Point mensuel Novembre 2017 – Crédit Agricole PG Investissements

Un mois de novembre en ordre dispersé sur les marchés actions mondiaux, avec de nouveaux records sur le marché US (+2% ce mois-ci), des marchés Japonais et émergents stables (entre -1% et 1%) et une Europe en baisse (-2%) principalement à cause d’un Euro qui remonte face au Dollar (+2%). Nos portefeuilles types reculent de 0,7% ce mois-ci, en hausse de 12,3% depuis le début de l’année.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +18,7%, avec une performance globale de +81,2% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/11/2017 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/11/2017.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 181 900 €


(Templeton n’est pas PEAble mais il est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 174 500 €

Répartition du portefeuille actuel :

Points marchés : nouveaux records sur l’ensemble des marchés US durant le mois (avec un S&P 500 qui dépasse les 2650 pts), la Zone Euro recule d’environ 2% avec la remontée de 2% de l’Euro face au Dollar (notamment aussi avec les prises de profits des investisseurs étrangers, pour qui l’Europe aura été le meilleur investissement cette année avec +10% sur le marché et +15% sur la devise), le Japon et les émergents restent stables (entre -1% et +1% suivant les thèmes), du côté Euro/Dollar la pression s’accentue de nouveau sur la BCE avec un taux qui remonte à 1,19 après avoir touché 1,16 le mois dernier.

Après ces nouveaux records récents sur les marchés actions vient toujours la question suivante : « les marchés sont sur des plus haut historiques, faut-il investir ou vendre et attendre une forte baisse ? », voici nos convictions sur le sujet :
– La plupart des marchés étaient déjà sur des plus hauts historiques en 2012 quand nous avons lancé les portefeuilles, ils l’ont ensuite aussi été en 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017, ce qui n’a pas empêché une performance de 80% sur nos portefeuilles types entre temps : les records des indices actions sont à mettre en parallèle des excellents profits des entreprises en question, de la bonne santé de l’économie mondiale, du soutien des banques centrales (et désormais gouvernements avec ce qui se prépare aux US) et du manque de rendement de l’ensemble des autres actifs.
– Personne ne connaît le futur, aucune prévision n’a jamais fonctionné et surtout pas celle de prédire quand et comment le marché va éventuellement baisser : les adeptes du pessimisme et des « crashs à venir » nous annoncent une crise mondiale chaque année depuis 2009, ça fait donc 8 ans d’erreurs en 8 ans (et de grosses pertes potentielles), ils finiront bien par avoir raison un jour mais pour une période relativement courte (en général les « crashs boursiers » ne durent pas), avoir raison 5% ou 10% du temps n’est pas suffisant pour développer son patrimoine. Nous avons déjà connu des périodes de baisses importantes ces dernières années (jusqu’à -10% sur nos conseils et -20% sur certains marchés actions durant l’été 2015 et l’hiver 2016 par exemple), ce qui fait partie de la vie normale d’un investissement et n’a jamais empêché de bons résultats sur le long terme, ce qui est et reste notre seul objectif.
– Nos conseils restent toujours les mêmes : investir en plusieurs fois (par exemple 2/3 au départ et 1/3 ensuite), ne pas prêter attention aux variations de court terme (+/- 15%) et rester focalisé sur le long terme, investir régulièrement si possible.
– Il est possible que nous allégions les portefeuilles à un moment ou à un autre, comme nous l’avions déjà fait en 2015 quand les marchés nous semblaient chers, mais ce n’est pas encore le cas et cela ne se fera que si des éléments réels venaient à changer (bénéfices des entreprises en baisse et/ou marchés trop chers et/ou récession économique).
– Les marchés actions regardent surtout la dynamique à court terme, plus que le niveau absolu, tant que les indicateurs économiques et financiers continuent de se porter aussi bien qu’actuellement et que la réforme US semble en mesure de passer il n’y a pas de raison pour que cela change, c’est surtout cela que nous suivons.

Bien entendu cela n’exclut pas de rester attentif, notamment dans cette période où de nombreux actifs atteignent des valorisations très (trop ?) élevées : un tableau de Vinci qui se vend 450 millions $, le rendement des obligations d’entreprises Européennes à risque (« haut rendement ») qui tombe autour de 2%, des gouvernements plus ou moins rigoureux comme l’Argentine ou le Mexique qui émettent des obligations très longues durée (de 30 à 100 ans) et qui non seulement trouvent preneur mais en plus à des taux très bas, l’Italie qui arrive à placer de la dette 2 ans à un nouveau plus bas (rendement négatif à -0,37%), le Portugal ou l’Espagne qui empruntent de l’argent moins cher que les US, des entreprises technologiques qui affichent des pertes aussi impressionnantes que leurs valorisations (par exemple Tesla qui annonce une perte record mais réussit à émettre de nouvelles obligations à 5% pour financer ces pertes), ou encore le Bitcoin qui dépasse 10 000 $.

Etats-Unis : en attendant la hausse de taux de 0,25% prévue pour décembre, la Fed change donc de directeur avec le départ de Janet Yellen et l’arrivée de Jerome Powell. Le discours de ce dernier nous incite à penser que son action sera proche de celle de ses prédécesseurs, pas de grand changement en vue donc (une banque centrale toujours accommodante avec des taux bas). Côté économique la croissance pour le troisième trimestre est révisée à la hausse à 3,3% (plus très loin des 4% promis par D.Trump, même si ce cycle de croissance est lancé depuis 8 ans déjà, il faut reconnaître l’accélération récente), la confiance du consommateur est au plus haut et le chômage au plus bas depuis 2000 avec une économie proche du plein-emploi, le patrimoine global des ménages atteint aussi un nouveau sommet. Pendant ce temps les écarts continuent de se creuser (c’est le cas partout mais c’est toujours plus marquant aux US) ainsi les 3 Américains les plus riches (les fondateurs/actionnaires majoritaires d’Amazon et de Microsoft ainsi que l’investisseur Warren Buffet) détiennent désormais autant de patrimoine que les 50% d’Américains les moins aisés (une bonne partie de ces 170 millions de personnes font pourtant partie de la classe moyenne, ce qui correspond à une population aisée chez nous), un phénomène que la réforme fiscale va évidemment renforcer. D.Trump termine sa première année de mandat comme il l’avait commencé, et comme nous l’avions prévu : beaucoup de bruit mais pas de changement, dans un pays toujours dirigé par le congrès : la seule réforme que le Président pourrait (enfin) réussir à passer est celle de la réforme fiscale, parce que c’est la seule que la majorité Républicaine souhaite fortement. Il nous semble donc probable que cette réforme soit adoptée dans les prochains mois et qu’ensuite on assiste à une désolidarisation plus importante des Républicains envers D.Trump, notamment pour préparer les élections de mi-mandat. La première année n’a pas été facile pour le nouveau Président Américain mais il est possible que les prochaines le soient encore moins une fois cette réforme passée.

Dans cet environnement économique il est donc logique que la période des fêtes qui débute affichent de nouveaux sommets en termes de chiffres, comme cela a été le cas pour Thanksgiving, Black Friday et Cyber Monday ce mois-ci, cela devrait se poursuivre jusqu’aux fêtes de Noël. La grande question cette année est de savoir qui va en profiter (entre les magasins et le commerce en ligne), non seulement en termes de volume mais aussi en termes de marge (les marges réelles faibles de l’économie sur internet sont un problème). Aux Etats-Unis 620 marques ont déjà fait faillite cette année (ce qui est étonnant vu le bon contexte économique) soit 30% de plus que l’an dernier et près de 7 000 magasins ont déjà fermé, ce qui est environ 3 fois plus qu’en 2016, un effet Amazon que plus personne ne peut cacher, mais aussi un effet rationalisation (beaucoup de magasins investissent dans leur site internet et profitent de ces changements pour fermer les points de vente les moins rentables). La question est de savoir où est-ce que l’équilibre va se situer et avec quelle rentabilité/soutenabilité des deux côtés ? Un modèle « entre-deux » semble aujourd’hui émerger : ainsi 9 des 10 premiers sites de vente en ligne ont aussi de « vrais » magasins, comme par exemple Amazon.

Technologie : l’innovation continue et entre toujours un peu plus dans le quotidien du consommateur, comme par exemple ces maillots de Basket-Ball connectés pour les fans de NBA, œuvre de l’équipementier Nike, qui reprend la même technologie que celle utilisée pour les cartes de métro ou l’Apple Pay et permet ainsi aux fans de recevoir sur leurs smartphones du contenu (vidéo et autres, lien ici) directement lié à leur équipe favorite en approchant simplement leur smartphones de leur maillot. C’est l’avenir des vêtements connectés, particulièrement dans le milieu du sport avec des possibilités presque illimités (et c’est aussi un moyen efficace de lutter contre la contrefaçon). Autre innovation technologique, du côté des robots cette fois, avec l’entreprise Boston Dynamics qui fait faire des sauts (dont un joli salto arrière, lien ici) à son robot, le but n’étant pas de participer aux prochains J.O. mais bien de montrer que les robots pourront à l’avenir effectuer de nombreuses tâches, y compris physiques, au moins aussi bien que les humains.

Zone Euro : la bonne tendance économique continue de se confirmer jour après jour, que ce soit dans l’activité manufacturière, les services ou encore l’emploi (avec un chômage au plus bas depuis 9 ans, désormais à 8,8% pour l’ensemble de la Zone, en baisse de 1% sur an). Il se pourrait même que pour la première fois depuis la création de la Zone Euro tous les pays atteignent l’objectif (la règle) d’un déficit public inférieur à 3% (le seul pays pour lequel ce résultat reste incertain pour le moment est la France). Côté Allemand, en attendant la formation d’une éventuelle coalition politique autour de A.Merkel (ou de nouvelles élections en cas d’échec de ces négociations), le pays affiche une croissance de 2,8% sur un an glissant et un indice de confiance du secteur industriel (IFO) au plus haut depuis 1969. Côté Français la croissance sur un an glissant est à 2,2%, au plus haut depuis 2011 et en amélioration depuis déjà plusieurs années, pour autant il ne faut pas s’attendre à une réelle baisse du chômage malgré ce retour de la croissance : contrairement à certains de nos voisins, le chômage semble surtout structurel en France et lié à d’autres facteurs que les facteurs économiques.

Chine : encore une preuve de la puissance et du développement de l’économie Chinoise avec ces nouveaux records pour la journée des célibataires (le 11/11) ce mois-ci : 25 milliards $ de chiffre d’affaires sur la journée rien que pour Alibaba (équivalent Chinois d’Amazon, commerce en ligne), dont plus de 90% des ordres passés par mobiles/smartphones, l’entreprise a réussi à enregistrer et passer jusqu’à 256 000 commandes en ligne par seconde au plus haut de la journée…finissant ces 24 heures avec 1,5 milliard de commandes pour 700 millions de livraisons à effectuer, le « Cyber Monday » Américain est faible en comparaison avec ses 6 milliards $ cette année. Ce jour des célibataires en Chine est apparu dans les années 90 mais n’a pas été réellement populaire avant qu’Alibaba en décide autrement lors de l’édition 2009 : des réductions importantes sont lancées à l’époque, profitant aussi du boom du commerce en ligne, cela deviendra rapidement le plus grand évènement commercial planétaire sur une journée. Alibaba déclare vouloir exporter cette fête dans d’autres pays, la présence de stars comme Pharrell Williams et Nicole Kidman à la fête organisée cette année par l’entreprise Chinoise marque cette volonté de se tourner vers l’international, et comme nous ne sommes plus à une fête commerciale importée de plus ou de moins il est probable que cela arrive prochainement en Europe (pour la France il faudra probablement trouver une autre date que le 11/11 et ne pas faire doublon avec le Black Friday, récemment importé lui aussi mais des Etats-Unis cette fois). On peut également lire entre les lignes que la Chine développe de plus en plus cette sorte de pouvoir informel/indirect (« soft power ») qui était jusqu’à présent plutôt la spécialité des Américains, l’exportation de fêtes culturelles en est une forme (Halloween, Black Friday, etc.). Cela montre aussi que la Chine est en avance sur l’économie digitale par rapport aux US ou à l’Europe, et que ses géants technologiques (comme Alibaba ou Tencent) n’ont rien à envier à Amazon ou Facebook, l’Europe est la grande absente de cette compétition mondiale (qui est réalité surtout une opposition US/Chine, encore une fois dans cette idée de « soft-power »).

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mise en place des programmes de réduction de taxes et dépenses en infrastructures aux US
– change euro/dollar (l’euro semble actuellement trop élevé) et déclarations des banques centrales
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier Chinois / Canadien / Californien / Australien / Scandinave)
– situation géopolitique (la Corée du nord surtout, mais aussi la Catalogne)

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 4 janvier pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine