Point Mensuel Mai 2015 – CAMPG Investissements et Economie

PG InvestVolatilité élevée sur les marchés en mai, comme en avril, une grande partie des marchés plafonne sur des niveaux élevés. Nous voyons également un retour en arrière sur les 3 grands mouvements de début d’année : baisse de l’euro, du pétrole et des taux. Il faudra maintenant voir si nous avons touché des points bas sur ces sujets ou si ces retournements ne sont que temporaires (notamment parce que la reprise actuelle en Zone Euro est quasiment uniquement basée là-dessus). Nous maintenons une position prudente pour les prochains mois compte tenu des niveaux actuels de marché et de valorisation.

Par rapport à nos concurrents
(catégorie Quantalys allocation Monde offensive €) notre avance est de +8.4%, avec une performance globale de +59.9% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 29/05/2015 :
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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 29 mai 2015.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 162 700 € PEACTOmai15
Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 152 100 € ASSVIEmai15
Nous avions fait le point sur les niveaux de marchés et valorisations, vous retrouverez ici le lien vers l’article « Marchés : de Bull à Bulle ? »
Nous avions également abordé le sujet humanitaire, vous retrouverez ici le lien vers l’article «Humanitaire, dons et associations ». Toute l’actualité des associations sur notre blog ici et des Tookets ici. 

Environnement : nous avons eu le plaisir de recevoir Jean Jouzel la semaine dernière pour évoquer les questions environnementales, vous retrouverez ici le lien vers la retransmission de la conférence sur YouTube.
De son côté, le FMI continue de déplorer l’explosion des subventions publiques aux prix énergétiques à travers le monde (qui devrait dépasser 5 000 milliards $ cette année, soit deux fois plus qu’il y a deux ans. La Chine est responsable de la moitié de ce chiffre). L’idée est simple : pour accélérer la mise en place des énergies renouvelables il ne faut plus que l’énergie « fossile » et non-renouvelable soit subventionnée, exemple : le tarif de l’électricité issue du nucléaire doit être vendue au moins à son coût réel de production, ce qui inclut aussi le coût du démantèlement de la centrale. Cela rendrait l’énergie renouvelable bien plus attractive et cela libèrerait des fonds publics colossaux (les 5 000 milliards $ en question, soit plus que le budget mondial des dépenses publiques de santé) qui pourraient être investis eux-mêmes en partie dans l’environnement, accélérant ainsi le mouvement en cours.
En attendant les choses continuent d’avancer sur le sujet environnemental : un projet fantastique est en cours depuis le mois de mars : les Suisses Piccard et Borschberg (Solar Impulse) ont démarré un tour du monde avec un avion à énergie solaire, qui peut voler en permanence sans le moindre carburant et donc sans aucune émission polluante, vous pouvez suivre cette aventure incroyable sur leur site ici (actuellement bloqués au Japon par le mauvais temps). En 2011, c’est également un projet Suisse qui avait réalisé le premier tour du monde en bateau entièrement à énergie solaire (planet solar, lien ici), là aussi les perspectives ouvertes par cet exploit semblent très nombreuses. 

US : le premier trimestre était donc bien mauvais (les dernières estimations, toujours très variables aux US, sortent à -0,7% pour le premier trimestre, un chiffre médiocre pour cette économie) et l’effondrement du Schiste US n’y est pas pour rien (ici le lien Bloomberg du plus grand boom pétrolier US puis de son effondrement en à peine quelques semaines). Nous ne pensons pas que les US puissent entrer en récession mais la croissance du second trimestre a intérêt à être solide. Bonne tenue de la consommation au premier trimestre, c’est surtout les exports (hausse du dollar) l’investissement en structure et une moindre création de stocks qui ont amené ce mauvais chiffre de croissance. Comme nous le craignons une partie de l’argent économisé par les ménages Américains sur le pétrole pas cher n’a pas été consommé mais épargné (nous ne retenons pas l’hypothèse du mauvais temps comme fondamentale pour expliquer ce mauvais trimestre), de plus le baril a repris presque 50% depuis ses plus bas et ne sera donc pas un soutien aussi puissant qu’espéré pour la croissance 2015. Chose positive pour l’économie US la forte hausse du dollar semble s’être stabilisée (encore que les Etats-Unis sont avant tout un marché intérieur colossal, plus qu’un pays exportateur). La déflation se généralise et touche désormais l’ensemble des zones du monde (d’ailleurs les US aussi seraient entrés en déflation ce trimestre sur les prix « cœur » s’ils calculaient les prix comme nous) cela semble être le mouvement de fond le plus puissant ces dernières années, et même si la récente hausse du pétrole va donner un peu d’air aux chiffres d’inflation à venir, le mouvement devrait continuer.
Mme Yellen continue à jouer la montre et vraisemblablement la hausse ne sera pas pour juin mais pour septembre, toutes les précautions seront probablement prises pour cette annonce (qui devrait donc être l’objet d’une conférence…celle de septembre ?). L’une des raisons pour lesquelles nous pensons que la Fed aurait déjà dû remonter ses taux est qu’en cas de nouveau problème économique mondial (type 2008) les banques centrales n’auraient plus aucune marge de manœuvre (ni sur les taux, ni sur d’éventuelles injections supplémentaires vu la taille de leur bilans, et leur crédibilité auprès des marchés serait proche de 0). De manière générale les interventions sont complexes à mettre en place, mais encore plus complexes à défaire, l’exemple désastreux de l’arrêt du programme Suisse en janvier en est un triste exemple.

Zone Euro : après avoir vu les taux Allemands (et de l’ensemble de la Zone) remonter de manière inquiétante ce mois-ci, la BCE s’est empressée d’intervenir publiquement pour dire que les achats (déjà gigantesques à 60 milliards € par mois) pourraient être augmentés ces deux prochains mois en prévision d’un été sans grande activité. Traduction : après deux mois de lancement le programme de la BCE (qui doit durer deux ans) a déjà besoin de promesses supplémentaires…cela semble mal joué de la part de la BCE : ça décrédibilise son action (peut-être qu’il aurait mieux valu dire « les taux remontent parce que les perspectives de croissance et d’inflation s’améliorent grâce à notre action récente », ce qui en plus est en grande partie vrai) et que va-t-elle pouvoir dire maintenant si des tensions plus importantes apparaissent ?
Côté économie les bonnes nouvelles du premier trimestre se confirment pour le moment, d’après l’institut Markit la Zone Euro devrait enregistrer son meilleur trimestre en matière de croissance et d’emploi depuis 8 ans (hors France et Allemagne). Il faudra surveiller de très près les niveaux des trois raisons de l’actuelle croissance Européenne (qui sont donc tous repartis dans le mauvais sens ce mois-ci) : taux, euro et pétrole.

Grèce : le feuilleton continue, chacun y va de sa déclaration pour arriver à une entente qui convienne à tout le monde (au moins qui serait supportable pour tout le monde), la Grèce menace donc chaque semaine de ne pas payer et/ou de ne pas respecter ses engagements, l’Europe menace de couper le robinet, et cela durera probablement jusqu’au dernier soir avant le prochain gros paiement (FMI ce mois-ci), ensuite on repartira pour des négociations pour le paiement suivant, etc. Le problème pour le gouvernement Grec est que le temps joue contre lui : les Grecs augmentent leurs retraits au guichet des banques, par peur d’un défaut de leur pays et par ricochet de leurs banques (qui se retrouveraient sans ressources sur les marchés), en avril par exemple environ 5 milliards € ont été retirés, contre 2 en mars…le mois de mai semble pire (janvier et février restent toutefois bien au-dessus avec 12 et 7 milliards € de retraits). Jusqu’ici ça tient car la BCE prête de l’argent en urgence via un mécanisme prévu pour ça, mais ce mois-ci elle n’a pas augmenté le plafond de ce dernier et met donc la pression sur le gouvernement Grec.

Portugal : le pays rentre dans la nouvelle « norme » en Zone Euro en empruntant lui aussi à taux négatifs…certes pour le moment sur une maturité très courte, mais on peut sérieusement se poser la question d’une bulle obligataire avec ce genre d’exemple (prix éloignés des fondamentaux et de tout autre rationalité que celle de suivre la banque centrale). Attention.

Chine : nous tentons toujours d’y voir un peu plus clair sur la réalité de la situation Chinoise actuellement (compliqué, tant les chiffres sont difficiles à interpréter, en supposant qu’on les considère comme exacts en plus). En attendant la banque centrale a encore baissé ses taux directeurs pour soutenir son économie et faire face à une menace déflationniste (eux aussi), c’est la troisième baisse depuis novembre. L’immobilier continue sa chute. Les indices d’activités PMI sont toujours faibles et ne décollent pas. Seule la demande intérieure semble s’améliorer légèrement (c’est le plus gros potentiel à venir du pays, celui sur lequel nous misons). Le marché boursier local consolide récemment après un an de hausse spectaculaire.

Japon : surprise positive sur le PIB au premier trimestre à 2,4% contre 1,6% attendu, là aussi les effets positifs de l’intervention massive de la banque du Japon commencent à se voir, même s’ils restent faibles comparés aux moyens mis en œuvre, et n’ont à ce rythme aucune chance d’inverser la spirale d’endettement, de manque de croissance et d’inflation. La BoJ donne d’ailleurs dans ses derniers communiqués une perspective d’inflation de 0% et de croissance faible.

A surveiller dans les prochains mois :
– la remontée de taux à venir aux US (septembre ?) et son impact sur les taux mondiaux (risque d’abord US et émergents mais attention à l’impact en Zone Euro aussi)
– le dossier Grec et les dossiers géopolitiques en cours (Ukraine, Syrie, etc.)
– les niveaux de marchés et de valorisations, ainsi que la liquidité du marché obligataire
– l’amplitude de la reprise actuelle en Zone Euro (notamment sur la France et l’Italie) et la durée dans le temps du scénario très favorable de début d’année (euro faible/baril faible/taux 0)
– marchés immobilier et financier en Chine
– niveaux et volatilité du baril de pétrole

Les arbitrages : Pas de mouvement ce mois-ci, nous avions déjà pris des profits et adopté une position défensive récemment. Cette allocation prudente nous permettra de nous réexposer lors de prochaines éventuelles corrections de marchés. Nous maintenons plus que jamais de la prudence dans les portefeuilles compte tenu des niveaux de marchés actuels.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 juillet pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition. Vous pouvez également retrouver plus d’information sur l’économie et les marchés financiers via mon compte twitter : @Tom_Lombardi

 

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Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine