Point Mensuel Juin 2020 – Crédit Agricole PG Investissements

Le rebond continue pour les marchés actions mondiaux, en juin les Etats-Unis et l’Europe progressent de 2%, les émergents de 8%, le Japon reste stable et le Dollar recule d’1%, ce mois-ci nos portefeuilles types progressent de 2%.

Nous célébrons ce mois-ci notre 100ème point mensuel et tenons à vous remercier pour votre confiance tout au long de ces années avec plus de 450 000 lectures cumulées. Désormais nous publierons les points mensuels directement sur votre site www.ca-pg.fr. Pour toutes questions, nous mettons à votre disposition l’adresse suivante : animation.epargne@lefil.com

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +29.5%, avec une performance globale de +91.1% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/06/2020 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/06/2020.

Portefeuille type PEA : valorisation : 193 300 €

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 182 700 €

Répartition du portefeuille actuel :

Notre scénario & Arbitrages

Nous avions maintenu nos investissements durant la crise sanitaire (et donc durant la baisse des marchés de fin février et début mars), et avions même renforcé nos positions depuis le début avril, avec l’idée que les plans de soutien massifs des banques centrales et gouvernements ainsi qu’un certain retour à la norme post déconfinement permettraient aux marchés actions un fort rebond. Ce scénario s’est vérifié, les indices boursiers mondiaux ont fortement rebondi, environ 30%, au cours des trois derniers mois. Nous sommes désormais dans une phase où les marchés vont regarder à la fois le risque d’un second confinement mais également mesurer l’ampleur de la récession actuelle. Certains marchés ou segments de marchés semblent croire à une reprise en forme de V, avec un retour rapide au niveau économique d’avant crise sanitaire, ce n’est pas notre scénario, tout en restant optimiste nous voyons au mieux une reprise en forme de U (certes 90% de l’activité revient dès que le déconfinement commence, mais le plus dur est de récupérer les 10% restants). Si c’était une lettre, notre scénario serait une reprise en forme de « swoosh », le logo de la marque Nike.

Les profits attendus pour l’année en cours ont fortement baissé, logiquement, et ils devraient toucher leur point bas lors de la publication du second trimestre qui se déroulera tout au long de l’été, mais tout cela est déjà en grande partie dans les cours. Ce qu’il est difficile de voir actuellement, c’est la révision des profits à horizon un an : or c’est bien là-dessus que se basent de nombreux paramètres de valorisation afin de savoir si les marchés sont chers ou non. Notre stratégie d’investissement implique de systématiquement réduire nos positions quand la barre du ratio PE forward (le prix actuel et les profits à venir) passe 20 pour les Etats-Unis, puis de continuer à réduire petit à petit si le ratio continue de monter (c’est-à-dire si les prix montent et/ou si les profits baissent), nous l’avions fait en 2015 et de nouveau dans la deuxième partie de l’année 2019 (septembre et décembre). Avec ce fort rebond de marché depuis trois mois le PER anticipé pour les Etats-Unis est repassé au-dessus de 20, c’est certes un niveau proche de la moyenne historique, et c’est même moins cher si l’on ajuste ce chiffre du rendement des autres actifs (notamment du dix ans Américain), néanmoins cela suppose que l’effet rattrapage est en grande partie terminé et que le marché actuel n’est pas fortement décoté comme il l’était en mars et en avril. Historiquement le ratio PE n’est pas tout seul un indicateur avancé d’une baisse à venir des marchés, nous n’avons donc pas de convictions à court terme sur une éventuelle baisse ou sur une poursuite du rebond des actions, nous nous attachons simplement à réduire nos positions quand elles sont bien valorisées.

Compte tenu des valorisations actuelles nous allons donc réduire notre investissement en passant de 90% à 80% d’actions environ, ce qui reste bien sûr dynamique. Nous retrouvons ainsi la position que nous avions entre décembre et février. Comme toujours il n’y a pas d’urgence pour réaliser ces arbitrages.

PEA : allègement sur 3 zones géographiques (Etats-Unis, Europe, Emergents) : Amundi ETF USA -2% (on passe de 19% à 17% du portefeuille), Amundi ETF Emerging mkts -2% (on passe de 12% à 10%), CPR Euro High Dividend -6,5% (vente de la totalité), ces montants viennent s’ajouter au solde espèces déjà existant et qui représentera environ 20% désormais. Globalement le portefeuille passe donc de 90% à 80% d’actions.

Assurance-vie : allègement des 3 zones géographiques également, Amundi USA ISR -3% (on passe de 13% à 10% du portefeuille), Renaissance Europe -3% (on passe de 12% à 9%), Templeton Frontier -3% (vente de la totalité), ces 9% seront ensuite placés sur un fonds monétaire d’attente (BFT Statère FR0010891697), cela vient s’ajouter aux 8% d’immobilier (Prem’Opcimmo) et à la poche de liquidité et d’or contenue dans le fonds First Eagle, pour porter le total de ces investissements défensifs à environ 20% du portefeuille assurance-vie. Globalement le portefeuille passe donc de 90% à 80% d’actions.

Point marchés 

Le rebond continue pour les marchés actions mondiaux, en juin les Etats-Unis et l’Europe progressent de 2%, les émergents de 8%, le Japon reste stable et le Dollar recule d’1%, ce mois-ci nos portefeuilles types progressent de 2%.

Depuis le début de la phase de déconfinement les marchés regardent le risque d’une seconde vague de contamination et de la possibilité de reconfiner de nouveau, cela reste le risque principal actuellement. Ils alternent donc d’une semaine à l’autre entre inquiétude et optimisme au gré des nouvelles sur le front sanitaire. Actuellement les zones fortement touchées par la première vague et ayant confiner la population de manière importante (une partie de l’Asie, l’Europe et le nord-est des Etats-Unis) n’ont pas de signe de seconde vague à ce stade, ce qui est rassurant. En revanche d’autres zones sont encore dans la première vague, c’est le cas de l’épicentre actuel de l’épidémie au sud et à l’ouest des Etats-Unis ainsi qu’en Amérique du sud (aux Etats-Unis, 3 des 4 principaux Etats sont actuellement en train de renforcer les mesures de confinement, la Floride, le Texas et la Californie). A suivre.

Les marchés progressent et reculent donc au rythme de la situation sanitaire (tout du moins de la perception de la situation sanitaire), mais au-delà du mouvement global se pose aussi la question à l’intérieur du marché action entre les valeurs de croissance et les valeurs décotées. En effet, durant la première phase du rebond (les premiers 20%), les investisseurs s’étaient concentrés sur des valeurs de qualité / croissance ou défensives (techno, luxe, santé, etc.), des entreprises peu endettées, solides et à forte visibilité comme les géants Américains du secteur de la technologie (Gafam). Depuis la mi-mai, les investisseurs semblent de nouveau regarder des secteurs plus décotés. Avec la reprise progressive de l’économie, ils se tournent vers des valeurs plus cycliques, souvent décotées, de moindre qualité et présentant donc plus d’incertitude dans cette période déjà complexe, comme par exemple le transport, l’aéronautique, l’automobile, l’hôtellerie, l’énergie, les financières et une partie des industrielles. Il nous semble clair que pour revoir leurs plus hauts historiques (atteints fin février cette année) les indices Européens ont besoin de ces secteurs cycliques et décotés (alors qu’aux Etats-Unis par exemple le retour au plus haut historique s’est fait principalement via les valeurs de croissance, même si l’écart entre ces deux thèmes est moins marqué là-bas). Par expérience nous savons qu’un rebond vers ce style de gestion décoté peut être de très courte durée (donc fréquemment raté si pas déjà investi avant) et que les deux styles ne s’opposent pas toujours l’un à l’autre. D’ailleurs actuellement, si l’on a constaté un regain d’intérêt de la part des investisseurs pour les valeurs décotées (qui ont mieux progressé en juin par exemple), il est trop tôt pour parler de rotation sectorielle car ces derniers n’ont pas choisi d’arbitrer les valeurs croissance au profit des valeurs décotées, mais plutôt d’équilibrer leurs portefeuilles en réallouant une petite partie de leurs actions croissance qui ont un fort biais qualité vers les titres décotés plus cycliques. Nos portefeuilles contiennent déjà des fonds avec un biais cyclique/décoté (Amundi Pioneer Euroland, ETF Japon et ETF Emergents dans le PEA, Robeco US, Japan Target, Emerging Focus et First Eagle dans l’assurance-vie).

Banque Centrale Européenne

Malgré une politique monétaire déjà très importante (et efficace), la BCE vient d’en rajouter encore ce mois-ci. Ainsi son programme d’urgence pandémique s’est intensifié en passant de 34 à 42 milliards € de rachats d’actifs par semaine et s’est prolongé jusqu’à la mi-2021 et non plus à la fin de l’année. Cette décision est au passage un véritable pied de nez au jugement du 5 mai de la Cour constitutionnelle Allemande de Karlsruhe qui avait sommé la BCE de justifier dans les trois mois sa politique monétaire non conventionnelle. Christine Lagarde a rappelé que la BCE n’était soumise qu’à la tutelle de la Cour de justice Européenne et qu’elle était indépendante, montrant ainsi la détermination de la BCE dans la crise actuelle (ce dont personne ne doutait). De plus, la BCE a mis en place un nouveau TLTRO (en rouge sur le graphique ci-dessous) fortement sollicité par les banques commerciales Européennes, à hauteur de 1 300 milliards €, soit plus de deux fois le montant du LTRO de 2012 (en bleu sur le graphique). Pour rappel ce programme met à disposition des liquidités aux banques commerciales qui s’engagent à prêter aux entreprises et aux ménages, facteur indispensable pour l’activité économique, encore plus dans cette période de relance. Le graphique ci-dessous permet d’illustrer le rôle considérable de la BCE ces derniers mois : on constate que si son bilan est resté stable jusqu’en 2009, il a augmenté de 3 000 milliards € entre 2009 et 2019, puis à nouveau de 3 000 milliards € de plus pour ces seuls 3 derniers mois :

Europe 

Trop souvent par le passé la réponse à une crise économique majeure n’était assurée que par la Banque Centrale Européenne. Cette fois la BCE n’est plus seule puisque les Etats membres ont fait preuve de cohésion et de pragmatisme. L’initiative Franco-Allemande d’un fonds destiné aux pays Européens les plus touchés par la crise marque un tournant. Cette convergence de vues retrouvée entre Paris et Berlin était une première étape avant le plan global de 750 milliards € de la Commission Européenne qui sera à l’ordre du jour du sommet Européen des 17 et 18 juillet prochains. Il faudra convaincre le club des « frugaux » (Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark) qui jusqu’ici s’est opposé à toute idée de solidarité Européenne sur les questions de dette, mais qui se retrouve affaibli par ce changement de position côté Allemand. Ce plan est destiné à mettre en place une mutualisation de la dette entre les Etats membres, dette qui sera remboursée en fonction du poids économique de chaque pays et non des aides reçues (la France et surtout l’Allemagne rembourseront plus qu’elles ne recevront). Nous pensons que les Etats membres parviendront à un accord car aucun ne voudra endosser la responsabilité politique de s’opposer à un plan de relance massif destiné à faire face à une crise exceptionnelle. Pour la première fois, l’Europe se doterait d’une politique budgétaire complémentaire de la politique monétaire de la BCE, et cela serait un pas historique dans la construction Européenne.

Etats-Unis  

Certaines statistiques surprennent positivement : les ventes au détail ont bondi de +18 % en mai (soit le double des attentes et le chiffre le plus haut jamais enregistré), le marché immobilier affiche également des progressions inattendues en terme de volume, enfin les chiffres de l’emploi avec 2,5 millions de créations de postes alors qu’on attendait plutôt 7,5 millions de destructions. Ces indicateurs contribuent au sentiment de reprise en V du marché action américain. Selon nous c’est surtout la matérialisation de l’effet rebond technique post confinement, et même si l’économie Américaine devrait être celle qui se sortira le plus rapidement de la crise actuelle (après la Chine) nous ne croyons pas à un rebond en V pour autant… C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé la Fed après une hausse importante des nouveaux cas de contamination dans au moins la moitié des Etats du pays.

Allemagne / Wirecard

Cette fintech Allemande (6 000 salariés, 26 filiales dans le monde) spécialisée dans les paiements digitaux vient d’être placée en dépôt de bilan pour fraude comptable après la révélation par le cabinet d’audit Ernst & Young du caractère fictif de l’essentiel de la trésorerie du groupe et la découverte d’un trou de près de 2 milliards d’euros (un quart de son bilan). Le cours a dévissé de plus de 99% depuis le début de l’année. C’est la fin d’une success-story portée par l’explosion du e-commerce dans un secteur encore peu surveillé par les autorités puisque, les deux directives Européennes qui encadrent cette activité ne prévoient rien sur les fraudes comptables. Les retombées de l’affaire n’ont sans doute pas fini d’éclabousser la place financière de Francfort étant donné le lobbying dont a bénéficié la fintech Wirecard. Alertée à plusieurs reprises sur de possibles malversations comptables, l’autorité fédérale de supervision financière (la BaFin) avait décidé de ne pas enquêter sur les soupçons qui pesaient sur Wirecard. Auditionné par la commission des finances du Bundestag, son président Felix Hufeld a dû reconnaître que la BaFin n’avait pas été à la hauteur de sa mission. L’image de marque Allemande risque encore d’être impactée avec ce nouveau scandale, après les déboires de la Deutsche Bank et de la Commerzbank, les dossiers d’Hypo Real Estate dans l’immobilier, de Bayer dans la chimie (et depuis de sa filiale Monsanto), ou encore le retentissant scandale du dieselgate avec Volkswagen.  

Comme nous le rappelons souvent, l’exemple de cette fintech met le doigt sur l’importance de la solidité des fondamentaux, après WeWork l’été dernier et Wirecard maintenant, nous continuons à penser que d’autres pourraient suivre (nous ne comprenons toujours pas les valorisations de sociétés comme Tesla ou Uber par exemple). Quoiqu’il en soit nos portefeuilles types ne sont pas impactés par ce genre de problème, c’est l’avantage de la gestion par fonds : aucune entreprise ne peut seule impacter fortement le portefeuille (nous investissons au travers des fonds actuels dans plusieurs milliers d’entreprises).

A surveiller dans les prochaines semaines :

– évolution de la pandémie dans le monde : poursuite du déconfinement en Europe et aux Etats-Unis, situation dans le sud et l’ouest des Etats-Unis (première vague encore en cours)

– données économiques (résultats du second trimestre pour les entreprises notamment)

– tensions politiques entre les Etats-Unis et la Chine (et l’Europe ?), élections Américaines

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Le 6 juillet à 18h30 https://attendee.gotowebinar.com/register/5429971565647514638

Le 3 septembre à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/8303750814154570251

Désormais nous publierons les points mensuels directement sur votre site www.ca-pg.fr. Pour toutes questions, nous mettons à votre disposition l’adresse suivante : animation.epargne@lefil.com

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le 4 août pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.

Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital

L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :

– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)

– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie 

– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré

– Communication/suivi : mail newsletter et article mensuel sur le site www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle