Point mensuel Janvier 2018 – Crédit Agricole PG Investissements

2018 commence bien sur les marchés actions mondiaux, en ligne avec l’excellente dynamique de 2017. Encore de nouveaux records sur le marché US en janvier tandis que le Dollar continue de se déprécier face à l’Euro et que les premiers effets de la réforme fiscale apparaissent dans les publications de résultats d’entreprises. Nos portefeuilles types augmentent ce mois-ci de 1,7% et atteignent un nouveau plus haut à 85,5% depuis lancement.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +20,4%, avec une performance globale de +85,5% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/01/2018 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31/01/2018.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 186 900 €

(Templeton n’est pas PEAble mais il est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 178 100 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : le discours se porte maintenant sur la poursuite des actions des banques centrales, après une décennie de soutien inconditionnel sur les taux et la liquidité. Les taux Américains remontent légèrement en ce début d’année, le taux d’emprunt d’Etat à dix ans est désormais autour de 2,7% (contre 2,4% fin 2016 et fin 2017), pas d’impact direct dans le portefeuille : nous n’avons qu’une position marginale en obligations (inférieure à 4%). Par contre, cela a pour effet de créer un peu de tension sur les marchés, comme à chaque fois que les taux US montent (les taux courts notamment sont redevenus attractifs avec des rendements autour de 2% pour les maturités 2 ans et 5 ans), la répartition entre actions et obligations pourrait s’en retrouver modifiée (avec une partie des investisseurs préférant détenir des obligations US quand leurs taux redeviennent attractifs). En Europe les taux sont toujours historiquement bas malgré cette légère remontée, leur niveau actuel par rapport aux US n’a toujours aucune logique économique : le graphique ci-dessous montre que les deux pays les plus faibles de la Zone Euro économiquement empruntent à maturité courte pour beaucoup moins cher que la première puissance mondiale :

Le change Euro/Dollar continue dans le même sens qu’en 2017 : hausse de l’Euro et baisse du Dollar, cela fait notamment suite aux déclarations de membres du gouvernement US ces dernières semaines, qui soutenaient qu’un Dollar faible est une bonne chose pour l’économie US et qu’ils y sont favorables, des propos ensuite plus ou moins démentis sans grande fermeté. Il reste qu’en l’état actuel des choses l’économie Américaine est dans une dynamique économique trop positive pour justifier un change aussi favorable pour eux, et que même si les choses vont beaucoup mieux en Zone Euro tous les problèmes n’ont pas disparu, le chômage reste trop élevé en France, Italie et Espagne, la Grèce et Portugal sont toujours en quasi-faillite, la situation Catalane n’est pas réglée et les dettes publiques continuent de progresser, pas de quoi justifier une hausse si forte de l’Euro face au Dollar donc, de plus le rendement d’obligations US de long terme proche de 3% devrait attirer des flux externes et peser sur le change à un moment ou un autre. Le manque de réaction de la BCE sur le sujet ces derniers mois n’a pas aidé non plus, mais nous pensons que cela pourrait s’inverser durant l’année en cours, pour le moment l’Euro est remonté sur des niveaux pas atteints depuis 2015 :

Pétrole : en lien avec le Dollar (la corrélation inverse est souvent élevée dans ces périodes de fortes variations, la baisse du Dollar permettant une hausse plus marquée du pétrole), les cours du baril continuent de monter, à court terme il nous semble difficile d’aller beaucoup plus haut que cela, compte tenu du fort soutien que représentent déjà la dynamique économique mondiale et la faiblesse du Dollar. Depuis 10 ans, les cours sont toujours en baisse de plus de 30% malgré une croissance économique mondiale qui se rapproche de 4% et une population mondiale qui a dépassé les 7 milliards de personnes : le changement de paradigme sur le pétrole et la transition énergétique sont toujours bien d’actualité

Globalement les chiffres économiques mondiaux continuent leur dynamique positive, ils progressent encore fin 2017, ainsi C.Lagarde a déclaré à Davos que le FMI revoyait à la hausse ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019 à 3,9% dans les deux cas, une hausse conséquente par rapport aux années passées où la croissance mondiale se situait plutôt autour de 3%. La progression économique est désormais généralisée à l’ensemble des zones géographiques, pays développés et émergents confondus, ce qui avait rarement été le cas ces dernières années. Ces bonnes nouvelles sont aussi en grande partie « déjà dans les cours » des marchés actions, obligations et pétrole.

Banques centrales :
La Banque Centrale du Japon n’a rien modifié de sa politique actuelle lors de sa réunion des 22 et 23 janvier, elle maintient en totalité ses interventions massives, son taux directeur négatif et son objectif de taux longs à 0%. La BoJ semble attendre de savoir ce que va faire la Fed avant d’éventuellement modifier sa politique monétaire, pour le moment la situation lui convient très bien (taux 0, devise sur des niveaux acceptables, croissance nationale et internationale solide, marchés dynamiques).

La BCE n’a également rien modifié non plus lors de sa réunion du 25 janvier, le même attentisme autour de la Fed et de ses éventuels changements de cap. M.Draghi n’a pas voulu s’exprimer précisément sur le change Euro/Dollar et la forte hausse récente de l’Euro malgré les nombreuses questions qui lui ont été posées sur ce sujet, il aura simplement précisé qu’une partie de cette hausse s’explique par le retour d’une croissance forte en Zone Euro, que son rôle n’est pas d’influer sur les cours du change (officiellement c’est vrai) et qu’il reste convaincu qu’il ne s’agît pas d’une nouvelle guerre des changes compte tenu des accords internationaux sur le sujet (ce qui vise donc directement les déclarations de l’Américain M.Mnuchin qui se félicitait d’un dollar faible). Il concède quand même que la volatilité du change est une source d’inquiétude (la croissance actuelle en Zone Euro pourrait être impactée si le change se maintenait sur les niveaux actuels). Pour le reste, il rappelle que le programme de soutien de la BCE est prévu au moins jusqu’en septembre et qu’il n’est pas question de remonter les taux d’ici là ni même rapidement après. Dans l’ensemble donc un discours attentiste sur le change et positif pour les marchés concernant le maintien du soutien de la BCE au-delà des achats actuels.

Pour sa toute dernière conférence à la tête de la Fed Janet Yellen n’aura pas monté les taux, en ligne avec ses 4 ans de mandats où les anticipations de hausses de taux n’auront été que rarement réalisées (le taux directeur reste à 1,25%). Son successeur, Jerome Powell, aura la même difficile responsabilité que Mme Yellen : tempérer l’euphorie des marchés en parlant de hausse de taux sans toutefois les remonter trop vite et de manière trop importante pour ne pas casser la dynamique économique ni impacter trop fortement le change. Le gouvernement actuel semble plutôt favorable à une hausse de taux mais ne souhaite surtout pas de problème sur les marchés et pourrait donc être « contraint » par ces mêmes marchés à ne pas remonter les taux autant que prévu (3 fois cette année), notamment avec des périodes de tensions comme les dernières séances de ce mois. Il faut dire que le travail de la Banque Centrale Américaine devient compliqué avec le gouvernement actuel : il faut à la fois faire monter le Dollar pour avoir une devise « forte » et à la fois le faire baisser pour soutenir les exports…D.Trump et ses équipes enchaînent les déclarations contradictoires et confuses sur ce sujet depuis déjà plusieurs mois et le forum de Davos n’a rien arrangé là-dessus.

Etats-Unis : les premiers effets de la réforme sur les taxes apparaissent dans les résultats des grandes entreprises : Apple va rapatrier 250 milliards $ de trésorerie qui étaient jusqu’à présent stockés dans divers paradis fiscaux et s’acquitter d’une taxe de 38 milliards $ (contre 88 milliards $ avant la nouvelle loi sur les taxes qui n’impose plus qu’à 15% les bénéfices ramenés de l’étranger). Pour Berkshire Hathaway (Warren Buffet) ce serait environ 37 milliards $ d’économies et pour le géant Pharmaceutique Pfizer le résultat du quatrième trimestre est multiplié par 16, avec un gain exceptionnel de 11 milliards $ grâce à cette réforme fiscale. Globalement aucune entreprise n’a annoncé d’investissements à la hauteur de ces économies, qui passeront donc en grande partie en dividendes et rachats d’actions, comme anticipé. Cet effet fiscal est déjà « dans les cours » des actions Américaines mais c’est un soutien qui continuera d’impacter positivement les résultats de ces entreprises dans le temps. De plus, le président mentionne de nouveau l’idée d’un plan massif d’investissements en infrastructures d’au moins 1 500 milliards $, un autre cadeau colossal que le marché apprécierait beaucoup.

France : « France is back » peut-on lire dans de nombreux commentaires autour du forum de Davos, il est vrai que les chiffres actuels sont dans une dynamique positive pas observée depuis une décennie : une croissance de 1,9% en 2017 (soit plus que le Royaume-Uni par exemple), notamment grâce à un investissement au plus haut depuis 10 ans (preuve de la confiance générale). Il faut quand même relativiser l’effet « France » dans cette bonne dynamique, car l’ensemble de la Zone Euro aura fait une année exceptionnelle en 2017 avec une croissance de 2,5% soit au moins aussi bien que les US voire un petit mieux (en attendant des chiffres plus précis côté US, ils sont généralement révisés une ou deux fois avant), c’est également bien supérieur au 1,8% de croissance affiché par le Royaume-Uni en 2017 (qui est en baisse par rapport à 2016 et au plus bas depuis 5 ans, preuve que le Brexit n’aura pas vraiment fonctionné comme espéré côté Britannique). En Zone Euro, l’alignement « Taux 0 – Euro faible – Pétrole pas cher » aura bien fonctionné, pour 2018 on commence avec des taux toujours très bas mais un Euro et un baril de pétrole plus chers (l’un compense l’autre pour le moment), ce sera évidemment un paramètre à prendre en compte.

Italie : en attendant les élections du 4 mars prochain, la campagne continue avec une confusion devenue habituelle : Silvio Berlusconi, 81 ans et légalement inéligible depuis ses récentes condamnations fait tout de même campagne et aurait plus de 15% d’intentions de vote, la Ligue du Nord et son candidat Salvini (régionalistes du nord du pays) sont crédités d’un score de 14%, le sortant Matteo Renzi (centre) serait à environ 23% et le fameux mouvement 5 étoiles (parti alternatif lancé par l’humoriste Beppe Grillo) serait en tête avec un peu de moins de 30%. Tous ces partis très éloignés politiquement ne devraient pas pouvoir former une coalition solide et les élections pourraient donc ne pas donner de majorité claire, ce qui serait un problème pour mener les réformes dont le pays a besoin. L’Italie présente de nombreux problèmes sociaux et économiques qui expliquent actuellement un chômage élevé, un endettement insoutenable (encore plus élevé que la France) et une démographie en grande difficulté. La sortie de l’Euro est de moins en moins évoquée dans les discours, la classe politique étant notamment consciente des taux « offerts » par la BCE avec lesquels l’Italie continue d’augmenter sa dette sans intérêts.

Corée du Nord et du Sud : 2018 commence avec de bonnes résolutions pour les deux Corées, qui ont repris les discussions ces dernières semaines autour des J.O. d’hiver qui se tiendront en Corée du Sud dans quelques jours : non seulement 22 athlètes Nord-Coréens vont participer à cet évènement sportif mondial, mais les deux Corées vont également défiler ensemble sous un même drapeau, et une équipe « unifiée » de joueuses Nord et Sud-Coréennes de Hockey sur glace a été inscrite à la compétition.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mouvements sur les taux d’intérêts et déclarations des banques centrales sur leurs intentions
– impact des réductions de taxes aux US et discours sur le plan d’investissements en infrastructures
– change euro/dollar (l’euro semble actuellement trop élevé)
– valorisations trop élevées de certains actifs et possibles réactions négatives des marchés le jour où ils se focaliseront dessus (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier Chinois / Canadien / Californien / Australien / Scandinave)
– situation géopolitique (Corée du nord, Catalogne, Moyen-Orient, US, etc.) 

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 mars pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine