Point Mensuel Février 2015 – CAMPG Investissements et Economie

PG InvestLa forte hausse des marchés continue en février, nous amplifions donc l’allègement des lignes offensives au profit d’investissements plus défensifs, l’exposition actions qui était d’environ 65% en début d’année est ramenée autour de 50% (de manière à prendre les profits maintenant et se réexposer suite à la prochaine correction). Plus de détails dans la partie arbitrages ci-dessous.

Dans l’ensemble les mouvements de banques centrales ont un impact très conséquent sur les rendements de l’épargne, incitant fortement les ménages et entreprises à consommer ou investir de manière dynamique une partie de leur épargne « sécurisée » qui ne rapporte presque plus rien. Ainsi, à titre d’exemple, plus de 90% de la totalité des obligations disponibles sur terre aujourd’hui (emprunts d’Etats, d’entreprises, etc.) rapportent moins de 2% bruts par an… et une partie toujours plus importante a désormais un rendement négatif (30% des obligations d’Etats de la Zone Euro par exemple).

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive €) notre avance est de +10.6%, avec une performance globale de +57.1% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 27/02/2015 :

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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 27 février 2015.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 159 800 €

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Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 149 500 €
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Saisons des résultats : les profits sont sur des records historiques et ont donc entrainé avec eux les marchés boursiers mondiaux vers de nouveaux plus haut historiques, dans l’ensemble deux tiers des entreprises US sont au-dessus des attentes, plus de la moitié des sociétés Européennes également.

Les banques centrales sont encore et toujours à la manœuvre, notre métier dépend plus que jamais de leurs actions… La stratégie pour les prochains mois : la BCE va donc lancer son programme d’assouplissement en mars (QE) et cela pendant plusieurs années (au moins deux pour commencer), la Fed devrait prendre le chemin inverse mais en douceur (pas avant mi-2015 voir fin-2015 pour la première remontée de taux), la BoE (Royaume-Uni) devrait suivre. La BoJ (Japon) elle continue son incroyable pari de relance…pour le moment donc le soutien aux marchés est important, mais cela pourrait évoluer au cours de l’année 2015. Beaucoup de banquiers centraux sont inquiets de la faible inflation qui se généralise (récente baisse de taux en Chine par exemple).

US : L’explosion du gaz et pétrole de Schiste aux US avait fortement soutenu les investissements et la création d’emploi, c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles la croissance est forte aux Etats-Unis par rapport au reste du monde développé. Mais ce soutien va non seulement diminuer dans les mois à venir, mais il pourrait même devenir un problème si le baril reste aussi bas : le prix de revient ne permet pas de rentabiliser les investissements en ce moment… la particularité du Schiste est que de nombreuses petites voir très petites entreprises gravitent autour et celles-ci n’ont pas la trésorerie pour suivre longtemps….Nous pensons donc que l’effet positif (bien supérieur, certes) de la baisse du baril pour le consommateur est anticipé de tous, mais que l’effet négatif est peut être sous-estimé : l’investissement est attendu en baisse (entre 15 et 20%) dans le secteur de l’énergie, les Etats comme le Texas faisaient partie des plus dynamiques en termes de créations d’emplois et d’investissement pour les US ces dernières années…les chiffres économiques du Texas sont assez négatifs en février, à suivre… Sur les consommateurs, le taux d’épargne est remonté à 5,5% (au plus haut depuis 3 ans) donc il semble qu’une partie des économies réalisées sur le pétrole ne soit pas consommée mais épargnée.
Un léger ralentissement économique sur les chiffres du dernier trimestre 2014 et du premier trimestre 2015 (ce que nous anticipons) permettrait à Yellen et son équipe de retarder la hausse de taux (pour le moment anticipée en juin ou septembre 2015) et empêcher une appréciation trop importante du dollar (qui pèse aussi sur l’activité depuis quelques mois). L’inflation reste faible et cela ne devrait pas poser de problème pour attendre un peu, même si les hausses de salaires commencent à arriver (enfin) aux US, même Wal-Mart s’y met.

Zone Euro : l’Allemagne reste plus que jamais la locomotive du continent, avec une belle croissance de 1,5% pour 2014, la France termine à 0,4% (comme pour 2013) mais devrait pouvoir atteindre 1% de croissance cette année grâce aux effets positifs combinés des baisses du pétrole, de l’euro et des taux.
Pour le moment la stratégie Draghi fonctionne à merveille (taux en bas, plus de discussion sur l’explosion de la Zone Euro, plus de crainte sur les dettes de gouvernements, baisse de l’euro et fortes hausses des marchés) mais attention : si les politiques fiscales et économiques des différents membres de la Zone ne profitent pas de ce « temps » que leur achète la BCE tous ces problèmes reviendront à la surface, car les dettes et déficits sont toujours là, la déflation aussi, et la croissance reste faible. De plus, les discussions avec les Grecs reprendront dans 4 mois et l’Espagne aura aussi des élections en décembre… En attendant le chômage continue de baisser en Zone Euro, au plus bas depuis 3 ans.

Grèce : le mélodrame joué par le nouveau parti au pouvoir a pris fin ces derniers jours : ils ont tout signé comme attendu, et les débats sont renvoyés au mois de juin. Les paris sur l’avenir de la Grèce vont donc encore animer les discussions pendant plusieurs mois, les plus pessimistes se rappelleront que sur les 190 dernières années le pays a fait défaut 6 fois sur sa dette publique et aura passé 90 ans en défaut de paiement ou en restructuration… les plus optimistes verront les améliorations conséquentes et les efforts faits par le dernier gouvernement, ainsi que l’importance de maintenir une unité Européenne.
L’important pour l’Europe était d’être ferme dans les discussions et d’éviter tout débat sur la restructuration de la dette Grecque, c’est chose faite (en réalité la discussion était plutôt Allemagne-Grèce, nous étions spectateurs), l’important pour les Grecs était de pouvoir communiquer en interne (ils n’ont rien obtenu mais ont parlé de « victoire » à la télévision Grecque) même s’ils savent être coincés entre les promesses faites le mois dernier lors des élections et la réalité.

Irlande : année de croissance exceptionnelle pour 2014 : +5.1% (supérieur aux déjà conséquents 4.5% attendus), l’investissement la consommation et les exportations ont fait du pays le plus dynamique de l’Europe l’an dernier, en partie grâce au voisin Britannique, mais aussi grâce aux réformes de ces dernières années. A mettre en parallèle des résultats de croissance de l’Espagne par exemple (même si les situations ne sont pas les mêmes). La prévision serait de 3.7% pour 2015, ce qui resterait là aussi exceptionnel.

Royaume-Uni : en attendant que la Banque centrale (BoE) remonte ses taux (probablement juste après la Fed) les élections législatives du 7 mai s’approchent : jamais l’indécision a semblé aussi forte, pour le moment il ne semble pas possible d’en sortir avec une majorité, la période amènera probablement un peu de tension notamment avec la perspective d’un référendum de sortie de l’Union Européenne.

Inde : la croissance accélère en fin d’année (8,2% et 7,5% sur les deux derniers trimestres 2014) dans des proportions qui ont dépassé les attentes. L’accélération économique Indienne arriverait à point pour compenser le changement de modèle Chinois dans la croissance mondiale des années à venir.

Devise : pas de mouvement particulier ce mois-ci, en ligne avec nos attentes le change €/$ reste stable. Désormais nous maintenons nos lignes en dollar pour la diversification et non plus pour le potentiel de hausse de ce dernier (voir points mensuels précédents).

Les arbitrages : Nous réduisons donc encore le poids des lignes offensives (environ 50% des positions désormais) au profit des lignes plus défensives dans l’ensemble des portefeuilles et conseillons aux investisseurs de prendre une partie de leurs profits. Cette allocation « défensive » nous permettra de nous réexposer lors de prochaines corrections de marchés, nous pensons que le marché est allé un peu vite en ce début d’année, notamment sur la partie Européenne (l’intervention de la BCE était une de nos conviction). Nous maintenons plus que jamais de la prudence dans les portefeuilles compte tenu des niveaux de marchés actuels.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 avril pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition. Vous pouvez également retrouver plus d’information sur l’économie et les marchés financiers via mon compte twitter : @Tom_Lombardi

 

Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de Crédit Agricole SA ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine

    1. Bonjour Mr Ledan,
      Merci de votre message,
      Nous sommes restés écartés de l’or depuis plus de 3 ans maintenant, considérant que l’effet valeur refuge n’était plus aussi présent que par le passé, considérant aussi qu’en période de désinflation (voir de déflation maintenant) un actif qui protège contre l’inflation mais n’a aucun rendement avait moins d’intérêt. Actuellement nous considérons que l’or n’est pas sur des niveaux élevés mais ne voyons pas de potentiel de hausse important, nous en restons donc toujours à l’écart (seules quelques positions sont détenues au travers du fonds First Eagle notamment). D’une manière plus globale : vous pouvez maintenir 5% d’or (10% maximum) dans votre patrimoine mais ne nous conseillons pas d’en garder une proportion plus importante. Bien cordialement