Point mensuel Février 2018 – Crédit Agricole PG Investissements

Des marchés en baisse début février suite aux tensions entourant les politiques monétaires des banques centrales, les bons fondamentaux économiques et financiers auront ensuite permis aux actions de rebondir dans la deuxième partie du mois. Les principaux indices Américains, Européens, Japonais et Emergents affichent une baisse comprise entre 4% et 5% ce mois-ci, nos portefeuilles résistent un peu mieux avec une baisse moitié moins importante (-2,5%) notamment grâce à la récente hausse du Dollar (+1,6%), la performance depuis lancement est de +80,8%.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +19,5%, avec une performance globale de +80,8% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 28/02/2018 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 28/02/2018.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 181 800 €

(Templeton n’est pas PEAble mais est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 173 900 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : après les tensions du début de mois nous avions publié un point sur le blog (lien ici), en voici en résumé les principales convictions que nous avions évoqué :

  • Nous pensons que la tension actuelle n’est pas justifiée dans son amplitude et que cela semble surtout lié à des mouvements techniques/spéculatifs
  • Nous ne croyons pas en un retour réel de l’inflation au point que cela devienne une menace réelle : le mouvement de disparition d’une partie de l’inflation enclenché depuis une décennie (notamment via la « techno-déflation ») est toujours très puissant.
  • Nous ne croyons pas non plus en une hausse de taux réelle et forte, au mieux les taux longs US peuvent monter autour de 3% de manière durable et ensuite les flux acheteurs devraient stabiliser cela, les autres zones (comme la Zone Euro notamment) ne peuvent pas se permettre de tels taux et les banques centrales concernées s’assurent que cela n’arrive pas.
  • Nous ne croyons pas non plus en une erreur de politique de banque centrale dans les prochains mois qui conduirait à une hausse trop rapide des taux directeurs : jamais comme ces dernières années les banquiers centraux n’ont semblé autant à l’écoute des marchés financiers et de leur volonté.
  • Les fondamentaux sont très solides que ce soit les résultats d’entreprises ou l’économie mondiale, mais également le soutien des banques centrales et des politiques publiques (investissements, déficits, etc.).
  • La tension peut encore durer quelques jours ou quelques semaines mais cela fait partie de la vie normale de tout investissement et c’est même plutôt sain qu’il y ait quelques périodes de doutes et de remise en question de l’environnement globale, cela peut éviter la création de bulles.
  • Pas de mouvement conseillé sur nos portefeuilles, nous regardons bien sûr la situation de très près et ne manquerons pas de vous tenir informer dans les prochains jours/semaines si c’était nécessaire.

Toutes ces convictions restent bien sûr d’actualité, après ces quelques jours de tension début février les marchés ont d’ailleurs bien rebondi, notamment grâce aux fondamentaux que nous évoquons. Il est bien sûr possible qu’un peu de tension revienne à un moment ou un autre, c’est la vie normale de tout investissement et cela ne change en rien notre stratégie d’investissement de long terme.

Pendant ce temps la saison de publications de résultats d’entreprises touche à sa fin : aux Etats-Unis plus de 75% des sociétés du SP 500 font mieux qu’attendu sur les profits et le chiffres d’affaires, soit le meilleur score depuis dix ans, en Europe et au Japon environ 60% des entreprises ont fait mieux qu’attendu à la fois sur le chiffres d’affaire et le résultat. Les dividendes estimés pour 2018 devraient se situer au-dessus de 1 300 milliards $, un nouveau record (en comparaison, c’est le double d’il y a 8 ans). Globalement, après d’excellents chiffres économiques ces derniers mois, il serait normal et probable d’avoir une période d’activité plus stable (toujours positive mais moins élevée) dans les prochains mois, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe.

Banques centrales : premier discours de J.Powell (nouveau patron de la Banque Centrale Américaine) devant la chambre des représentants hier (il parlera également aujourd’hui devant le sénat), il en ressort une tentative de se montrer un peu moins « complaisant » que J.Yellen vis-à-vis des marchés financiers, comme on pouvait l’anticiper pour sa première sortie. Il a ainsi rappelé la bonne conjoncture économique actuelle et son intention de continuer la remontée des taux directeurs, l’hypothèse du marché reste de 3 hausses de 0,25% cette année, une quatrième hausse nous semble trop optimiste (nous pensons plutôt à deux hausses uniquement), dans tous les cas cela devrait être un soutien à la hausse du Dollar (ce qui est déjà le cas ce mois-ci avec un dollar en hausse de 2%). La première hausse devrait être annoncée lors de la prochaine réunion de la Fed les 20/21 mars prochain, à hauteur de 0,25%, en grande partie déjà dans les cours, comme le montrent notamment le taux d’Etat US à 2 ans qui redevient intéressant avec un rendement supérieur à 2% (cela concerne surtout l’épargnant Américain, pas nous en Europe où la modeste hausse de taux de ces dernières semaines est trop faible pour avoir un impact). Le retour de l’inflation tant annoncé nous semble toujours beaucoup trop optimiste et uniquement passager (quand bien même il existerait…surtout en Europe), pour le moment d’ailleurs les taux long US restent légèrement en dessous de 3%, ils n’anticipent donc pas non plus d’inflation particulière (ni 4 hausses de taux). Il y en a donc un qui se trompe entre le taux 2 ans et le taux 10 ans aux Etats-Unis : la Fed est plutôt du côté du taux 2 ans et d’un retour de l’inflation, nous sommes plutôt de l’autre côté (celui du taux 10 ans : pas de retour réel de l’inflation). Comme évoqué précédemment nous regardons surtout cela pour un éventuel effet indirect sur les marchés actions, puisque nous n’avons qu’une position très marginale sur les obligations (inférieure à 5% de nos portefeuilles).

