Point Mensuel Février 2020 – Crédit Agricole PG Investissements

Un mois de février en forte baisse suite à la propagation de l’épidémie de coronavirus, sur le mois l’ensemble des principaux marchés (Etats-Unis, Europe et Japon) enregistrent des baisses allant de -8% à -12%, les émergents -6%, le CAC 40 recule de 8,6%, le Dollar progresse d’1%, nos portefeuilles résistent un peu mieux avec un recul de 6,3% (principalement grâce à l’allègement de 20% que nous avions réalisé fin 2019).

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +25,0%, avec une performance globale de +87,7% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 28/02/2020 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 28/02/2020.

Portefeuille type PEA : valorisation : 187 800 €

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 181 500 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : un mois de février en forte baisse suite à la propagation de l’épidémie de coronavirus, sur le mois l’ensemble des principaux marchés (Etats-Unis, Europe et Japon) enregistrent des baisses allant de -8% à -12%, les émergents -6%, le CAC 40 recule de 8,6%, le Dollar progresse d’1%, nos portefeuilles résistent un peu mieux avec un recul de 6,3% (principalement grâce à l’allègement de 20% que nous avions réalisé fin 2019).

Un mois de février en deux temps : un début de mois positif avec de nouveaux records sur les marchés le 19 février (bien soutenus par de solides publications de résultats d’entreprises) et bien parti pour continuer dans ce sens, puis une dernière semaine très compliquée avec la correction la plus rapide de ces dix dernières années (-10% en moins d’une semaine) suite à la propagation du coronavirus en dehors de Chine.

Les marchés étaient relativement confiants tant que le virus n’était principalement qu’en Chine, c’est-à-dire entre fin décembre et mi-février. Depuis le weekend du 22-23 février et l’augmentation soudaine des cas en Italie, en Corée du Sud et en Iran, les marchés ont désormais peur d’une pandémie mondiale. L’ajustement s’est, comme souvent, fait dans l’excès, avec des baisses de 10% à 15% en 5 jours.

Ces chiffres ne tiennent pas compte de la hausse de début de semaine (+4% environ pour l’ensemble des marchés), nous publions toujours sur le cours de clôture de fin de mois. Concernant le rebond d’hier (lundi 2 mars) aux Etats-Unis : c’est un nouveau record historique pour le Dow Jones avec plus de 1 200 pts gagnés en une seule séance (+5,09%), ce qui est bien sûr un point positif mais ne signifie en rien que la tension liée au coronavirus est passée : le Vix est toujours au-dessus de 30 (il est monté à près de 50 la semaine dernière) et cela veut simplement dire qu’il y a beaucoup de spéculation et de mouvements techniques dans le marché actuellement.

Du côté des actifs « refuges » (un terme testé en permanence au fil des années), durant cette dernière semaine de tension fin février l’or a reculé de 6%, même si l’on peut argumenter qu’il avait bien progressé durant les semaines précédentes (tout comme les marchés) il est curieux de le voir baisser autant dans une semaine de réelles tensions. Seules les obligations d’Etat US auront joué leur rôle de protection dans ce cas (descendus sur un nouveau plus bas historique à 1,1% pour le 10 ans et 1,6% pour le 30 ans).

Il est évidemment prématuré d’envisager les conséquences économiques de cette épidémie, à l’heure où nous publions, le virus est présent dans plus de cinquante pays, touchant plus de 85 000 personnes et faisant plus de 3 000 victimes. Il est raisonnable de penser que le coronavirus va focaliser l’attention pendant encore plusieurs semaines/mois. Nous ne reviendrons pas sur le virus lui-même ni sur les tristes conséquences humaines ici mais uniquement sur la partie économie et investissements comme pour chaque point mensuel.

Rappel nécessaire de nos convictions dans cette période de tension :

  • Long terme : nos investissements sont à long terme et les périodes de tension sont normales, même si jamais agréables bien sûr. Nos performances en 2018 (-9,2%) puis en 2019 (+22,2%) sont un bon exemple récent de l’intérêt de rester investi sur le long terme : l’important n’est pas d’éviter les baisses mais bien de bénéficier des hausses comme le montre le graphique de nos performances ci-dessus. Nous parlons bien ici des actifs dynamiques du patrimoine (PEA, compte-titres et unités de compte d’assurance-vie), la diversification du reste du patrimoine doit être importante et assurer un niveau de risque relativement faible en comparaison. 

  • Par discipline, les deux seuls cas de figure qui nous amènent à vendre nos positions sont les suivants : soit une récession (ce qui n’est pas le cas à ce stade) soit un marché devenu trop cher (c’est la raison pour laquelle nous avions allégé de 20% nos portefeuilles fin 2019, même si bien entendu nous n’anticipions pas le coronavirus à l’époque)

  • Nous continuons à penser que le second semestre 2020 sera positif, même si à ce stade les inquiétudes se concentrent sur la durée et l’ampleur (les deux sont liés) de cette épidémie. Le premier semestre sera clairement impacté par un net ralentissement de l’activité économique et cela se verra dans les résultats d’entreprises également.

  • Dans ces périodes de forte volatilité il y a toujours la tentation pour certains investisseurs de se dire « je vends et je reviendrai quand on y verra plus clair » : nous pensons que c’est souvent (toujours) une erreur. Premièrement n’avons jamais connu de période où la visibilité était totale et où il n’y avait pas d’incertitude, cela n’existe pas. 2019 était d’ailleurs une année avec de nombreuses incertitudes ce qui ne l’a pas empêché d’être excellente en termes de performance (y compris parce que nous avions maintenu et renforcé nos positions fin 2018). Deuxièmement cela se fait en général à un prix très élevé pour l’épargnant en question : pas le temps de vendre avant d’avoir déjà perdu 10 à 15% (ce qui est en général le point bas), et le rebond est souvent trop rapide pour pouvoir se replacer (exemple fin 2018 début 2019). Le timing reste la chose la plus compliquée, raison pour laquelle il vaut mieux se mettre dans la position la moins dépendante de ce paramètre : le long terme (ce qui implique également peu de mouvement). C’est une discipline d’investissement que nous appliquons.

Pour les prochains jours/prochaines semaines :

  • L’élément principal pour les marchés est la dynamique de contamination (pas forcément le nombre absolu de personnes contaminées mais la tendance : est-ce que cela accélère ou se stabilise ?). Comme souvent les marchés regardent avant tout la dynamique (la dérivée seconde) plus que le niveau absolu. Il est difficile d’imaginer une hausse des marchés avant d’entrevoir cette inversement de tendance côté virus (on note d’ailleurs que le marché Chinois rebondit depuis que cette stabilisation a eu lieu localement).
  • Les prix actuels sont clairement attractifs mais la tension reste très forte (Vix à 30). Nous ne sommes donc pas pressés de réinvestir les 20% que nous avions allégés fin 2019 et regardons actuellement les différentes opportunités avant d’envisager un éventuel renforcement des portefeuilles (nous sommes déjà investis à près de 80% en actions). Souvent les baisses tournent autour d’un écart type (soit autour de 15% suivant les différents marchés) avant de se stabiliser, nous y sommes presque, ce qui ne veut pas dire que le marché ne va pas baisser plus bien sûr, ni qu’il va remonter en suivant, mais c’est un premier palier de soutien important. Il est probable que nous ayons plusieurs journées de hausses et de baisses conséquentes au fil des nouvelles sur la propagation du coronavirus.
  • La dernière épidémie de ce type était le Sras en 2003 (environ 8 000 cas et 774 décès), en y regardant de plus près les actions Françaises avaient baissé de 25% en trois mois avant de rebondir de 33% en trois mois également, ce rebond avait commencé en plein milieu de l’épidémie, avant que celle-ci ne soit terminée (encore une fois : la dynamique pas le niveau absolu). Mais la comparaison s’arrête là : même si le virus actuel est bien moins dangereux il s’est répandu bien plus vite (les cas sont déjà au moins 10 fois plus nombreux). De plus les marchés sortaient en 2002-2003 d’une récession et de la bulle techno, les banques centrales n’intervenaient pas comme elles le font actuellement et il existait de vraies alternatives aux actions en terme de rendement, la population mondiale voyageait beaucoup moins et les liens entre pays étaient moins importants. Enfin, le poids de la Chine dans l’économie mondiale a triplé entre temps, elle représente même 50% de la croissance mondiale ces dernières années. C’est donc un tout autre monde aujourd’hui. C’est également ce que cette crise sanitaire a mis en avant : le poids de la Chine, qui concentre par exemple 80% des principes actifs des médicaments ou encore 60% des médicaments génériques, et qui intervient dans la plupart des chaînes de valeur de l’industrie mondiale

La combinaison qui tire l’économie mondiale depuis dix ans reste d’actualité : taux bas/soutien très fort des banques centrales/consommation privée élevée et pétrole abordable. Nous restons à ce stade toujours confiants quant au déroulement de l’année 2020 mais extrêmement prudents à court terme concernant l’évolution de cette crise sanitaire. Il est impossible d’évaluer l’impact du coronavirus sur l’économie mondiale à ce stade, une révision à la baisse de la croissance est déjà anticipée en partie dans les cours de fin février, même chose pour les résultats d’entreprises (certains dirigeants ont déjà prévenu que leurs résultats du premier trimestre 2020 seront fortement impactés). A ce stade il nous semble probable que certains pays entrent en récession technique (deux trimestres consécutifs de baisse de PIB, même si faible recul et lié à un évènement temporaire) y compris la France, l’Allemagne ou encore l’Italie. Pour le moment l’impact sur l’activité est surtout fort en Chine, où les indices d’activités PMI sont tout simplement sur un niveau jamais atteint à autour de 30 (ce qui signifie un arrêt de l’activité et donc une récession sur la période). Ceci dit la Chine se relancera plus rapidement que nous et le pic de l’épidémie semble atteint localement, ce qui n’est pas encore le cas en Europe et aux Etats-Unis. Nous pouvons estimer que le ralentissement de la croissance mondiale sera temporaire (en espérant que la propagation ralentisse le plus vite possible) puis suivi d’un rebond (bien soutenu par les plans de relance des différents gouvernements qui ne manqueront pas d’agir dans les prochains mois).

Banques centrales : elles soutiennent déjà très fortement l’activité (taux 0 et achats massifs d’obligations) et sont relativement bien armées pour continuer/amplifier ce soutien. A ce stade la Fed et la BCE n’ont pas réagi au coronavirus même si elles indiquent regarder de très près ses effets économiques et financiers (la Fed devrait baisser ses taux lors de sa réunion du 18 mars). La Fed et la BCE se donnent pour le moment le temps de mesurer les impacts à venir du coronavirus mais il est très probable qu’un soutien supplémentaire soit proposé dans les prochains mois. Cependant : une décision de politique monétaire n’aurait aucune influence sur le choc de l’offre lié à la crise du coronavirus (ça ne fournira pas la pièce manquante pour l’assemblage d’une voiture) ni sur le choc de confiance actuel (report de voyages, déplacements, investissements, etc.). C’est aussi la raison pour laquelle les marchés ont affiché une telle tension depuis quelques jours : le coronavirus n’est pas un problème économique ou financier et les outils habituels auront donc peu d’effet à court terme.

Hong-Kong vient d’annoncer le versement de bons d’achats pour environ 1 800 euros à chacun de ses 7 millions de résidents permanents (ayant plus de 18 ans) afin de relancer rapidement la consommation (puisque les bons d’achats ont une durée limitée et que ce montant ne peut pas être épargné, ce qui aurait été le risque en versant de l’argent directement). Cette expérimentation est un des volets d’un vaste plan de relance de 15 milliards $ qui fait suite à une année noire pour Hong-Kong (récession au quatrième trimestre 2019 et probablement au premier trimestre 2020 après les manifestations, le ralentissement de la Chine et le coronavirus). Nous abordons souvent le sujet des mesures exceptionnelles mises en place par les banques centrales ces dernières années, depuis de nombreuses années déjà nos convictions partagées ici sont que ces mesures seront maintenues pour une durée longue et que d’autres mesures supplémentaires seront mises en place dans les prochaines années sous forme de versements directs (« helicopter money », salaire universel, etc.). Bien sûr il faudra probablement attendre une récession (ou la probabilité forte d’une récession) pour voir ces mesures être mises en place à grande échelle, mais cette initiative à Hong Kong nous semble inscrite dans cette tendance à venir.

Election présidentielle Américaine : il y a à ce stade 4 forces dans la campagne Américaine :

  • D.Trump côté Républicain : le président actuel atteint courant février un nouveau plus haut dans les enquêtes d’opinions à près de 44% d’Américains qui lui sont favorables (plutôt rare après 4 ans de gouvernance dans un pays démocratique), il est aujourd’hui le favori des élections 2020 (même si sa gestion du coronavirus et de ses impacts pourrait peser)

  • Bernie Sanders : l’aile gauche du parti Démocrate était initialement disputée entre lui et Elisabeth Warren, il est à ce stade le favori côté Démocrate même si son positionnement risque d’être un problème pour la suite (probablement trop à gauche pour attirer les Démocrates centristes et les Républicains non favorables à D.Trump)

  • Joe Biden : initialement la deuxième force des centristes Démocrates après la victoire du jeune Pete Buttigieg dans l’Iowa, sa forte victoire ce weekend en Caroline du Sud l’a remis dans la course tandis que P. Buttigieg s’est retiré en suivant (et lui apportera probablement son soutien)

  • Michael Bloomberg : entrepreneur (médias/info financière) longtemps considéré comme l’homme le plus riche du monde (environ 60 milliards $ de patrimoine, 20 fois plus que D.Trump par exemple), 3 fois maire de New York (2002-2013), jusqu’ici pas vraiment Démocrate dans sa carrière politique (parfois indépendant, parfois Républicain, au gré des précédentes campagnes). Il s’est volontairement lancé tardivement dans la campagne en espérant qu’aucun candidat Démocrate ne sorte réellement du lot (ce qui est le cas), ce qui lui permettrait d’apparaître comme la solution de consensus à la fois pour les Républicains qui ne sont pas favorables à D.Trump mais aussi pour les Démocrates centristes (qui ne suivraient pas B.Sanders).  

Les prochaines dates importantes : le « Super-Tuesday » (le mardi 3 mars) devrait donner une idée claire de la suite côté Démocrate (14 Etats concernés dont la Californie et le Texas) avant les primaires de mi-juillet. Côté investissements et marchés financiers il y a un vrai sujet en termes d’impact à venir tant les programmes sont différents d’un candidat à l’autre (Sanders surtout, Biden un peu), c’est aussi ce qui a ajouté de la tension ces jours-ci même s’il est impossible de différencier cet effet de celui (bien plus important) du coronavirus. A suivre.

A surveiller dans les prochaines semaines :

– évolution de l’épidémie du coronavirus dans le monde (surveiller la dynamique surtout : accélération ou stabilisation)

– communications et mesures des banques centrales et gouvernements en réaction au coronavirus

Arbitrages : pas de mouvement pour le moment, nous maintenons nos positions actuelles.

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Le 3 mars à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/340262968958290189

Le 6 avril à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/2017953885712443405

Le 5 mai à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/2644352258258681869

Le 3 juin à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/7106292489564530957

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le 3 avril pour le prochain pointmensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.

Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital

L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :

– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)

– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie 

– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré

– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle b#