Point Mensuel Mai 2018 – Crédit Agricole PG Investissements

Un mois de mai en hausse durant les deux premiers tiers du mois puis un retour de volatilité en fin de mois à cause d’une actualité chargée avec notamment l’Italie et l’Espagne qui changent de gouvernement, des marchés actions qui finissent globalement en baisse ce mois-ci (même si la dispersion était élevée entre les différents pays et secteurs), cependant nos portefeuilles types progressent de 1.3% principalement grâce à une forte hausse du Dollar.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +20,0%, avec une performance globale de +84,6% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/05/2018 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31/05/2018.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 184 800 €

 (Templeton n’est pas PEAble mais est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 178 400 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : un marché en hausse durant les deux premiers tiers du mois, avant le problème politique Italien fin mai le Cac 40 a atteint un nouveau plus haut historique à 14 642 points avec dividendes (5 657 pts hors dividendes), nous ferons un point plus détaillé sur la situation Italienne ci-dessous. Des marchés actions qui finissent globalement en baisse ce mois-ci (même si la dispersion était élevée entre les différents pays et secteurs), cependant nos portefeuilles types progressent de 1.3% principalement grâce à une forte hausse du Dollar. Les marchés (notamment obligataires) ne réagissent pas plus que ça pour le moment aux deux grands changements qui viennent d’avoir lieu aujourd’hui en Espagne et en Italie, considérant peut-être (à tort ou à raison) que ces élus n’ont plus beaucoup d’influence sur leur pays et que l’Europe continuera de donner la direction à suivre.

Devise : le change Euro/Dollar est à notre avantage ce mois-ci, comme le mois précédent la devise Américaine monte fortement face à l’Euro, bien aidée par les problèmes Italiens et Espagnols mais pas seulement, comme nous l’évoquions le mois dernier (lien ici), c’est une bonne nouvelle pour nos investissements puisque nous avons des positions importantes en Dollar. Ci-dessous le graphique du cours Euro/Dollar depuis le début de l’année, on y voit la forte hausse récente du Dollar qui est passé de 1,25 à 1,15 en à peine quelques semaines, et nous sommes désormais plus proches de notre objectif de moyen terme à 1,10 :

Italie : étant à court de mot pour illustrer la politique Italienne voici plutôt quelques chiffres ci-dessous, avec le tableau des différents gouvernements depuis la création de la République Italienne en 1946, ainsi que la durée de vie de chaque gouvernement (en nombre de jours), le résultat est spectaculaire avec 64 gouvernements en 72 ans :

Si la durée moyenne d’un gouvernement est donc très faible, avec à peine 409 jours, on peut par contre noter que la plupart des premiers ministres (sorte d’équivalent Italien de notre Président) ont été élu plusieurs fois : De Gasperi 8 fois, Andreotti 7, Fanfani 6, Berlusconi 4, etc. Un autre fait pour illustrer la stabilité politique Italienne : la personne dont le gouvernement a eu la durée de vie la plus longue depuis 1946 est Silvio Berlusconi, lors de son second mandat (il est également à la deuxième place de ce classement avec son quatrième mandat), c’est également lui qui a passé le plus de temps au pouvoir avec plus de 3 000 jours cumulés. Du côté des records d’instabilité on notera les gouvernements Pella (22 jours) ou De Gasperi lors de son 8eme mandat (32 jours), encore plus impressionnant : l’Italie a eu 3 gouvernements différents en une seule année durant les années suivantes : 1947, 1953, 1954, 1960, 1963, 1968, 1970, 1972, 1974, 1976, 1979, 1980, 1982, 1987, si bien que la période actuelle aurait presque l’air stable en comparaison… Une République Italienne qui est née en juin 1946, où un référendum d’une participation record (89%, probablement jamais égalé depuis) avait acté la fin de la monarchie, il semble donc possible que les résultats en matière de politique n’aient pas vraiment été à la hauteur des attentes, ce qui explique aussi la situation actuelle.

Les « Eurosceptiques » sont nombreux en Italie (et actuellement au pouvoir avec la Ligue) alors que le gain financier pour le pays est clair : même avec le léger rebond actuel sur les taux Italiens on est toujours très loin des 7% auxquels empruntait l’Etat Italien en 2012. Voici sur le graphique ci-dessous (en bleu ciel) le taux d’intérêt moyen toutes maturités que paie l’Etat Italien pour financer sa dette colossale, on voit clairement l’impact du passage à la Zone Euro à la fin des années 90 mais aussi des différentes aides de la BCE depuis 2012 :

Fin mai les taux Italiens ont monté, mais sur des niveaux qui restent toujours trop bas selon nous, il faut aussi considérer l’impact fort de la BCE sur ces taux : si l’on considère la colossale et irremboursable dette Italienne (plus de 120% du PIB) ainsi que la situation économique et politique du pays (qui reste la troisième puissance de la Zone Euro malgré tout), c’est plutôt autour de 6-8% que devrait se trouver ce taux et non pas entre 2 et 3% comme c’est le cas aujourd’hui, nous sommes donc toujours bien dans un marché administré par la banque centrale, sans prise en compte réelle du risque potentiel. Nous ne sommes pas inquiets pour la dette Italienne à court terme (merci la BCE) mais à moyen/long terme cela semble insoutenable, comme pour de nombreux autres pays.

Le point sur la situation actuelle : après les élections de mars dernier, les vainqueurs La Ligue et le Mouvement 5 Etoiles (M5S), deux partis « alternatifs », avaient fini par trouver un accord pour présenter Giuseppe Conte comme premier ministre, mais celui-ci a échoué dans la présentation de son gouvernement qui a été refusé par le Président Italien. Un Président dont le poste n’est habituellement qu’honorifique sauf dans les cas comme celui-ci s’il estime qu’il existe un danger pour le pays, ce qui a été le cas avec la proposition d’avoir Paolo Savona à l’économie, le Président Mattarella a justifié son refus en invoquant un risque réel pour les épargnants Italiens et des potentielles tensions de marchés (ce qui ne fera au passage que donner raison aux électeurs de ces deux partis qui pensent que les partis traditionnels ne font que répliquer la volonté de Bruxelles/Berlin).

Le Président a ensuite chargé Carlo Cottarelli (un ancien cadre du FMI, encore un argument pour les partis alternatifs) de former un nouveau gouvernement, tâche difficile puisque l’accord de la majorité du parlement est nécessaire. Le risque politique craint par les marchés est celui de nouvelles élections dans lesquelles La Ligue réaliserait un score plus important (c’est le parti le plus Eurosceptique, qui pourrait remettre en cause la participation de l’Italie à l’Euro et à l’Europe, mais également avancer dans la séparation entre l’Italie du nord et du sud). Il est clair que l’entente entre les deux mouvements aura pour le moment plus pénalisé le parti de Di Maio (M5S) que celui de Salvini (Ligue) car l’électorat du M5S se compose en partie d’anciens électeurs de gauche déçus des partis classiques mais choqués de l’entente entre ce nouveau parti et la droite nationaliste (régionaliste dans ce cas précis), il est donc probable que le M5S tente d’éviter de nouvelles élections.

Nouveau rebondissement jeudi 31 mai (hier) puisque Giuseppe Conte (qui avait abandonné la semaine dernière après que le Président ait refusé sa proposition de gouvernement) est revenu et a présenté une nouvelle liste au Président qui l’a cette fois validée. Le gouvernement est donc désormais aux mains des partis alternatifs la Ligue et M5S, Giuseppe Conte devient le nouveau chef de ce 65eme gouvernement depuis 1946, Di Maio (M5S) devient ministre du développement économique et Salvini (la Ligue) devient ministre de l’intérieur, le ministre de l’économie et des finances passe à Giovanni Tria, un économiste pro-Euro qui convient surtout à l’Europe et aux marchés qui ont visiblement apprécié ce dénouement. De notre côté nous continuons à penser que l’Italie reste le problème majeur de l’Europe actuellement et que ce dénouement n’améliore rien fondamentalement, la situation va rester compliquée, à suivre.

Espagne : grand changement également en Espagne aujourd’hui où Mariano Rajoy (Parti Populaire) vient de subir une motion de censure, la première de l’histoire de la démocratie Espagnole à aboutir (après les échecs de 1980, 1987, 2017). L’affaire « Gürtel » implique 29 cadres du PP, plusieurs de ces cadres dont le trésorier ont été condamnés à des peines de prison pour cette affaire de corruption mise en place entre 1999 et 2005. Une motion de censure avait donc été lancée en fin de mois contre le chef actuel du gouvernement (Rajoy), comme le veut la loi Espagnole il faut qu’un autre candidat recueille la majorité des voix des députés, c’est désormais le cas pour Pedro Sanchez (PSOE, parti socialiste Espagnol) qui a pu compter sur de nombreux soutiens (180 sur 350 députés) et notamment celui des nationalistes Basques ou encore des indépendantistes Catalans. Pedro Sanchez remplace donc Mariano Rajoy comme chef du gouvernement Espagnol et aura fort à faire pour mettre en place un gouvernement capable d’agir malgré des soutiens très différents. Des élections anticipées sont possibles mais peu probables dans les prochaines semaines, sinon le nouveau dirigeant Espagnol pourrait rester en place jusqu’aux prochaines élections prévues en 2020.

Au-delà de ce scandale politique en Espagne, c’est encore une fois l’ensemble des institutions politiques en Europe qui tremble, le risque politique continue d’augmenter et même si le couple Franco-Allemand semble solide aujourd’hui le reste se fragilise, de l’Italie à l’Espagne en passant par le Royaume-Uni. Les années post-crise 2008 ont été axées principalement sur la relance économique Européenne, mais cet objectif est désormais accompli et le principal danger depuis plusieurs années déjà est et reste le risque politique avec des pays Européens divisés en interne sur les questions sociales, d’où l’arrivée au pouvoir de nombreux partis alternatifs. Cela reste notre principale inquiétude sur l’Europe avec l’endettement public, que la Banque Centrale compense pour le moment mais pour combien de temps encore ?

Etats-Unis : en attendant de savoir si, où et quand la réunion avec le dirigeant Nord-Coréen aura lieu, le gouvernement actuel continue son action de dérèglementation générale en adoptant un texte qui supprime certains aspects de la fameuse loi Dodd-Franck (crée en 2010 en réaction à la crise des subprimes), cela permettra aux banques de petite et moyenne taille d’être moins contraintes en matière de crédits, de règlementation/surveillance et de fonds propres. Dans le même temps des taxes sur l’aluminium ont été annoncées envers l’Union Européenne, le Canada et le Mexique à hauteur de 25%, là aussi le mouvement de protectionnisme entrepris par D.Trump continue. L’activité locale ne semble pas être impactée négativement par ces changements pour le moment, notamment dans les principaux Etats, par exemple si la Californie était un pays ce serait désormais la cinquième puissance économique mondiale, respectivement devant le Royaume–Uni, l’Inde et la France, impressionnant pour un Etat de « seulement » 40 millions d’habitants.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mouvements sur les taux d’intérêts et déclarations des banques centrales sur leurs intentions
– discours sur le plan d’investissements en infrastructures aux Etats-Unis
– change Euro/Dollar (l’Euro nous semble actuellement élevé même si le Dollar a fortement rebondi)
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier Chinois / Canadien / Californien / Australien / Scandinave)
– situation géopolitique : réunion Corée du Nord/US, politique Italienne, politique Espagnole, protectionnisme US/Chine

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 3 juillet pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle

    1. Bonjour
      Merci pour votre message
      Nous avions abordé le sujet il y a quelques mois : le fonds Amundi Actions PME faisait partie de nos conseils, nous conseillons à ceux qui l’ont déjà de le garder mais ne conseillons aucun nouvel investissement sur ce marché devenu trop étroit (peu liquide et très sensible aux flux)
      Nous avons remplacer ce thème par les petites capitalisations (plus liquide et moins sensible aux flux) via le fonds Amundi Euroland Small cap
      N’hésitez pas à nous contacter directement pour aborder le sujet plus en détail
      Bien Cordialement
      Thomas Lombardi