Du côté de la BCE pas de changement pour le moment : la hausse des taux de la Fed devrait se charger en partie du seul problème actuel (le change Euro/Dollar), tous les autres indicateurs sont au vert. Pour ceux qui penseraient que l’intervention de la Banque Centrale Européenne a ralenti récemment : son bilan vient de toucher un nouveau plus haut à 4 500 milliards €, soit 42% du PIB de la Zone Euro (le bilan de la Fed est à 22% du PIB US en comparaison).

En ce qui concerne la Banque Centrale du Japon, Mr Kuroda vient d’être reconduit par le gouvernement à la tête de la BoJ pour un deuxième mandat (ce qui n’est pas habituel) et devrait donc continuer son « extraordinaire » politique monétaire (qui consiste à acheter massivement de la dette Japonaise ainsi qu’une partie du marché actions, déjà plus de 40% de la dette Japonaise a ainsi été rachetée qui plus est à un taux 0), la BoJ, tout comme la BCE, n’est donc pas prête de sortir de sa politique monétaire actuelle. Les prochaines réunions du 8 mars ne devraient donc rien amener de nouveau à la fois côté BCE et BoJ, mais aussi côté Fed le 20/21 mars (avec une hausse de taux de 0,25% déjà anticipée de tous).

Etats-Unis : les bons chiffres économiques continuent avec un moral des ménages sur un nouveau plus haut depuis 2001, un taux de chômage qui reste à 4,1%, un salaire horaire moyen qui augmente de 2,9% sur un an, des indices d’activité (ISM) au plus haut depuis 2005, du côté des directeurs de petites entreprises l’indice de croissance est au plus haut de 45 ans et le nombre d’entre eux envisageant une hausse de salaire pour leurs salariés est au plus haut depuis 29 ans. Cela aura évidemment contribué à alimenter la peur des marchés concernant un redressement monétaire plus rapide que prévu de la part de la Fed.

Royaume-Uni : le ralentissement observé depuis le Brexit continue et l’écart avec la Zone Euro s’amplifie : alors que la grande majorité des pays de la Zone Euro voit sa croissance révisée à la hausse (et autour de 2,5% pour la Zone en 2017), celle du Royaume-Uni est encore révisée à la baisse (à 1,4%), c’est la première fois depuis de nombreuses années que le pays se retrouve (loin) derrière la Zone Euro.

France : l’accélération généralisée de la croissance en Zone Euro en 2017 nous aura également bien profité : la croissance Française est révisée à la hausse à 2% pour 2017, un chiffre que nous n’avions plus atteint depuis bien longtemps (plus d’une décennie en dehors d’effets techniques passagers après 2008), le retour de l’investissement (presque 4% de hausse) est probablement la meilleure nouvelle.

Italie : les élections auront lieu ce weekend (4 mars), la situation reste très floue pour le moment et le pays semble se diriger vers un statuquo avec une absence de majorité claire et plusieurs coalitions possibles, dans tous les cas comme nous l’avions indiqué le mois précédent les choses ne devraient pas fondamentalement changer : la situation reste difficile et aucune réforme réelle n’est envisagée par les différents partis présents. Les marchés semblent ne pas s’y intéresser réellement pour le moment, ou en tout cas ne pas y voir de danger particulier, notamment avec des obligations d’Etat Italiennes qui affichent toujours un rendement négatif à court terme et à peine 2% sur 10 ans. Les sondages donnent la grande coalition de droite en tête (qui contient des partis très différents qui vont de Forza Italia, le parti de S.Berlusconi, jusqu’aux séparatistes de la Ligue du Nord), un minimum de 40% des suffrages est nécessaire pour espérer une majorité de sièges.

Chine : une activité qui continue de bien se tenir comme le montre de nombreux indicateurs en ce début d’année, ainsi l’indice PMI Caixin d’activité des services est au plus haut depuis 2010 (même si fin février ces indices ressortaient un peu moins positifs, comme chaque année durant les congés liés au nouvel an Chinois). D’autre part, l’inquiétude de bulle sur le marché immobilier se réduit un peu avec une hausse des prix qui n’est plus « que » de 5% sur un an, et qui recule même légèrement dans les principales grandes villes du pays. Côté politique, comme évoqué après le « congrès du parti » fin 2017, le président actuel Xi Jinping devrait bénéficier de pouvoirs encore plus forts et devrait notamment rester au pouvoir plus longtemps que prévu (jusqu’ici la limite légale était de deux mandats maximum mais sa proposition de modification de la constitution qui devrait être validée début mars n’impose plus de limite). 

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mouvements sur les taux d’intérêts et déclarations des banques centrales sur leurs intentions
– impact des réductions de taxes aux US et discours sur le plan d’investissements en infrastructures
– change euro/dollar (l’euro semble actuellement trop élevé)
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier Chinois / Canadien / Californien / Australien / Scandinave)
– situation géopolitique (Corée du nord, Catalogne, Italie, Moyen-Orient, US, etc.) 

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.
Dans le portefeuille PEA/CTO : le fonds Pioneer Euroland change de nom après le rachat récent de Pioneer par Amundi et devient Amundi Euroland, le code ISIN d’Amundi ETF S.Beta Europe changera à partir du 22 mars (actuellement FR0013040292 il sera ensuite LU1681039563), aucun impact particulier suite à ces deux modifications techniques.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 3 avril pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle