Point Mensuel Juillet 2018 – Crédit Agricole PG Investissements

Un mois de juillet en forte hausse pour les actions avec des indices mondiaux qui progressent tous d’environ 2% ce mois-ci, nos portefeuilles types progressent de 2,2% et atteignent un nouveau plus haut depuis lancement (à +87,3% depuis début 2012). Les publications de résultats d’entreprises auront permis aux fondamentaux de reprendre le dessus ce mois-ci.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +21,5%, avec une performance globale de +87,3% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/07/2018 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31/07/2018.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 187 400 €


(Templeton n’est pas PEAble mais est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 181 000 €


Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : il est encore trop tôt pour tirer un bilan des publications de résultats qui continueront de sortir tout au long de l’été mais pour le moment ça démarre fort aux US, notamment sur les augmentations de profits, un peu moins dans le reste du monde même si cela reste bien orienté. Parmi les publications les plus remarquées celle de Facebook, qui malgré des résultats exceptionnels (profits en hausse de 32% sur un an) aura vu le cours de son action s’effondrer de 20% à la publication de ses résultats trimestriels, des résultats qui étaient attendus encore plus exceptionnels qu’ils ne le sont déjà : cela illustre bien l’idée que de nombreuses valeurs technologiques se paient très chères et que la moindre déception sur les attentes (qui sont irréalistes pour certaines) se paie également très cher. Cette chute de 150 milliards $ de capitalisation devient tout simplement la plus forte jamais subie en un jour par une entreprise, il faut toutefois relativiser en se rappelant que cela ne représentait « que » la hausse du titre depuis le début de l’année et qu’avec de tels résultats il n’y a aucune inquiétude pour Facebook. Même chose pour les valeurs du luxe par exemple avec Kering qui a subi une forte perte à l’annonce des résultats qui sont pourtant excellents. Cela peut paraître surprenant vu de l’extérieur mais c’est souvent le cas sur des titres aussi chers : les résultats (et donc les actions) se regardent surtout en dynamique et non en absolu à court terme : ainsi Carrefour a vu son cours bondir de plus de 10% à l’annonce de résultats pourtant très mauvais (mais « moins pires » qu’attendu, donc une dynamique plus positive que prévu, donc un réajustement à la hausse), alors que dans le même temps Kering a subi une perte du même ordre avec des résultats pourtant excellents (mais moins excellents qu’attendu, et donc un réajustement vers le bas, peut-être également amplifié par un effet prise de profit après les récentes hausses). Ce phénomène s’est produit sur une partie des valeurs techno et luxe ces derniers jours, qui sont les deux secteurs les plus chers (et de loin), preuve s’il en fallait une qu’il n’y a pas de secteur/valeur miracle et que la diversification est et reste efficace. Pour Amazon (qui se paie également très cher) les profits commencent (enfin) à exister avec une profitabilité qui passe de 1% à 5% cette année, ça reste faible et ça ne permet pas de justifier la valorisation actuelle mais après deux décennies sans rentabilité cela fait office de bonne surprise.

Du côté de la « guerre commerciale » qui débute, voici un autre angle de vue pour aborder le sujet :


On voit clairement que les grandes entreprises Américaines (S&P 500, tableau de gauche) sont avant tout concentrées sur leur marché domestique (le plus grand du monde en valeur) et ne dépendent absolument pas des liens économiques avec la Zone Euro (1% du chiffre d’affaires) ou même de l’Asie (6%), alors que pour les grandes entreprises de la Zone Euro (Eurostoxx, tableau de droite) il est indispensable de commercer avec l’extérieur (le marché domestique ne représentant qu’un tiers du chiffre d’affaires et les Etats-Unis et l’Asie 30% au total). On devine dans ces tableaux que la Zone Euro a intérêt à ce que le système actuel résiste voire accélère (ce qui aussi le cas de la Chine et du Japon) alors qu’au contraire les Etats-Unis peuvent s’en servir de menace sans grand risque potentiel. Si l’on considère que les traités d’échanges internationaux reflètent en grande partie les intérêts des grandes entreprises concernées (US, Europe, Chine, Japon) alors la situation actuelle est logique : la Zone Euro, le Japon et la Chine poussent pour plus de libéralisation tandis que Washington recule, chacun en lien avec les pressions internes de leurs grandes entreprises respectives. Dans la continuité de cette idée, il y a peut-être aussi le fait que les grandes entreprises Américaines ont compris qu’elles n’entreraient pas sur le marché Chinois aussi facilement qu’espéré, et que les géants locaux comme Tencent ou Alibaba y sont déjà en position de quasi-monopole. Autre idée qui se confirme ce mois-ci : celle que le protectionnisme actuel comporte également un volet sécurité (justifié ou non selon les cas) : D.Trump a ainsi bloqué l’entrée de China Mobile aux Etats-Unis pour raisons de sécurité (écoutes éventuelles, données, etc.), China Mobile est aujourd’hui le plus grand opérateur téléphonique du monde avec 900 millions d’abonnés, il s’agit d’une entreprise publique (donc très liée au gouvernement). La Chine a répliqué en annonçant que les US devraient « arrêter la guerre froide et laisser entrer China Mobile ».

Dans le même temps, les autorités Chinoises se sont montrées raisonnables dans leur discours et ont rappelé qu’il n’était pas question d’utiliser leur devise comme une arme dans cette guerre commerciale entre les deux pays. Le gouvernement Chinois attribue la récente baisse du Yuan à des effets de marchés et non à une volonté de menacer les US par une dévaluation importante. La Chine entend bien « soutenir le multilatéralisme, la globalisation, la libéralisation des échanges et les traités internationaux de libre-échanges, et ne fera pas du Yuan un outil dans le conflit actuel », le gouverneur de la banque centrale Chinoise (PBoC) Mr Yi Gang déclarait également que la Chine allait maintenir le taux de change du Yuan sur un niveau « stable et raisonnable ». Paramètre intéressant de ce début de guerre commerciale : le ratio de valorisation entre les actions Chinoises et Américaines est au plus bas historique, c’est-à-dire que jamais les entreprises Chinoises n’auront été valorisées si faiblement comparées aux entreprises Américaines, et pour cause une éventuelle poursuite des mesures protectionnistes impacterait bien plus les exportateurs Chinois qu’Américains comme nous l’avons montré plus haut (il y a aussi le fait que les investisseurs US investissent plus en Chine que l’inverse et que le marché Chinois est plus sensible aux flux). On pourrait considérer que le marché actions Chinois est peu cher et que c’est une opportunité pour renforcer nos positions sur le sujet mais pour le moment nous préférons rester investis de manière « normale » sur les émergents avec une position globale proche de 10%, considérant qu’une surpondération de ce thème comme nous l’avions entre 2015 et 2017 (autour de 20% du portefeuille) pourrait se faire sur des valorisations encore plus attractives.

L’Union Européenne et le Japon ont signé l’accord JEFTA (débuté en 2013) qui devient le plus important jamais signé par l’UE, il devrait être mis en place en 2019 et prévoit que 85% des produits alimentaires Européens pourront être exportés au Japon sans taxe douanière, en contrepartie de quoi le Japon obtient un accès total au marché automobile Européen. On voit bien ici également l’une des idées présentées ces derniers mois : il n’existe pas de réel accord de libre-échange mais de nombreux accords spécifiques négociés et uniquement sur certains secteurs d’activité.  Les négociations à distance (souvent via le compte Twitter du président Américain) continuent entre les US et l’Europe : D.Trump se dit ouvert à l’abandon des menaces sur les imports de voitures Européennes, un sujet sur lequel l’Europe applique des taxes douanières de 10% et les US de 2,5%, la menace est de passer à 25% si l’Europe ne descend pas rapidement ses taxes, cela concerne surtout l’industrie automobile Allemande.

Le régulateur Européen vient d’infliger une amende record de 5 milliards $ à Google à cause de sa position dominante / monopolistique, cette amende est deux fois plus élevée que celle payée l’an dernier. Le système Android en cause ici (que Google offre en utilisation gratuite pour les fabricants) équipe aujourd’hui 80% des smartphones du monde, un quasi-monopole. Le dossier ne fait officiellement pas parti de l’actuelle guerre commerciale mais il est difficile de ne pas imaginer un lien. Bien que cette amende soit d’un montant record il faut rappeler que cela ne représente « que » deux semaines de chiffre d’affaires pour Alphabet (maison mère de Google) ou 5% de ses 102 milliards $ de réserves, aucune inquiétude en résumé.

Pétrole : un baril (WTI) qui est monté jusqu’à 74$ récemment (79$ pour le Brent) en partie à cause de tensions dans de nombreux pays producteurs comme l’Iran, la Lybie ou encore le Venezuela. Le prix actuel de 70$ représente en général un palier important à partir duquel le prix du pétrole impacte négativement la croissance mondiale, c’est d’ailleurs depuis que le baril a dépassé 70$ que D.Trump twitte à propos des cours pétroliers en affirmant qu’ils sont trop élevés et que l’OPEP doit augmenter sa production pour les faire baisser (en-dessous de 70$ on pourrait considérer que l’effet n’est pas trop important pour le consommateur mondial et est compensé par un certain équilibre avec les investissements et le dynamisme du secteur pétrolier, au-dessus on pourrait considérer que le transfert de richesse du consommateur vers ce secteur pétrolier devient trop important, il s’agît bien sûr d’un niveau arbitraire qui ne montre pas toute la complexité du sujet). La hausse du baril (d’abord technique après l’effondrement des cours début 2016) a logiquement suivi la hausse de l’activité mondiale (plus élevée que prévue) ainsi que la baisse du dollar l’an dernier (l’effet dollar est important sur le cours du baril et 2017 en est un exemple). Le mouvement de hausse en 2018 semble plutôt lié à des problèmes de production et de tensions à court terme (Iran, Lybie et Venezuela notamment), ainsi H.Rohani (Iran) menaçait de bloquer le détroit d’Ormuz en cas de poursuite des sanctions contre son pays (environ 30% des exportations mondiales de pétrole passe par là), ce qui ajoute à la tension même si cette éventualité paraît peu probable.

Etats-Unis : malgré les tensions géopolitiques entre le gouvernement actuel et l’ensemble de ses partenaires mondiaux sur le sujet des taxes douanières, la croissance Américaine continue d’accélérer : le PIB du second trimestre est ressorti en hausse de 4,1% selon les premières estimations (il faudra quand même attendre les 2eme et 3eme révisions de PIB aux US tant les écarts peuvent être importants). C’est un chiffre très élevé qui constituerait une victoire supplémentaire pour D.Trump, une de plus à quelques mois des élections de mi-mandat, le président Américain aura donc gagné son pari (au moins temporairement) de porter rapidement la croissance US au double de ce qu’elle était avant lui (en passant de 2% à 4%, ce qui est exceptionnel compte tenu du niveau déjà très élevé du PIB US, et d’une certaine « maturité » de cette croissance).

Royaume-Uni : un mois difficile pour les autorités Britanniques avec les démissions de Boris Johnson (ministre des affaires étrangères et figure du Brexit) et de David Davis (secrétaire d’Etat en charge du Brexit) pour protester contre la manière dont Theresa May gère le Brexit actuellement, une posture jugée trop complaisante avec l’Europe. D’autres démissions ont compliqué encore un peu plus les choses, comme celle de G.Bebb (secrétaire d’Etat à la défense) après un désaccord sur le projet de relations douanières entre le Royaume-Uni et l’Europe. Il y a au moins un point sur lequel les électeurs pro et contre Brexit se rejoignent au Royaume-Uni : la mauvaise gestion du dossier Brexit…une sortie de l’Europe qui n’est toujours pas réelle pour le moment.

Mexique : un pays de plus qui bascule politiquement dans « l’alternatif », le nouveau Président A.M. Lopez Obrador et son parti Morena (gauche nationaliste) allié avec le parti évangéliste auront eu raison des partis « traditionnels » en place jusque-là. A noter que 133 hommes politiques auront été assassinés durant la campagne, un chiffre qui illustre bien le problème de trafic de drogue / corruption / violence auquel ce pays de 130 M d’habitants fait face, un phénomène qui concerne malheureusement la majorité des pays d’Amérique latine (qui concentre environ un tiers des meurtres sur terre en n’ayant que 10% de la population mondiale).

Venezuela : une récession qui prend de l’ampleur (le FMI anticipe -18% pour le PIB en 2018), une inflation qui devient impossible à estimer (le FMI prévoit 1 000 000 % d’augmentation des prix pour cette année) et surtout une situation humanitaire qui se complique (plus d’1 million de personnes ont d’ailleurs quitté ce pays de 30 M d’habitants ces derniers mois). Une crise absolument incompréhensible pour un pays qui dispose des plus grandes réserves de pétrole prouvées du monde (autour de 300 milliards de barils).

A surveiller dans les prochaines semaines :
– situation géopolitique : protectionnisme US/Chine/Europe, dossier Corée du Nord/US, politique Italienne, politique Espagnole, crise migratoire en Europe
– mouvements sur les taux d’intérêts et déclarations des banques centrales sur leurs intentions
– change Euro/Dollar (l’Euro nous semble actuellement élevé même si le Dollar a fortement rebondi)
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier dans certaines zones)
– baril de pétrole (plutôt négatif pour la croissance mondiale si durablement supérieur à 70$)

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 3 septembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle