Point Mensuel Juillet 2015 – CAMPG Investissements et Economie

PG InvestLes marchés se reprennent en juillet avec l’accord Grec et malgré le problème boursier Chinois, la saison des résultats commence de manière relativement positive. Nous maintenons globalement une position prudente pour les prochains mois compte tenu des niveaux actuels de marché et de valorisation.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive €) notre avance est de 8.3%, avec une performance globale de 58.5% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/07/2015 :

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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31 juillet 2015.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 161 600 €

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Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 150 500 €

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Saison des résultats : il reste encore beaucoup de publications à venir mais pour le moment les résultats sont en ligne avec les attentes, positifs dans l’ensemble donc. Toujours solides aux US, positifs en Europe également.

US : la remontée de taux encore et toujours attendue pourrait avoir lieu en septembre (cela dépendra probablement du dossier Chinois et des tensions présentes ou non à la rentrée), notre scénario reste une première hausse en septembre puis une deuxième en décembre/début d’année 2016 même si l’actuelle tension sur le marché Chinois et les dossiers politiques (Grèce voir Espagne ensuite) en Europe pourraient repousser cette première hausse à décembre.

Zone Euro : côté activité les crédits accordés au secteur privé ont augmenté en juillet aussi, en accélération par rapport au mois dernier, signe d’une reprise économique qui se confirme, que ce soit sur les crédits à la consommation ou les crédits immobiliers.

Grèce : comme évoqué le mois dernier nous attendions toujours un accord entre la Grèce et les créanciers, il a enfin été trouvé en milieu de mois malgré de grandes difficultés et rebondissements peu compréhensibles (notamment côté Grec). Un troisième plan d’aide d’environ 80 milliards € devrait donc être finalisé rapidement afin de permettre au pays de payer ses échéances au FMI et à la BCE notamment. Le gouvernement Grec qui semblait en position de force après l’annonce d’un référendum surprise pourrait finalement être le grand perdant de ces négociations : Tsipras ayant perdu la majorité suite à la rébellion d’une partie de Syriza et la démission/mise à l’écart d’une partie de son gouvernement, le parti Grec d’extrême gauche a même annoncé la tenue d’un conseil extraordinaire en septembre pour faire le point. La BCE de son côté a prouvé qu’elle était désormais capable de faire face à des tensions de marché importantes et que son intervention devrait empêcher un scénario type 2011 de se reproduire (au moins sur le cas Grec). Côté politique les négociations ont affiché (s’il y en avait encore besoin) l’emprise Allemande sur l’Europe et l’incapacité des anciennes puissances (France et Italie en tête) à retrouver leur place.

Pendant ce temps la mise en place des réformes demandées par l’Europe continue, plusieurs volets ont déjà été votés grâce à l’opposition (seule une partie de Syriza soutient Tsipras actuellement dans ses réformes, il a donc remanié son gouvernement en écartant les opposants à l’accord). Tsipras de son côté essaie de se défendre face à d’anciens partisans qui l’accusent aujourd’hui d’avoir trahi ses promesses et signé un accord pire que l’avant-référendum, il déclare également espérer « éviter des élections anticipées » (cet automne ?). Rien n’est viable en l’état à moyen terme : ni la situation budgétaire actuelle de la Grèce, ni le fait que Tsipras gouverne sans majorité et uniquement grâce à l’opposition.

Dans l’ensemble il ne faut donc pas penser que le cas Grec est réglé, il est juste sorti de l’actualité pour un petit moment (quelques mois tout au plus), mais au-delà du cas Grec on peut voir de nombreux pays Européens ayant actuellement les mêmes problèmes (dettes et déficits trop importants), venant souvent des mêmes raisons (dépenses publiques hors de contrôle), invoquant les mêmes justifications (manque de croissance) et finissant en général de la même manière (les Grecs sont juste en avance dans le processus). On comprend mieux l’attachement fort et soudain d’une partie des pays en difficulté actuellement (comme la France par exemple) à défendre la Grèce à tout prix : l’heure venue on pourra espérer un traitement aussi favorable, et en attendant l’heure cela nous permet toujours d’avoir quelque chose à montrer du doigt en bas de classement.

Chine : nous avons souvent abordé le sujet ici, que nous considérons comme un des risques actuels les plus importants : le marché boursier Chinois a encore fait parler de lui en juillet, après une année de hausse digne d’une bulle, la correction a été forte ces dernières semaines (certes cela reste toujours très positif sur un an, mais la violence de la correction est à la mesure de la rapidité de la précédente hausse). Il faut préciser que ce sont surtout les indices locaux qui subissent cette forte baisse, les actions de type A auxquelles nous n’avons pas (ou peu) accès pour le moment (l’ouverture financière du pays est loin d’être terminée même si elle a commencé). Il est toujours intéressant de voir la manière dont les autorités Chinoises abordent les problèmes : suite à la forte chute des marchés il a été décidé…d’interdire aux gros actionnaires de vendre pendant six mois. D’autres mesures importantes et non-conventionnelles ont été appliquées afin d’enrayer cette chute rapide. Pour le moment nous ne sommes pas extrêmement inquiets quant à une poursuite déraisonnable de cette correction (qui est saine en soit, depuis le temps que nous en parlons) notamment parce que la « national team » veille (probablement la plus grande holding du monde : les autorités Chinoises, banques parapubliques, fonds de pensions et toute autre institution financière agissant sous conseil de Pékin pour stabiliser le marché).

Plusieurs raisons avaient poussé la bourse Chinoise sur des niveaux records dont nous nous inquiétions précédemment : l’ouverture rapide de millions de comptes de trading pour particuliers, avec effet de levier parfois, les mesures de soutien des autorités à l’activité ont amené des flux importants vers les marchés (l’idée de départ était de réduire le financement bancaire et « shadow banking » en favorisant l’accès au financement via les marchés obligataires et actions), les baisses de taux surprises fin 2014 et plus récemment, l’éventualité d’introduire dans les indices mondiaux MSCI les actions Chinoises de type A, de nombreuses introductions en bourse, les réserves bancaires obligatoires ont été abaissées en avril, et le contrôle des capitaux en Chine fait que cet argent n’a pas pu aller ailleurs que sur le marché domestique, etc. Toutes ces raisons ont amené le marché boursier à prendre le relais du marché immobilier : d’une bulle à une autre… on a même pu constater un léger rebond immobilier récemment (avec une partie des gigantesques profits du marché boursier qui ont été réinvestis dans la pierre). La transformation de l’économie Chinoise (et du monde avec elle vu sa taille) ne fait que commencer, ces changements amèneront probablement quelques secousses comme celle en cours.

Iran : après Cuba, encore un autre vieux dossier qui avance : en milieu de mois l’accord tant attendu sur le nucléaire a été signé (entre l’Iran et les 6 pays responsables de la négociation : US, Chine, Russie, Allemagne, France et UK). Il faudrait maintenant un blocage politique US (peu probable même si Obama n’a plus la majorité) ou de l’agence internationale de l’énergie nucléaire après ses contrôles sur place pour faire sauter cet accord. La levée des sanctions (en place depuis 12 ans) pourrait donc intervenir dès la fin de l’année. Cet accord va augmenter l’offre de pétrole disponible dans les années à venir avec le retour sur le marché mondial du pétrole Iranien, ce qui impacte déjà les cours (sur un nouveau plus bas annuel entre la conjoncture Chinoise et cet accord).

Or : l’effondrement continue, en baisse de plus de 40% depuis son plus haut de 2011. Nous n’avions pas d’investissement direct sur l’or ces 4 dernières années, et continuons d’en rester éloignés. Même s’il est clair qu’à 40% moins cher l’or semble de nouveau attractif, nous ne voyons pas de soutien pour le moment, toujours pour les mêmes raisons évoquées ces dernières années : faible inflation généralisée, pas de rendement, pas de crise économique et aspect « valeur refuge » très contestable depuis cet actuel crash (40% de baisse correspond à la pire baisse enregistrée sur les actions au plus fort de la crise 2008). Pour ceux qui seraient quand même tentés par ce type d’investissement : nous trouvons les mines d’or particulièrement sous-valorisées (bien sûr leur rebond dépendra de celui de l’or) et donc relativement plus intéressantes que l’or lui-même (plus de potentiel en cas de hausse).

A surveiller dans les prochains mois :
– le dossier Grec et les dossiers géopolitiques en cours (Ukraine, Syrie, etc.)
– la remontée de taux à venir aux US (septembre ? décembre ?) et son impact
– les niveaux de marchés et de valorisations, ainsi que la liquidité du marché obligataire
– l’amplitude de la reprise actuelle en Zone Euro (notamment sur la France et l’Italie) et les tensions éventuelles liées aux élections à venir (Espagne en décembre, nouvelles élections en Grèce ?)
– marchés immobilier et financier en Chine

Les arbitrages : nous avions déjà renforcé nos positions le mois dernier en prévision d’un accord sur le dossier Grec (voir point mensuel de juin), pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 septembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition. Vous pouvez également retrouver plus d’information sur l’économie et les marchés financiers via mon compte twitter : @Tom_Lombardi

 

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Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine

 

    1. Merci pour votre commentaire
      Pour l’or : nous savons avoir une position assez tranchée depuis 3 ans (qui nous a pour le moment donné raison), mais cela ne veut pas dire que nous ne changerons pas d’avis : comme évoqué ci-dessus nous regardons de très près les mines d’or notamment. Sur l’or malheureusement, l’effet refuge a complètement disparu et ces derniers jours nous le prouvent encore…avec la situation actuelle l’or aurait du monter de 20% et il ne bouge pas…