Point Mensuel Janvier 2016 – CAMPG Investissements et Economie

PG InvestL’année 2016 commence en forte baisse pour les actions, toujours sous tension à cause de ce qui est désormais le plus gros choc pétrolier de l’histoire. Les indices reculent plus ou moins dans les mêmes proportions en janvier (US -5%, Zone Euro -7%, Japon-6%, Asie autour de -10%, nos portefeuilles -5%), le choc boursier de cet hiver est de même amplitude que celui de l’été dernier, la période devrait rester volatile encore un moment, principalement en fonction des cours du baril. Nous sommes toujours optimistes tant sur les marchés que sur notre stratégie d’investissements.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +10.8%, avec une performance globale de +46.1% depuis le 31/12/2011.Résultats de nos conseils d’investissements au 29/01/2016 :

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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 29/01/2016.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 147 200

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(Templeton et Aberdeen ne sont pas PEAbles, ces 10% peuvent être investis à 5% de plus sur Emerging et 5% sur le Japon)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 140 200

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(La ligne Amundi Emerging Internal Demand a changé de nom et est désormais listée comme Amundi Emerging Focus AHE)

Le monde a bien changé, la semaine dernière en aura été un exemple supplémentaire : Apple réalise tout simplement le meilleur trimestre de l’histoire des entreprises, toutes époques, pays et secteurs confondus, avec plus de 18 milliards $ de profits sur un seul trimestre. Dans le même temps Alphabet (maison mère de Google) dépassait Apple en capitalisation boursière (à 530 milliards $) et réalisait 16 milliards $ de profits annuels (en forte hausse), Facebook doublait son profit sur un an en dépassant 1.5 milliards $ de profits sur un trimestre, avec désormais 1.5 milliard d’utilisateurs réguliers (Whatsapp, qui appartient à Facebook, dépasse également le milliard d’utilisateurs). Il est loin le temps où la technologie et internet n’étaient que des profits « potentiels ». Pendant ce temps la Fed, peut-être nostalgique de l’ancien monde, continuait à annoncer qu’elle arriverait à sa cible d’inflation à 2% (ce que nous sommes de moins en moins nombreux à croire car l’inflation a bien disparu dans ce nouveau monde), la Zone Euro voyait son chômage tomber au plus bas depuis 4 ans, l’Europe au plus bas depuis 7 ans. Nous écrivons ces points mensuels depuis 4 ans et il est très intéressant de voir à quelle vitesse les choses changent : « à l’époque » les problèmes s’appelaient Zone Euro, €, Grèce, Espagne et secteur bancaire, les certitudes s’appelaient US, Chine, secteur pétrolier ou luxe, et la révolution environnementale était considérée comme un concept marketing. Qui aurait parié que 48 mois plus tard l’€ ferait office de valeur refuge, la Zone Euro serait la zone économique qui présente la meilleure dynamique, l’Espagne emprunterait à taux négatif, la Grèce serait toujours en Zone Euro, les banques mieux capitalisées que jamais, le secteur pétrolier serait devenu le mauvais élève de la classe avec des centaines de milliers de suppressions d’emplois et des pertes en milliards, que la Chine serait une inquiétude, que le luxe serait en train de ralentir et de se restructurer par manque de pétrodollars et de yuans plus ou moins propres, et que la révolution verte serait bien en cours : en 2015 plus de 320 milliards $ y auront été investis, un record, tout comme le nombre d’emplois crées par le secteur. Un nouveau monde.

Rendements des différents actifs sur le long terme et tensions de court terme : dans un moment pessimiste sur les marchés (et encore plus pessimiste de manière générale dans notre pays) tout est bon pour se morfondre : on ne compte plus les annonces médiatiques de « crash imminents », « révolutions », « troisième guerre mondiale » et autres catastrophes annoncées depuis si longtemps qu’on ne sait plus trop ni pourquoi ni comment. On les entend à chaque baisse de plus de 5% (c’est-à-dire plusieurs fois par an, tous les ans), ils disparaissent ensuite à chaque remontée de marché en espérant que la prochaine fois soit la bonne, cette fois où ils pourront enfin prononcer le « je vous l’avais bien dit » tant attendu. Bien sûr aucun d’entre eux n’a de date précise, ni d’évènement déclencheur bien identifié (avant c’était la Zone Euro qui devait exploser, maintenant c’est la Chine, demain ce sera autre chose), ni de durée (un choc boursier ne dure en général jamais bien longtemps), mais simplement la conviction que le monde va disparaître et que nous allons tous mourir. Certes, techniquement le dernier élément n’est pas faux. Alors quitte à lire des choses extrêmement négatives je suggère le blog Zero Hedge (en Anglais, très actif sur twitter aussi), probablement le blog financier le plus lu au monde, le royaume des « Bear » (investisseurs pessimistes). Nous ne partageons que rarement leur point de vue mais au moins les articles sont rédigés par des professionnels (anonymes, qui publient tous sous le nom de Tyler Durden, le psychopathe du film Fighting Club) et abordent souvent des éléments intéressants avec un angle de vue bien différent.

Notre approche se veut plus simple et plus pragmatique : nous ne connaissons pas le futur et investissons avec les éléments que nous avons, qui eux sont bien positifs (profits, croissance, développement économique mondial, etc.), depuis le lancement de ces conseils (même avec des baisses de marchés et des périodes de tensions) cela nous a plutôt réussi (+46% sur la période), alors que dans le même temps les théoriciens de la fin de monde ont acheté de l’or (en baisse de 40% sur la période). Notre métier n’est pas de prédire la date, la durée et l’amplitude du prochain problème boursier (d’autant plus s’il est lié à un facteur externe comme le pétrole cette année) mais d’accompagner au mieux nos clients dans la gestion de leur patrimoine. Un patrimoine qui ne peut se passer d’une partie dynamique sur le long terme comme le montre le graphique ci-dessous : y compris avec les deux plus forts chocs boursiers de l’histoire sur la période les résultats sont clairs. Peut-être que nous aurons d’autres 2008, peut-être pas (si c’était à refaire je ne pense pas que les autorités laisseront tomber un deuxième Lehman de nouveau, ni une deuxième Grèce), peut-être que la prochaine fois sera plus difficile, peut-être pas, mais en fin de compte peu importe : 2008 est loin aujourd’hui et l’économie reprend toujours le dessus, les marchés sont plus hauts qu’en 2008, les profits aussi, l’économie aussi, l’épargnant qui n’a pas cédé à la panique aussi. C’est l’avantage du long terme. Contrairement à Zero Hedge, dont le slogan dit que « sur un horizon de temps suffisamment long l’espérance de survie de chacun tend vers zéro », nous pensons qu’un horizon de temps suffisamment long permet de belles performances :

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Pétrole : rarement comme durant ces 6 derniers mois le pétrole aura été le facteur le plus important pour les marchés financiers, comme le montre ce graphique de nos confrères de la Deutsche Bank : corrélations entre le prix du pétrole et les principaux actifs : actions, obligations diverses et devise : tout est lié au pétrole positivement ou négativement depuis 6 mois (un phénomène très rare qui pourrait continuer encore quelques temps) :

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Les marchés sont toujours très inquiets du sort du secteur pétrolier (plusieurs centaines de milliers de suppressions d’emploi cette année) et des pays producteurs, notamment au Moyen-Orient où les monarchies auront du mal à maintenir une stabilité sociale sans la perfusion habituelle de pétrodollars.
Les cours sont maintenant très liés à la géopolitique (Arabie Saoudite et Opep) et moins à l’offre et à la demande (même si le devenir du Schiste US est un facteur très important), côté dollar les cours s’étant stabilisés l’influence sur le baril devrait maintenant être faible.

US : la croissance US semble désormais avoir atteint son potentiel, légèrement supérieure à 2% mais toujours sans réelle inflation malgré un début récent de hausse des salaires. Il faut dire que les partenaires Mexicains et Canadiens ne sont pas dans une situation avantageuse et que le partenaire Chinois n’aide en rien à part à importer de la déflation. Pour 2015 le PIB affiche donc une croissance autour de 2.4% (qui sera probablement révisée comme à chaque fois) avec une consommation privée toujours très importante, bien soutenue par les prix de l’énergie cette année encore.
Côté Fed : du changement dans les membres votants, comme chaque année 4 sont remplacés, le but consiste à savoir comment les nouveaux voteront par rapport aux anciens. Notamment sur ce que devrait être la remontée de taux : réelle et plutôt rapide (« faucons ») ou faible et étalée dans le temps (« colombes »). Le groupe des sortants (Evans, Williams, Lacker et Lockhart)  est plutôt « colombe » (sauf Lacker), alors que le groupe des nouveaux semble plus « faucon » dans l’ensemble (Bullard, George, Rosengren et Mester). En fin de mois se tenait justement la conférence de la Fed, qui a plutôt déçu les marchés : certes nous nous attendions tous à ce que Mme Yellen ne remonte pas le taux directeur, mais certains d’entre nous n’auront pas apprécié qu’elle maintienne son objectif de remonter plusieurs fois les taux cette année (3 ou 4, puisqu’elle pense encore que l’inflation va atteindre sa cible de 2%), alors que 2 hausses nous sembleraient déjà bien trop dans ce nouveau monde sans inflation. Notre prévision reste entre une et deux hausses, soit 0.5% maximum de plus sur les taux courts (les taux longs pourraient eux ne presque pas bouger).

Zone Euro : entre des Etats-Unis qui ont atteint leur potentiel de croissance, une Chine en transition et des émergents qui se battent entre devises et matières premières, la Zone Euro fait désormais figure de zone économique forte. D’ailleurs l’Allemagne signe un budget 2015 excédentaire de plus de 10 milliards €, signe qu’il existe bien une réponse au problème de surendettement des Etats, encore faut-il s’en donner les moyens. Pendant ce temps l’Espagne finit 2015 avec 3.2% de croissance (encore un pays qui a eu le courage de se réformer), le Royaume-Uni 2.2% et un niveau de chômage qui tend de nouveau vers le plein emploi. Pour la France la croissance est en-dessous de la moyenne avec 1.1% (grâce au pétrole bas, aux taux bas, à l’euro faible et à un déficit élevé) et le chômage continue donc sa progression à contre-courant du reste de l’Europe.
Côté BCE la réunion du 21 janvier a rassuré les investisseurs (après le faux-pas de début décembre) sur la détermination « à la Japonaise » du banquier central et des outils à disposition. La porte est ouverte pour une augmentation des injections de liquidité dès la prochaine réunion de la mi-mars, en fonction bien sûr des données financières qui seront publiées d’ici là (notamment l’inflation et nous n’avons que peu de doutes sur le fait que ce chiffre sera très proche de 0). Les éléments fondamentaux en Zone Euro sont presque tous en amélioration : croissance, activité, chômage, reprise du crédit et taux bas, M Draghi n’est donc pas pressé d’augmenter son intervention, mais a profité de la période pour rassurer les marchés.
Comme évoqué depuis de nombreux mois les taux devraient restés très bas en Zone Euro, en partie à cause du montant des rachats de la BCE : en 2016 et 2017 la BCE va racheter beaucoup plus d’obligations d’Etats que ce qui va être émis par ces mêmes pays : par exemple l’Allemagne va émettre environ 5 milliards € de dette alors que la BCE devrait en racheter plus de 100 milliards € : la différence sera donc achetée dans les mains des investisseurs qui les détiennent aujourd’hui. Même la Fed n’avait pas été si loin en terme de proportion dans le rachat de bons du trésor US, il est donc très difficile dans cet environnement de penser que les taux pourraient remonter de manière significative.

Japon : pour une fois c’est la banque centrale du Japon qui nous copie et non l’inverse : en fin de mois la BoJ a surpris les marchés avec l’introduction d’un taux d’intérêt négatif sur une partie des excédents bancaires (comme c’est actuellement le cas en Zone Euro, sorte de répression financière sur les réserves). Une politique qui ne devrait avoir comme résultat que l’augmentation de la demande d’emprunts d’Etats nationaux, même à taux négatifs, puisque le problème du niveau de crédit vient de la demande et non de l’offre. C’est aussi une manière pour la BoJ de continuer à montrer qu’elle est bien présente et qu’elle continuera sa politique monétaire agressive. Economiquement le pays semble se stabiliser, le Yen a encore joué son rôle de valeur refuge durant les tensions financières actuelles et le pays semble avoir regagné en compétitivité par rapport aux voisins Asiatiques et aux concurrents directs sur les secteurs industriels et technologiques. Nous allons renforcer nos positions Japonaises, plus de détails dans la partie « arbitrages » plus bas.

Chine : la croissance officielle pour 2015 s’établissait autour de 6,9%, un chiffre conforme aux attentes (trop conforme peut-être ? Nous pensons la réalité moins élevée, même si toujours largement positive) et à la transition actuelle de la future première puissance mondiale. Un simple graphique suffit à prendre la mesure de ce que représente maintenant ce fameux PIB Chinois (en milliers de milliards de $) :

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L’important est que la transition économique dont nous avons si souvent parlé soit bien en cours : pour la première fois dans le PIB Chinois la part des services représente plus de 50% et est en forte augmentation (plus de 8%), elle prend enfin le pas sur l’activité industrielle. Les ventes et la consommation sont aussi sur une bonne dynamique, notamment grâce aux fortes hausses de salaire ces dernières années, l’investissement ralentit (en lien avec le ralentissement industriel et immobilier). Rien de surprenant donc, la Chine est en train de devenir une économie développée et non plus émergente. Nous ne croyons pas en un « hard-landing » de l’économie Chinoise (atterrissage brutal), même si ce risque ne peut bien entendu pas être totalement écarté. Les autorités ont de nombreuses ressources pour relancer l’activité si besoin (des réserves colossales, des taux actuellement très hauts, une économie pas encore réellement ouverte, etc.), pour le moment elles se contentent d’accompagner cette transition.

A surveiller dans les prochains mois :
– le cours du pétrole (via la position de l’Opep, du Schiste US et de la demande Chinoise)
– les banques centrales (notamment la suite de la remontée de taux par la Fed)
– le sentiment des investisseurs sur la situation en Chine (et interventions des autorités)
– les dossiers géopolitiques en cours (Moyen-Orient, « Brexit », etc.)

Les arbitrages : nous sommes restés absents des marchés Japonais « en direct » depuis le lancement de nos conseils il y a maintenant 4 ans, principalement pour des raisons de volatilité (toujours élevée sur ce marché) et de manque de visibilité sur la situation économique du pays. De plus certaines de nos lignes (ETF Scientific Beta, First Eagle, CPR croissance dynamique et réactive) en détenaient déjà. Nous sommes donc restés 4 ans avec une exposition relativement faible et « indirecte » aux actions Japonaises. La situation économique semblant s’être stabilisée et la BoJ déterminée dans sa politique monétaire (de loin la banque centrale la plus agressive du monde), les valorisations étant redevenues attractives après la récente correction et le pays ayant regagné en compétitivité face aux concurrents industriels historiques (notamment la Corée du Sud et l’Allemagne), il nous semble intéressant d’augmenter notre exposition sur le Japon, via deux lignes dédiées : 5% d’Amundi ETF Topix (FR0011314277) dans le PEA et 8% d’Amundi Japan Target (LU0568583933) dans l’assurance-vie, toutes deux protégées du risque de change. Pour investir sur ces lignes nous allons alléger légèrement les lignes défensives (Amundi Patrimoine PEA -5%, CPR Croissance réactive -2%, First Eagle -2%) et Asiatiques (Aberdeen Asia Pacific -2%, Amundi Emerging Focus -2%) des portefeuilles concernés afin de maintenir un équilibre semblable (voir portefeuilles types ci-dessus), cela nous permet également d’alléger la position dollar d’environ 5% (le cours est désormais stable et le gros de la hausse nous semble passé). Il s’agît d’un changement de moyen terme, aucune urgence donc (d’autant que les prochaines semaines devraient restées volatiles).

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 mars pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition. Vous pouvez également retrouver plus d’information sur l’économie et les marchés financiers via mon compte twitter : @Tom_Lombardi

 

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Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine