion progressive du risque afin d’éviter une deuxième vague et un éventuel deuxième confinement.

Nous recevons souvent la question des déficits/dettes publics et de leur impact notamment pour le marché action. En théorie à long terme cela devrait être négatif puisque cela suppose notamment une hausse des impôts pour rembourser cette dette, mais en théorie seulement. Dans la réalité récente cette dette n’est pas remboursée mais reportée (remboursée avec une nouvelle dette pour être précis). C’était un problème lorsque les taux étaient élevés (Grèce, Argentine, etc.) mais ça ne l’est plus maintenant pour les pays développés (taux 0 donc pas d’intérêt à rembourser, dette reportée indéfiniment). D’une manière générale le déficit public est donc bon pour les marchés actions car il fait l’effet d’une demande supplémentaire.

Reste la question de la soutenabilité de la dette à long terme, comme nous l’avons souvent évoqué ici nous ne pensons pas que notre pays (ni la plupart des autres pays développés) soit en capacité de rembourser sa dette un jour : en France nous n’avons plus équilibré un budget depuis 1978…et même après 10 ans de croissance nous n’avions pas réussi à dégager un euro d’excédent. Ce n’est évidemment pas en période de récession que nous allons le faire et notre ratio dette/PIB va donc continuer d’augmenter (sauf à penser que nous lancerions un plan d’austérité, comme nous l’avons demandé à la Grèce en 2010, ce qui ne semble même plus envisageable aujourd’hui, à juste raison vu les résultats passés de ces stratégies). L’Italie se retrouve désormais avec une trajectoire de dette qui rappelle celle de la Grèce en 2011. Nous pensons donc depuis plusieurs années déjà que la banque centrale finira par effacer/étaler sur une période très longue (ce qui revient au même) une partie de la dette publique, le rachat massif des dettes publiques par la banque centrale va d’ailleurs dans ce sens. Cela pourrait dans un premier temps prendre en compte la dette supplémentaire contractée pour faire face à la crise liée au coronavirus (même si le sujet est bien plus profond que cela) afin de convaincre les pays (du nord) les plus réticents. Dans tous les cas, pas de crainte à court terme : il n’y a pas d’intérêt à payer sur cette dette puisque les taux sont à 0 grâce à l’intervention de la banque centrale, ce qui paraît incroyable dans une période de tension où les taux devraient monter, c’est là toute la réussite de l’action des banques centrales ces dernières années.

Pétrole 

Depuis le début de l’année le prix du baril de pétrole a été divisé par trois en raison de l’arrêt brutal de la demande Chinoise dans un premier temps puis au confinement mondial ensuite. De plus, l’Arabie Saoudite (premier exportateur et troisième producteur mondial) a déclenché début mars une guerre des prix (qui vise à reprendre des parts de marché aux Etats-Unis, désormais premier producteur mondial). Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous (Brent) le prix du baril est donc passé de 70 $ en début d’année à moins de 20 $ il y a quelques jours :

Côté Saoudien, constatant la baisse ininterrompue du cours du baril de pétrole, Ryad a tenté en vain de conclure un accord de réduction de la production de brut entre les membres de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et ses alliés au sein de l’OPEP+ avec à sa tête la Russie. Devant le refus de celle-ci, l’Arabie Saoudite s’est lancée dans une guerre des prix en augmentant la production et en vendant son brut moins cher afin de gagner des parts de marché. Cette stratégie aura pour effet d’accélérer encore plus la chute du pétrole mettant en difficultés toute la filière. Face au danger, Donald Trump a convaincu la Russie, l’Arabie Saoudite et les autres acteurs de se réunir à nouveau afin de négocier un nouvel accord prévoyant une diminution historique (10 % de la production mondiale) à partir du 1er mai. Mais cette baisse de production destinée à réduire le déséquilibre entre l’offre et la demande et à stopper la baisse du prix du baril pourrait se révéler insuffisante devant l’effondrement de la demande (sans précédent) liée au confinement. Seules une sortie progressive du confinement et une reprise de l’activité économique permettront l’ajustement entre l’offre et la demande. Ainsi, l’OPEP n’a pas d’autre alternative que de se résoudre à diminuer encore une fois sa production. L’Arabie Saoudite a déjà indiqué qu’elle était prête à discuter avec ses partenaires et la Russie pour décider de nouvelles mesures de réduction de la production lors d’une rencontre prévue le 10 mai.

Effet technique ayant entrainé le prix du baril (du contrat pas du physique) en dessous de 0 $ sur le marché Américain : le marché du pétrole se négocie avec des contrats à terme et des échéances de livraisons fixes, cela signifie que les détenteurs de ces contrats devaient soit prendre physiquement livraison du volume réel de brut correspondant, soit les revendre. Dans ce contexte, les capacités de stockage aux Etats-Unis sont très vite arrivées à saturation et certaines compagnies pétrolières n’ont plus su que faire de leur brut, ainsi, le 20 avril 2020, le prix du contrat à terme du WTI (le papier et non le pétrole « physique ») arrivant à échéance s’est mis à dévisser jusqu’à s’enfoncer en territoire négatif défiant ainsi le sens commun. Les détenteurs de contrats ont été contraints de payer pour se débarrasser de ce brut d’où cette incroyable braderie entraînant le contrat à terme (et non le WTI physique) vers un prix inférieur à 0 $.

Arbitrages : pas d’arbitrage ce mois-ci. Pour rappel nous avions conseillé le mois dernier les investissements suivants, qui sont toujours d’actualité :

PEA : nous avons réinvesti une partie du solde espèce disponible (en gardant encore 9 % pour de prochaines opportunités) sur les 2 fonds suivants : Amundi Valeurs Durables (FR0000991424), un fonds d’actions Européennes (Suisse et Royaume-Uni compris) qui investit dans des entreprises liées au développement durable et principalement à l’environnement (notamment au travers de critères extra-financiers ESG/ISR) ; Amundi ETF PEA Nasdaq 100 (FR0013412269) qui nous permet de renforcer nos positions sur les actions Américaines et principalement sur les 5 grandes valeurs technologiques (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) qui représentent près de la moitié de ce fonds et nous semblent être sur des valorisations (enfin) intéressantes actuellement.

Assurance-vie : vente en totalité de la position d’attente Amundi Absolute Return (LU1882439323) pour investir sur les 3 fonds suivants : KBI Aqua (FR0013216207) un fonds actions qui investit dans des entreprises mondiales liées au thème de l’eau, au travers de trois principaux axes : services aux collectivités d’eau, technologies de l’eau et infrastructures en eau ; Comgest Renaissance Europe (FR0000295230), fonds d’entreprises Européennes avec un fort biais qualité/croissance (secteur santé et technologie notamment) que nous détenions déjà et avons donc renforcé ; Amundi Actions USA ISR (FR0010153320), que nous détenions également déjà et avons donc profité de la période pour renforcer cet investissement à un prix attractif, cela renforce également notre position ISR globale.

A surveiller dans les prochaines semaines :

– évolution de la pandémie dans le monde : dé-confinement en Europe et aux Etats-Unis

– données économiques à court terme : impact du Covid-19, résultats trimestriels des entreprises

– communication des banques centrales et gouvernements en réaction au coronavirus

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Le 5 mai à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/2644352258258681869

Le 3 juin à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/7106292489564530957

Le 6 juillet à 18h30 https://attendee.gotowebinar.com/register/5429971565647514638

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le 2 juin pour le prochain pointmensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.

Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital

L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :

– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)

– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie 

– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré

– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle