Point Mensuel Novembre 2019 – Crédit Agricole PG Investissements

Des marchés actions mondiaux en hausse ce mois-ci, principalement aux Etats-Unis et en Europe, le thème des petites capitalisations s’est particulièrement illustré en novembre (+6%). Nos portefeuilles types progressent de +2.8% sur le mois et de +20.2% depuis le début de l’année pour atteindre un nouveau plus haut depuis lancement à +99%.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +29.3%, avec une performance globale de +99.0% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 29/11/2019 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 29/11/2019.

Portefeuille type PEA : valorisation : 199 100 €

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 192 300€

Répartition du portefeuille actuel (avant arbitrages) :

Point marchés : des marchés actions mondiaux en hausse ce mois-ci, principalement aux Etats-Unis et en Europe, le thème des petites capitalisations s’est particulièrement illustré en novembre (+6%). Nos portefeuilles types progressent de +2.8% sur le mois et de +20.2% depuis le début de l’année pour atteindre un nouveau plus haut depuis lancement à +99%.

Arbitrages : avec cette saison de publication des résultats qui s’achève nous regardons attentivement les valorisations des différents marchés et secteurs, notamment le ratio le plus commun Cours / Bénéfices (P/E ou PER). Nous avions des niveaux habituels en septembre lorsque nous avions allégé de 10% le portefeuille PEA pour recréer une poche défensive (en liquidités). La hausse que nous avons connu depuis combinée au calcul des prévisions de profits pour l’an prochain nous amène à faire un allègement des deux portefeuilles PEA et Assurance-vie de 10% de plus. En effet, si les PER actuels sont toujours sur des niveaux corrects, ils tiennent compte d’une prévision de hausse des profits de 10% pour l’an prochain (ce qui nous parait trop élevé, nous pensons plutôt à une hausse légère des bénéfices pour 2020, vu les niveaux déjà très élevés de profits des entreprises en question) ; dans cette hypothèse le PER anticipé pour 2020 est entre 19 et 20 pour les Etats-Unis, et entre 16 et 17 pour l’Europe, l’Asie (Japon et Emergents) reste décotée entre 12 et 14 (raison pour laquelle nous maintenons une légère surpondération sur ces zones). Ces niveaux constituent pour nous un premier palier d’allègement des portefeuilles, comme nous l’avions fait en 2015 par exemple.

Dans le PEA nous allégeons 4 fonds : Amundi (Pioneer) Euroland (poids qui passe de 10% à 7% du portefeuille), Amundi Japan Topix (de 10% à 7%), CPR Euro High Dividend (de 10% à 8%) et Amundi Emerging Markets (de 14% à 12%) pour monter la poche de liquidités de 10% à 20%. Pour rappel nous avions allégé en septembre dans le PEA les positions Amundi USA (Etats-Unis, de 20% à 17%), CPR Silver Age (thème vieillissement en Europe, de 9% à 6%) et CPR Croissance Dynamique (Monde, principalement Etats-Unis de 12% à 8%).

Dans l’assurance-vie, nous avions déjà une poche défensive de 10% (composée de 8% du fonds Immobilier Prem’Opcimmo et d’une partie du fonds First Eagle qui contient une part importante de liquidités), nous augmentons cette part en allégeant les positions suivantes : Amundi Actions France (poids de 10% à 6% du portefeuille), Robeco US (de 10% à 7%) et Amundi Japan Target (de 10% à 7%), ces 10% seront investis sur un fonds d’attente (LU1882439323 Amundi Absolute Return) en attendant de nouvelles opportunités.

Voici le portefeuille avant/après ces arbitrages :

Comme à l’habitude il n’y a pas d’urgence pour faire ces mouvements, il ne s’agît pas de notre côté d’une quelconque anticipation de baisse des marchés dans les mois à venir, nous suivons simplement notre discipline d’investissement en allégeant les portefeuilles quand les valorisations atteignent un certain niveau, ce qui est cohérent avec notre stratégie de long terme. Les niveaux de valorisations actuels se rapprochant de ceux de début 2015 (où nous avions allégé pour les mêmes raisons, voir points mensuels de l’époque sur ce blog) nous adoptons donc la même stratégie avec cet allégement de 10% des deux portefeuilles. Nous serons donc investis à 78% en actions VS 88% le mois précédent.  

Les marchés actions ont globalement enregistré une nette hausse en novembre poursuivant sur leur lancée depuis le début de l’année puisque l’ensemble des marchés actions enregistrent des performances à deux chiffres cette année. La hausse a été particulièrement marqué ce mois-ci sur le thème des petites capitalisations (small cap et mid cap) avec +6% (ce qui est le cas pour nos fonds sur ce thème Montanaro et Russell dans le PEA, Oddo et Robeco dans l’assurance-vie). Plusieurs facteurs viennent expliquer ce véritable rallye haussier. D’abord, le recul des tensions et craintes géopolitiques avec la baisse de la probabilité d’une sortie désorganisée du Royaume-Uni de l’Union Européenne (Brexit sans accord) mais surtout l’espoir d’une avancée positive dans la guerre commerciale qui oppose la Chine aux Etats-Unis. L’atteinte également d’un point bas des indicateurs manufacturiers qui ne se dégradent plus et ne viennent pas trop contaminer ceux des services aura contribué à cette bonne tenue des marchés (nous avons même un rebond en Europe et en Chine en fin de mois). Naturellement, rappelons que le soutien indéfectible de la politique monétaire ultra-accommodante des principales banques centrales a été un facteur important cette année encore. Notre sentiment penche toujours vers une résolution progressive de ces sujets majeurs qui occupent le paysage économique et financier au cours des derniers trimestres. Notre conviction nous pousse à aller davantage vers un ralentissement ponctuel de l’économie mondiale (prévisions à 2,9 % de croissance mondiale en 2019 et à 3 % pour 2020 et 2021 d’après les dernières publications de l’OCDE) puis sur un rebond, notamment soutenu par les mesures monétaires, fiscales et budgétaires supplémentaires. Enfin, le terme de la saison de publication des résultats des entreprises au 3ème trimestre aura démontré une belle résistance des bénéfices et aura elle aussi contribué à la remarquable performance des marchés actions, pour la plupart sur de nouveaux plus hauts historiques.

Banques centrales :

BCE : Trois semaines après son entrée en fonction, Christine Lagarde était très attendue pour sa première intervention, les marchés espéraient que le discours de la nouvelle présidente de la BCE apporterait des éclaircissements sur sa vision de la politique monétaire. Elle s’est concentrée sur les aspects économiques, la nécessité d’une relance budgétaire de la part des Etats et la construction européenne. Il faudra attendre le 12 décembre, date de la première réunion de politique monétaire de l’ère Lagarde pour avoir des indices sur l’orientation qu’elle entend insuffler à sa politique monétaire. Face à un contexte international incertain, l’ex-présidente du FMI a appelé la Zone Euro à se transformer en misant sur son marché intérieur plus que sur l’export. Elle a rappelé que la deuxième économie du monde devait avoir confiance en elle-même, et faire pleinement usage de son potentiel pour favoriser une hausse du niveau de la demande intérieure et de la croissance à long terme. Un message plus politique qu’économique donc, dans la tradition récente qui voit les banques centrales parler davantage de réformes structurelles et de relances budgétaires alors que les politiciens parlent plus volontiers de politique monétaire. Elle en a aussi profité pour réunir les membres du conseil des gouverneurs afin de discuter du mode de fonctionnement de l’instance marquée dernièrement par quelques dissensions lors des débats internes (notamment un clivage entre l’Europe du nord et l’Europe du sud sur la nécessité de continuer à faire autant actuellement et l’impact des taux négatifs sur les épargnants).

Fed : le Président de la banque centrale américaine Jerome Powell a réaffirmé qu’après les trois baisses de taux en 2019 (taux d’intérêt à 1,5 %), la politique monétaire était “au bon niveau” pour soutenir un solide marché de l’emploi et le retour de l’inflation autour de la cible symétrique de 2 %. Il s’est montré optimiste à propos des conditions économiques “généralement bonnes” et a assuré que les perspectives étaient également “bonnes” pour un prolongement de cette période de croissance. Les Etats-Unis bénéficient d’une croissance solide depuis 11 ans soit la plus longue période d’expansion de l’histoire contemporaine du pays, période qu’il ne voit pas s’interrompre à condition que les futures décisions politiques le permettent. Selon lui, les pleins effets des baisses des taux, qui rendent les emprunts moins chers et favorisent investissements et consommation, se feront sentir sur la durée mais il ajoute que ces baisses contribuent déjà au bon moral des consommateurs et des entreprises ce qui se traduit dans les chiffres de l’immobilier et les dépenses de biens durables. La consommation aux Etats-Unis reste la locomotive de la croissance, représentant 70 % de son économie. Si le niveau actuel des taux directeurs est selon lui « approprié » il n’exclut pas une nouvelle baisse en cas de ralentissement de la croissance mondiale et de tensions commerciales accrues dans le bras de fer sino-américain. Nous partageons sa vision sur la bonne santé de l’économie américaine.

Guerre commerciale : la bonne nouvelle c’est que les discussions entre les Etats-Unis et la Chine se poursuivent et qu’il n’y a pas eu de rupture dans les négociations durant les dernières semaines. Certes un accord commercial entre les deux super puissances n’est pas encore signé (et un tweet du Président Américain peut changer la tendance à chaque instant), mais les marchés considèrent que les deux pays sont potentiellement proches d’un dénouement favorable c’est-à-dire proches d’un premier accord intermédiaire de « phase 1 » d’ici la fin de l’année. Toutefois, il faudra sans doute faire preuve encore d’un peu de patience avant de voir Donald Trump et Xi Jinping parapher solennellement ce premier compromis qui symboliserait une véritable désescalade dans cette guerre commerciale vieille de seize mois. Les investisseurs restent donc focalisés sur la signature de cet accord « phase 1 » qui serait un tremplin pour les futures discussions qui devraient se poursuivre entre les deux camps l’année prochaine. Cette étape est probablement déjà intégrée dans les indices boursiers, mais nul doute que les marchés salueront cette nouvelle avancée car ils semblent faire de ce sujet « l’Alpha et l’Omega » de la poursuite de leur hausse. Concrètement, dans ce jeu de poker menteur vers la signature de cet accord commercial, cette 1ère étape que les marchés appellent de leurs vœux passe par la validation des montants d’achat de porc, de soja et autres denrées agricoles pour 40 à 50 milliards $ (soit le double des montants actuels), en contrepartie Washington ferait la promesse d’annuler la hausse prévue le 15 décembre prochain qui porte sur 160 milliards $ et frappe des biens de grande consommation. Lors des précédentes négociations, les Etats-Unis avaient déjà accepté de suspendre l’application de la hausse de tarifs douaniers prévue le 15 octobre dernier. Un dénouement positif à ces négociations passe par des gestes ou des concessions de la part des deux belligérants qui devront démontrer leur bonne volonté pour aboutir à un accord définitif équilibré pour les deux camps (vaste programme). Preuve de cette bonne volonté, la récente prolongation par Washington d’un délai de trois mois supplémentaires autorisant les entreprises américaines à traiter avec Huawei. Ainsi, le géant des réseaux chinois va pouvoir continuer de se fournir en composants auprès des fabricants américains. De leur côté, les chinois ont fait une annonce forte d’une augmentation des sanctions et des indemnisations en cas de violation  de la propriété intellectuelle  ce qui constitue un geste significatif vis-à-vis des Etats-Unis (et de l’Europe). La Chine souhaiterait également la levée progressive de certaines vagues de droits de douane mises en place successivement (la hausse de 15 % des droits d’entrée sur le sol américain de 112 milliards $ de produits chinois et la surtaxe de 25 % couvrant 250 milliards $ de marchandises chinoises comme les semi-conducteurs et les machines-outils). Naturellement, la Maison Blanche entend maintenir la pression et garder des munitions en vue d’inciter la Chine à négocier lors de phases ultérieures. Les deux Etats ont besoin sur le plan économique de cet accord.

Les futures discussions lors de ces phases 2 ou 3 (en considérant que la phase 1 pourrait se réaliser prochainement) porteraient cette fois sur les sujets autrement plus complexes que sont le transfert forcé de technologie, les droits de propriété intellectuelle, l’accès des étrangers aux services financiers ou les subventions apportées par l’Etat chinois à ses entreprises. Nous pensons que parvenir à un accord complet sur tous ces sujets sera compliqué et surtout difficile à faire respecter dans les faits notamment côté chinois.

Hong Kong : Ce dossier pourrait être le gros caillou venant retarder voire faire échouer les négociations que se livrent les Etats-Unis et la Chine dans la guerre commerciale. Cette plaque tournante de l’économie chinoise (donc mondiale) représente un risque systémique pour le commerce international. On se souvient que la seule fois ou l’aéroport a été bloqué les marchés financiers ont immédiatement accusé le coup. De même, chaque déclaration sur Hong Kong provenant des Etats-Unis a fait réagir les marchés. En effet, tout le fret et le flux de marchandises provenant de Chine et à destination du monde entier passe par ce point stratégique. En outre, la classe dirigeante du pays et l’élite chinoise font transiter finances et biens de luxe (voitures, bijoux, œuvres d’art…) par Hong Kong.

Par ailleurs, Hong Kong bénéficie de la part des Etats-Unis d’un régime préférentiel sur le plan commercial et fiscal. Ce sujet hautement sensible aura fait l’objet durant les derniers jours de passe d’armes houleuses entre les deux protagonistes. Le vote par le Sénat d’un texte destiné à protéger les droits de l’homme à Hong Kong, puis par la Chambre des Représentants a déclenché l’ire du gouvernement chinois. Ce texte voté donc à l’unanimité par le Congrès peut être considéré comme un soutien et un encouragement à la résistance des manifestants pro-démocratie qui font l’objet d’une répression de la part du gouvernement chinois. Sans surprise, la réaction de Pékin aura été immédiate et cinglante, puisque le ministère des Affaires Etrangères chinois a fermement dénoncé ce vote par les deux assemblées américaines enjoignant les Etats-Unis à ne plus interférer dans les affaires internes de la Chine avec Hong Kong. Le Président Trump a réagi sans tarder déclarant lors d’une interview à Fox News « que les Etats-Unis devaient soutenir Hong Kong mais devaient également soutenir le Président Xi Jinping ». C’est un exercice de diplomatie compliqué auquel la Maison Blanche ne nous avait pas habitués. Toutefois, ses efforts destinés à calmer le jeu auront été réduits à néant puisque Donald Trump s’est retrouvé contraint de signer ce texte compte tenu du vote massif du Congrès en faveur de cette loi pro-démocratie. Reste à savoir si après sa promulgation, ce texte entrera en vigueur et sera appliqué car ce dernier n’a clairement pas apprécié de se voir forcer la main sur un sujet relevant de son domaine réservé que sont les Affaires Etrangères. Face à ce nouveau rebondissement, considéré par la Chine comme une énième provocation, le Président Trump devra montrer ses talents de fin négociateur en tentant d’amadouer l’exécutif chinois qui a d’ores et déjà promis de prendre des contre-mesures.

Brexit : Ces derniers jours le sort du Royaume-Uni est moins sous les feux de l’actualité, mais cette baisse d’attention très relative n’est que provisoire. En effet, sauf coup de théâtre, il semble que les marchés écartent (presque) définitivement le risque d’une sortie sans accord de l’Union Européenne par le Royaume-Uni. D’un point de vue valorisation le marché britannique reste décoté par rapport à ses niveaux historiques (habituellement mieux valoriser que la Zone Euro), ce qui laisserait entrevoir un beau potentiel en cas de rattrapage. Comme pouvaient l’espérer les investisseurs, la probabilité d’un « No Deal » aura continué de reculer durant le mois de novembre faisant ainsi diminuer le risque politique. Ainsi, les britanniques qui seront appelés aux urnes le 12 décembre prochain semblent placer les deux partis traditionnels (Tories et Labour) assez largement en tête des sondages dans le but de régler enfin cette question du Brexit d’ici le 31 janvier 2020. A l’inverse, les autres partis voient leurs soutiens s’éroder. En effet, Boris Johnson est en passe de réussir le « hold up » parfait en siphonnant méthodiquement les voix des partis « pro Brexit ». En cas de large majorité en faveur des conservateurs, la sortie du Royaume-Uni pourrait bien-être entérinée avant le 31 janvier 2020 mais il restera encore à trouver un accord commercial en vue d’organiser la période de transition pour effectivement quitter l’Union Européenne. En revanche, si jamais le parti de Boris Johnson ne devait obtenir qu’une faible majorité absolue voire une majorité seulement relative, le risque d’un Brexit sans accord serait à nouveau une éventualité et alors ce dossier épineux redeviendrait une réelle préoccupation pour les marchés.

Etats-Unis : Des fondamentaux économiques toujours aussi robustes. La croissance au 3ème trimestre annoncée le mois dernier à 1,9 % a été revue à la hausse à 2,1 % en rythme annualisé. Après 3,1 % et 2% au cours des deux premiers trimestres, l’économie américaine enregistre un ralentissement limité mais demeure vigoureuse. La consommation des ménages qui représente les 2/3 de la croissance reste son moteur principal et ne donne aucun signe d’inquiétude pour le dernier trimestre avec le coup d’envoi des achats de fin d’année. Dans la foulée de Thanksgiving, les anticipations prévoient une hausse des ventes de 4 % pour le Black Friday (vs +2 % en 2018) et de +20 % pour le Cyber Monday. Même si le rythme décélère un peu, l’économie américaine continue de créer des emplois (les demandes d’allocations chômage ont baissé plus qu’attendu), les salaires augmentent toujours, le marché de l’immobilier continue de bien se tenir, les marchés financiers progressent fortement, bref, tous ces ingrédients constituent un cocktail rassurant pour la suite. Seules ombres au tableau, l’investissement des entreprises et le commerce extérieur qui marquent le pas en raison notamment de la guerre commerciale sino-américaine.

Elections américaines : Après avoir hésité, le milliardaire Michael Bloomberg annonce officiellement sa candidature à l’investiture démocrate. Agé de 77 ans, l’ancien maire de New-York (trois mandats entre 2002 à 2013) d’abord républicain puis indépendant, dispose pour mener à bien son projet d’une confortable fortune (plus de 50 milliards $) constituée dans la finance et la vente d’informations aux entreprises (fameux logiciel et chaîne de télévision éponyme). Il est le 17ème candidat déclaré dans le camp démocrate. Alors s’il est vrai qu’il se lance tardivement dans la course à la Maison Blanche, il pourra néanmoins compter sur un atout déterminant à savoir ses moyens financiers illimités (déjà 100 millions de dollars de budget de dépenses pour cette 1ère campagne) pour compenser ce léger handicap. Son actuel retard dans les sondages pourrait rapidement être comblé compte tenu des montants considérables engagés dès la semaine prochaine en spots télévisés. Plus de 30 millions de dollars sur une seule semaine, soit un nouveau record depuis la campagne de Barack Obama (25 millions dépensés en une semaine).

Considéré comme un candidat modéré au sein du camp des démocrates, il soutenait jusqu’ici un autre « centriste » en la personne de Joe Biden. Voyant la campagne de ce dernier patiner et qu’il ne décollait pas dans les derniers sondages, il a décidé de franchir le pas. Son passé d’ancien républicain devenu démocrate (mais bien d’autres avant lui ont connu le même parcours y compris dans l’autre sens) pourrait éventuellement induire les électeurs en erreur. Il déclare être « candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l’Amérique », ainsi il pourrait profiter d’un espace laissé libre au centre et de l’écart (grandissant) qui le sépare de l’aile gauche des démocrates représentée par Bernie Sanders et Elisabeth Warren actuellement en tête des sondages côté Démocrate. Le positionnement de cette dernière pourrait être un sujet important dans les prochains mois, si l’on considère ses promesses actuelles de vouloir, entre-autres, nationaliser la santé, s’attaquer frontalement aux GAFA et augmenter les taxes. En effet, cette candidature pourrait ne pas plaire aux marchés, mais c’est un débat pour plus tard que nous suivrons dans les prochains mois. D’ici là, la route est encore longue pour savoir qui remportera les primaires démocrates pour ensuite affronter Donald Trump dans la course finale à la Maison Blanche. Nous pensons que Michael Bloomberg est en capacité de rallier à lui les électeurs Républicains ne souhaitant pas la réélection de Donald Trump, mais également la partie centre des Démocrates pour qui Elisabeth Warren semble trop extrême (nationalisation, taxes, etc.).

Zone Euro : Au grand soulagement des marchés, l’Allemagne évite une récession technique après avoir publié une croissance de son PIB de + 0,1 % au 3ème trimestre suite à la contraction de son PIB de – 0,2% au 2nd trimestre. L’économie allemande stagne avec une croissance annuelle de + 0,5 %. Certes son moteur industriel est provisoirement en panne (l’industrie pèse 45 % de son PIB) mais cela aurait pu être pire. Comme nous l’écrivions le mois dernier, le problème de la 1ère économie de la zone euro (environ 30 % du PIB de la zone euro) ne vient ni de l’intérieur, ni de son marché domestique mais de l’environnement international fortement touché par la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis conduisant à ce ralentissement économique. Ce signal rassurant tend à prouver que le pays est plus proche d’une fin de ralentissement que d’un début. L’économie Allemande reste solide grâce à la vigueur de sa demande interne. Nous tablons toujours sur une croissance entre 1 % et 1,5 % en zone euro c’est-à-dire très proche de sa croissance potentielle.

LVMH: Après avoir marqué l’actualité le mois dernier en dépassant pour la toute première fois le niveau historique de 200 milliards d’euros de capitalisation boursière faisant du groupe la plus grande capitalisation en France et en Zone Euro, le numéro 1 mondial du luxe a annoncé le rachat du joaillier Tiffany, grande et seule véritable marque de luxe américaine. LVMH met la main sur une grande maison et une belle histoire comme avec Bulgari en 2011 (achetée 2 milliards $). Cette opération à 16 milliards $ (après une 1ère offre à 14,5 milliards $) constitue la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe. Tiffany se paie sans doute un peu cher avec des multiples de valorisation élevés (P/E à 30, soit l’équivalent actuel de LVMH) mais surtout un titre qui passe de 85 à 135 dollars depuis l’annonce officielle, alors que dans le même temps le titre LVMH n’a presque pas monté, cela indique que le marché considère que LVMH a payé Tiffany un peu cher.

Aucun prédateur parmi les autres grands joailliers (Richemont ou Kering) n’est venu contrecarrer les plans de LVMH. Le poids de la joaillerie dans le résultat opérationnel du groupe passe ainsi de 9 à 15 % et sa part de marché dans la joaillerie se situe désormais à 18 %. Après Bulgari, Chaumet, Fred, Hublot ou Tag Heuer déjà en portefeuille, il s’agit de la 76ème marque pour le groupe de luxe français. Par cette acquisition LVMH « rattrape » son léger retard sur le marché américain de la joaillerie et sur Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels) son grand rival.

Tiffany est une maison qui se porte bien, sans doute une belle endormie, qui a eu du mal à passer le cap de la digitalisation mais qui va désormais pouvoir bénéficier du réseau surpuissant de distribution du numéro un mondial du luxe tout en profitant de son savoir-faire et de son immense expertise qui ne sont plus à démontrer. LVMH poursuit un parcours exceptionnel (+ 54 % depuis le début de l’année) qui aura vu son cours en bourse multiplié par 4 depuis 2011, vu son titre passer de 100 € à 400 € faisant au passage de son principal actionnaire, Bernard Arnault, l’actuelle première fortune mondiale.

Française des jeux : L’action de la FDJ mise sur le marché le 21 novembre au prix de 19,90 euros a fait un démarrage en flèche dès l’ouverture terminant en hausse de 14 % à 22,70 euros (entrée en cotation le matin à près de 24€). Les petits épargnants et les grands investisseurs institutionnels se sont rués sur cette privatisation qui rapportera 2,1 milliards d’euros à l’Etat somme qui alimentera le fonds d’investissement pour l’innovation. L’opération valorisait le groupe FDJ à 3,8 milliards d’euros avant la première cotation et à 4,3 milliards d’euros en fin de journée. C’est la plus grosse introduction à la bourse de Paris depuis celle d’Amundi en 2015.

Plus de 500 000 investisseurs particuliers ont été au rendez-vous. Bruno Le Maire a salué « l’immense succès populaire » de cette opération. Plus de 11 milliards d’euros d’actions ont été demandés, dont 1,6 milliard en provenance du grand public et 10 milliards de la part des institutionnels. Ce succès était loin d’être une évidence quand on sait que les français se sont largement détournés de la bourse et du financement de l’économie réelle puisqu’en dix ans le nombre d’actionnaires particuliers en France a été divisé par deux et n’est plus que de 3 millions.

Etant donné l’engouement des investisseurs, le prix définitif de l’action a été arrêté à 19,90 euros par rapport à la fourchette initiale comprise entre 16,50 et 19,90 euros. Le cours actuel du titre situe l’action dans la moyenne élevée du consensus. Afin de convaincre les épargnants, l’Etat avait accordé une ristourne de 2 % sur le prix ainsi que l’attribution gratuite d’une action pour 10 actions achetées à condition de les détenir au moins 18 mois. L’Etat a cédé 52 % du capital de la FDJ. Un total de 40,5 % des actions mises sur le marché est revenu aux particuliers. Beaucoup de saupoudrage avec des ordres prioritaires servis intégralement jusqu’à 2000 euros. Les réservations comprises au-delà de 2000 euros et inférieures à 5000 euros auront été servies à hauteur de 10 %.

D’ici le 20 décembre, l’Etat pourra mettre sur le marché 11,35 millions d’actions supplémentaires en fonction de l’évolution du titre dans les prochaines semaines. Grand gagnant dans l’opération, il empoche 2,1 milliards d’euros dont 380 millions de soulte en échange du monopole d’exploitation des jeux de loterie et paris sportifs pendant 25 ans. Plus d’un demi-million de français étaient prêts à investir 1,6 milliard d’euros dans la FDJ. La demande fut telle que 900 millions d’euros n’auront pas été servis. Gageons que cette manne sera investie dans de prochaines privatisations (Aéroport de Paris ou Engie). Le crédit Agricole étant chef de file dans l’opération, il nous était interdit d’apporter un quelconque conseil à nos clients durant la période de réservation. Aujourd’hui nous pouvons dire que ce dossier bénéficie d’une bonne visibilité et qu’il assure une récurrence des dividendes à hauteur de 4 % par an. La valorisation de cette midcap d’environ 4 milliards de capitalisation nous semble toutefois un peu élevée. Son P/E indique que l’entreprise se paie 24,5 fois les bénéfices 2019 vs un P/E médian des actions françaises à 17.

Alibaba : En 2014, Jack Ma le fondateur d’Alibaba faisait tinter la cloche de Wall Street pour ce qui demeure encore aujourd’hui la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire (25 milliards $). Cinq ans plus tard, l’action Alibaba a bondi de près de 7 % à Hong Kong pour sa première journée de cotation. L’opération permet au géant chinois du e-commerce sur la place asiatique de lever près de 10 milliards $ mais aussi d’être moins dépendant de Wall Street, en pleine guerre commerciale entre Washington et Pékin. Le groupe n’avait rien négligé pour s’assurer du succès de cette seconde cotation : l’action se négocie sous le code 9988, deux chiffres porte-bonheur, le 8 se prononçant comme le mot prospérité, tandis que le 9 renvoie à l’éternité ! Traumatisée pour avoir laissé filer il y a 5 ans l’introduction en bourse du siècle, la place de marché asiatique de Hong Kong s’est depuis réformée pour répondre aux besoins des pépites de la tech chinoise. « Nous sommes rentrés à la maison. Nous sommes revenus à Hong Kong », s’est félicité Daniel Zhang le successeur de Jack Ma. La Bourse de Hong Kong compte aussi sur cette opération pour attirer d’autres poids lourds comme Didi (le « Uber chinois ») ou Bytedance (propriétaire de l’appli TikTok) lorsqu’ils décideront de lever des fonds sur les marchés. Mais la raison principale de cette introduction sur la place asiatique est avant tout pour ne plus être dépendant de Wall Street. Dans le contexte actuel des relations sino-américaines, il est important pour Alibaba de diversifier sa base d’investisseurs et de réduire le risque d’une seule cotation aux Etats-Unis puisqu’en septembre dernier l’administration Trump envisageait d’exclure les sociétés Chinoises de Wall Street. Alors qu’un large mouvement de protestation anti-Pékin ébranle la ville, Alibaba a également présenté son introduction en bourse comme un signe de confiance envers la grande place financière Asiatique. Cette opération ne s’est certainement pas effectuée sans le feu vert du gouvernement chinois qui cherche ici à rassurer la communauté financière de Hong Kong. Les autorités chinoises souhaitent depuis longtemps faire rentrer au bercail les entreprises chinoises cotées à l’étranger. Pékin a créé il y a quelques mois le marché Star (sorte de Nasdaq Chinois) pour faciliter le financement des start-up en Chine. Alibaba pèse désormais près de 450 milliards d’euros de capitalisation boursière et génère tous les jours plus de 60 millions d’euros de trésorerie ce qui constitue de confortables réserves pour financer son développement dans le cloud computing, le divertissement, la logistique ou encore la myriade d’activités de start-up aujourd’hui dans la galaxie Alibaba. Afin d’illustrer la puissance de la firme chinoise, il est instructif de savoir qu’à l’occasion de la onzième édition du « Single Day » correspondant à la fête des célibataires (journée surnommée « 11.11 » en référence à la date de l’évènement), Alibaba a réalisé en une journée plus de la moitié du dernier chiffre d’affaires trimestriel d’Amazon son grand rival américain. Pour couronner le succès de ce coup marketing, les ventes ont progressé de 26 % par rapport à l’année précédente atteignant le montant record de 30,8 milliards $. De plus en plus avec ce genre d’évènements il va falloir s’habituer à voir la Chine dépasser les Etats-Unis et prendre la première place (Alibaba VS Amazon, « 11.11 » VS Black Friday, etc.)

Facebook : Après les opérations de manipulation lors des élections de 2016 aux Etats-Unis, principalement orchestrées depuis la Russie, Facebook (et les autres plates-formes sociales) a réagi avec un arsenal de mesure déployées graduellement depuis 2018 pour lutter contre les faux comptes et la désinformation, aussi bien dans les contenus partagés par les utilisateurs que dans les publicités. Le groupe multiplie ses efforts en matière de transparence pour rétablir la confiance avec ses utilisateurs, en particulier vis-à-vis des gouvernements qui cherchent à exercer plus de contrôle sur ses applications et ses données. Ainsi dans son rapport bisannuel sur la transparence, le géant des réseaux sociaux indique avoir amélioré ses capacités à détecter les « profils fallacieux » ce qui lui a permis de supprimer 5,4 milliards de faux comptes d’utilisateurs depuis le début de l’année. Cela signifie que pour 1 milliard de « vrais comptes » il y a avait donc au moins 5 fois plus de faux comptes (sans compter tous ceux que Facebook n’est pas encore parvenu à identifier comme tels). Nous avions déjà évoqué ce risque en indiquant que le modèle actuel basé sur la « valeur des données » de Facebook, Twitter et de l’ensemble des réseaux sociaux fonctionne notamment sur la publicité facturée en fonction du nombre de comptes touchés, dont en réalité une grande partie est fausse. Raison de plus pour être attentif à la valorisation de certaines entreprises de la « Tech » considérées comme des valeurs de croissance par rapport aux entreprises value (décotées) appartenant à des secteurs moins à la mode mais disposant de clients bien réels.

A surveiller dans les prochaines semaines :

– situation géopolitique : évolution des discussions entre les Etats-Unis et la Chine

– 12 décembre : élections au Royaume-Uni

– communication des banques centrales

– données économiques à court terme

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Le 3 décembre à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/4239197167570660099

Le 6 janvier à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/3493896511935018253

Le 4 février à 18h30 : https://attendee.gotowebinar.com/register/5865720115129593868

Les arbitrages : voir la partie point marchés ci-dessus.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 6 janvier pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.

Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital

L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :

– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)

– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie 

– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré

– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle ��q��]CO