Point Mensuel Mars 2017 – CAMPG Investissements et Economie

Encore un mois de hausse conséquente sur les marchés actions, principalement en Europe dans les pays émergents, où nous voyons se dessiner le rattrapage attendu sur les actions US. Nos portefeuilles progressent de plus de 2% ce mois-ci pour toucher un nouveau plus haut à 70% de hausse depuis le lancement il y a 5 ans.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +15,6%, avec une performance globale de +70,6% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/03/2017 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31/03/2017.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 173 400 €

(Templeton n’est pas PEAble mais il est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 162 400 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : encore un bon mois sur les marchés financiers donc, principalement sur les émergents et la Zone Euro (le rattrapage par rapport aux US que nous évoquions depuis plusieurs mois), si les marchés ont fortement monté depuis plusieurs mois il est intéressant de voir que cela s’est fait en même temps que l’amélioration des fondamentaux. L’effet Trump ou autres raisons évoquées ne sont donc pas les raisons majeures de la hausse de plus de 10% que nous avons connu depuis novembre, c’est bien l’amélioration des fondamentaux économiques qui est à l’origine de cette hausse, comme on peut le voir ci-dessous : en bleu ciel les marchés actions mondiaux, en bleu foncé les fondamentaux économiques sur les trois dernières années :

S’il n’y a donc pas de survalorisation sur les actions mondiales en général, il y a toujours quelques exceptions : on notera la récente introduction en bourse de l’application Snapchat, qui est déjà valorisée plusieurs dizaines de milliards $, soit plus que Sony…sans avoir jamais fait le moindre profit. Dans le même temps le cours du Bitcoin passe symboliquement au-dessus des cours de l’or, là aussi cela nous semble une bulle (comme nous l’avions indiqué le contrôle des capitaux appliqué à la Chine depuis deux ans a fait du Bitcoin un moyen de blanchissement/sorti de capitaux unique, ce qui a attiré des flux importants et fait monté les cours, jusqu’à la prochaine baisse). Nous continuons de ne pas considérer le Bitcoin comme une vraie devise mais juste comme un outil spéculatif.

France/élections : nous n’abordons les sujets électoraux que sous l’angle des questions et impacts purement financiers et économiques qu’ils présentent, ayant reçu de nombreuses questions ces dernières semaines nous allons y répondre ci-dessous, après deux rappels importants : 1) nous ne donnons qu’un avis purement économique et ne portons aucun jugement de valeur sur tel ou tel courant politique, respectant la démocratie et le choix de chacun avant tout ; 2) nous n’avons aucunement la prétention de prédire le futur, ce qui suit est juste un résumé de convictions économiques et financières, dont la principale est la suivante : nous ne savons pas ce qui va se passer dans le cas (qui reste peu probable) où la France quitterait la Zone Euro.

Scénario extrême : peu probable, mais c’est celui qui concentre la grande majorité des questions que nous avons reçu, que se passera-t-il en cas de sortie de la Zone Euro ? Tout d’abord cela suppose la victoire du FN ce qui semble difficile à aujourd’hui (même si la situation peut changer dans les prochaines semaines en cas d’attentat par exemple ou d’un nouveau scandale), nous l’avions déjà vu lors des élections régionales en 2015 : faire 25/30% au premier tour c’est possible, faire 50% au second tour c’est beaucoup plus compliqué. De plus, même en cas de victoire du FN, il y a un monde entre les annonces faites par la candidate concernée et leur application : comme nous l’avons vu en Grèce en 2015 beaucoup de candidats sont prêts à tout pour être élu, mais une fois en place la réalité impose un certain retour à la raison. Dans le cas où nous quitterions quand même la Zone Euro :

  • Il ne faut pas prendre le Brexit en exemple, le Royaume-Uni n’était déjà pas vraiment en Europe, avait déjà sa monnaie (qui a quand même dévissé de 25% et est au plus bas depuis 30 ans, ce qui est négatif pour cette économie) et sa banque centrale (qui fait tout ce qu’elle peut pour limiter les dégâts) et est dans une situation économique bien différente de la nôtre (plus compétitive). De plus le Brexit n’est pas encore effectif et ses implications ne sont pas aussi importantes : il est trop tôt pour tirer des conclusions sur le cas Britannique mais on peut déjà dire qu’un tel changement serait bien plus impactant pour nous.
  • Comment se ferait la mise en place ? A quelle échéance et sous quelles conditions ? Via référendum ? (ce qui serait pour la candidate l’occasion de ne pas porter cette responsabilité tout en restant au pouvoir, l’éventuel referendum pourrait aussi confirmer le maintien de l’Euro). Dans tous les cas la mise en place d’un contrôle des capitaux semble très probable en cas de victoire du FN pour éviter les sorties massives de capitaux vers l’étranger (Il y a aussi un risque de début de tensions et de sortie de capitaux en cas de score très élevé de la candidate au premier tour, disons autour de 35%).
  • La France ferait défaut sur tout ou partie de sa dette publique : avec une dette de plus de 2100 milliards €, il ne faut pas oublier deux choses : une dévaluation de 30% du Franc par rapport à l’Euro entrainerait une hausse mécanique d’environ 50% de notre dette (l’équivalent de 1000 milliards € à rembourser en plus, soit environ 40 000 € de plus par travailleur). Cela entrainerait aussi une forte hausse des taux d’intérêts : il ne faut pas oublier que le fait d’emprunter à taux négatifs n’est pas normal et que c’est un cadeau que nous fait la BCE : chose qui disparaîtrait en quittant l’Europe (la BCE rachète des dizaines de milliards € de dette Française en nous offrant en plus des taux négatifs/zéro sur la plupart des maturités), certains investisseurs étrangers accepteront toujours de prêter mais à des taux beaucoup plus élevés…la faillite technique ne semble pas évitable même si l’on peut toujours espérer un dernier coup de main des autorités Européennes souhaitant éviter une contagion aux autres pays.
  • Nous comprenons bien l’idée de revenir au Franc et de dévaluer pour les deux raisons suivantes : soutenir les exports (qui deviennent moins chers mécaniquement) et soutenir la consommation de produits internes (puisque les imports deviennent plus chers pour le consommateur, le forçant ainsi à se tourner vers des produits locaux), mais cela suppose plusieurs conditions : que le pays soit tourné vers l’export et très compétitif (ce qui n’est pas notre cas) et qu’il soit capable de produire en interne les produits de substitutions aux produits importés (ce qui n’est pas notre cas non plus). Cette idée conviendrait très bien à certaines pays industriels, très compétitifs et exportateurs (Allemagne, Suisse, Suède, Chine, Japon et Corée du Sud en tête) mais pour d’autres c’est contre-productif : la France notamment (mais aussi les US par exemple) puisque la consommation y est le principal moteur économique et que c’est bien le consommateur qui va payer cette dévaluation (produits plus chers, baisse importante du pouvoir d’achat et baisse de la valeur des patrimoines financiers et immobiliers, demandez aux Britanniques pour qui cet effet est déjà bien visible). Les seuls bénéficiaires sont les grandes entreprises exportatrices qui présentent déjà des résultats exceptionnels et n’ont pas besoin d’une aide supplémentaire. L’idée n’est donc pas forcément mauvaise (et a déjà été appliquée des dizaines de fois dans l’histoire) mais juste inadaptée à la structure économique de notre pays actuellement (il vaudrait mieux soutenir la consommation ou l’investissement que les exportations).
  • Que va devenir la Zone Euro si nous partons ? C’est une question qui reste très ouverte, mais cela pourrait bien être le début de la fin pour l’Europe, avec une Allemagne qui perd patience après des années d’aides diverses et variées mais qui perd aussi un argument militaire important (sans les Britanniques et sans la France il n’y a plus d’armée importante en Europe, ce qui est un argument de maintien de l’Allemagne en Europe pour le moment). Dans le cas où la Zone Euro verrait plusieurs pays revenir à leurs monnaies alors le Franc serait sûrement dévalué par rapport aux devises du Nord, mais surévalué par rapport aux devises du Sud comme la Lire ou la Pesetas (à qui nous exportons plus qu’aux pays du Nord), l’effet sera donc encore pire que prévu pour nous (la dévaluation étant un jeu sans fin auquel il vaut mieux ne pas jouer quand on n’est pas hyper compétitif).
  • Quel impact sur les actifs ? Toujours difficile à déterminer puisque nous ne connaissons pas l’ampleur de l’éventuelle dévaluation (qui sera le principal facteur impactant la valorisation des patrimoines Français) ni les mesures fiscales et techniques qui seront appliquées (contrôle des capitaux, etc.). Cela dépendra aussi de l’avenir de l’Euro : dans le cas où la devise survie à une sortie de la France alors il est préférable de garder ses actifs en Euro (qui augmenteront donc une fois reconvertis en Franc). La diversification vers des devises solides est évidemment une bonne idée (Dollar US, Franc Suisse, Yen Japonais mais aussi éventuellement Yuan Chinois et Couronnes Scandinaves à long terme) : c’est déjà le cas de nos conseils d’investissement qui sont en permanence investis sur ces devises (en plus de l’€ bien sûr), c’est aussi pour cela que nous ne faisons pas de mouvement particulier (environ 40/45% du portefeuille est investi dans une autre devise que l’€ aujourd’hui, de plus une partie des actifs en € est Allemande). En dehors de l’impact positif ou négatif des devises : les obligations Françaises devraient souffrir, de même que celles d’Europe du Sud, les obligations des pays « refuges » devraient au contraire bien se comporter (US, Suisse, Japon, Allemagne, Scandinaves). Côté actions la première réaction devrait être une baisse conséquente (étant l’actif le plus liquide c’est normal, c’est celui qu’on vend en premier puisque c’est le seul qu’on peut vendre dans ces cas-là, le reste devenant presque illiquide), puis un retour à la norme au fil du temps, comme nous l’avons vu au Royaume-Uni : les sociétés comme Sanofi, LVMH, L’Oréal ou autres leaders mondiaux ne vont pas s’en porter plus mal et les investisseurs étrangers en détiendront toujours, le marché actions est celui qui a le mieux réagit au Brexit : cela devrait aussi être le cas à moyen terme en cas de sortie de l’€ (c’est pour les petites entreprises que la situation sera plus délicate). L’achat d’or ne semble pas forcément intéressant (il y aura peut-être un léger effet court terme mais ce n’est pas sans coût et les épisodes récents comme le Brexit ou l’élection de D.Trump ont vu l’or baisser quand même), pareil pour l’immobilier qui sera bien évidemment touché par le ralentissement économique mais également par la hausse des taux et la difficulté du gouvernement à maintenir toutes les perfusions fiscales et sociales actuelles (puisque probables difficultés à emprunter). L’inflation pourrait enfin faire son retour en France après des années de stagflation/déflation, mais malheureusement pour le consommateur cette inflation viendra surtout de l’augmentation des produits importés (la majorité de ce que nous consommons) et non d’une hausse des salaires.
  • D’une manière générale, le pays se retrouverait plus isolé qu’aujourd’hui, mais c’est surtout l’Europe qui ne serait plus la première zone économique du monde mais juste une multitude de petits pays essayant de dévaluer les uns contre les autres pour grappiller 1% d’exports en plus. Rien n’arrangerait plus les autres grandes puissances, la Russie en tête (d’où le soutien clair de V.Poutine au FN).
  • Cependant, et il me semble utile de le préciser, même si un tel scénario plongerait le pays dans une situation économique très compliquée, nous n’allons pas disparaitre pour autant : d’une manière ou d’une autre les entreprises trouveront le moyen de continuer à créer de la richesse, les changements annoncés ne seront pas mis en place pour la plupart, ou n’auront que peu d’impact, nous aurons juste une période difficile à passer (un peu comme nos chers voisins Grecs, avec qui nous nous sentirons probablement beaucoup plus proche une fois le contrôle des capitaux et la dévaluation en place).

Scénario central : victoire du candidat qui arrivera au deuxième tour face au FN (peu importe lequel), et statuquo sur la politique économique du pays (ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle non plus coté économique, nous sommes juste dans la théorie du « moins pire »).

En conclusion, les questions que nous avons reçu portent principalement sur le risque de sortie de la Zone Euro, ce risque reste peu probable à aujourd’hui même en cas de victoire du FN (il y a un monde entre promettre et faire, surtout en politique). Notre scénario central reste la victoire d’un candidat qui s’inscrit dans la continuité de ce qui a été fait ces dernières années…

Etats-Unis : la Fed remonte ses taux de 0,25% à 0,75% (après une hausse semblable en 2015 et une en 2016), Mme Yellen rappelle de nouveau que pour le moment la Fed reste très accommodante et continuera de tenir compte des données économiques avant tout autre considération (la Fed est indépendante du gouvernement en théorie). En réalité l’économie Américaine pourrait supporter des taux légèrement plus haut que l’actuel 0,75% (probablement le double) mais le reste du monde n’a pas les moyens de remonter ses taux (l’Europe du sud et le Japon surtout). La variable d’ajustement étant la devise, le dollar deviendrait bien trop cher si la Fed n’attendait pas le reste du monde avant de remonter ses taux (ceci dit même les US ne peuvent pas se permettre un retour à la norme avec des taux de 4-5%). Mme Yellen est donc bloquée, sur les trois dernières années 10/12 hausses de taux étaient prévues, seules 3 ont eu lieu, pour cette année les prévisions sont encore de 4 hausses, nous pensons encore qu’il n’y a pas la place et que 1 ou 2 hausses seraient le maximum. Cette hausse de 0,25% en mars était déjà dans les cours et n’a eu aucun impact sur les taux. Côté politique l’agitation retombe peu à peu, prenant la tournure que nous avions évoqué après les élections : le congrès dirige le pays et non le président, comme cela a toujours été le cas, donc beaucoup de bruit mais peu de changement pour le moment, le dernier revers en date étant l’impossibilité pour le nouveau président d’abroger l’Obamacare (système de santé mis en place pour les Américains n’ayant pas de mutuelle) car le congrès n’y était pas favorable (alors que les deux chambres sont pourtant à majorité Républicaine, ce qui en dit long sur la position délicate de D.Trump même vis-à-vis de son propre camp).

Royaume-Uni : après presque un an d’attente (il faut rappeler que les responsables politiques du Brexit avaient tous démissionné juste après la victoire, une manière originale d’assumer ses responsabilités), les autorités Britanniques ont enfin déposé la demande officielle de sortie de l’union Européenne le 29 mars. Vont maintenant commencer plusieurs années de négociations (au moins deux) durant lesquelles les deux parties devraient essayer de minimiser l’impact de cette décision. Nous continuons à penser que l’accord final sera très proche des accords avec les autres pays dits « hors UE » comme la Norvège ou la Suisse (ou plus loin de chez nous le Canada) mais qui en réalité sont très liés à l’Europe.

Pays-Bas : après les récentes victoires « antisystème »  du Brexit, des élections US et du référendum et des municipales en Italie, les élections Hollandaises étaient particulièrement attendues. Les résultats auront surpris positivement les marchés : le parti d’extrême-droite fait beaucoup moins bien qu’attendu, la participation record (81%) a soutenu la victoire de la coalition des partis traditionnels emmenés par Mark Rutte, ce qui est une bonne nouvelle pour la stabilité politique et économique en Europe, en attendant le vote en France puis en Allemagne.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– élections en France (premier tour le 23 avril)
– stabilité du baril de pétrole (dans la fourchette 50$/60$)
– éventuels mouvements de banques centrales (Fed, BCE, BoJ) et mouvements sur les taux longs

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 3 mai pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

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Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine