Point mensuel Octobre 2017 – Crédit Agricole PG Investissements

Encore un mois de records en bourse, ce mois-ci le Japon est en tête (+5%) suivi par les émergents, la Zone Euro et les US (tous entre 1% et 4%), le dollar (enfin en hausse) progresse de 1,5%. Pour ce 70eme point mensuel nos portefeuilles types progressent de 2,7% en octobre pour atteindre un nouveau plus haut depuis leur lancement en 2012 à +82,4%, en hausse de 13% depuis le début de l’année.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +18,7%, avec une performance globale de +82,4% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/10/2017 :


Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31/10/2017.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 183 300 €

 

(Templeton n’est pas PEAble mais il est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 175 600 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : de nouveaux records historiques sur la plupart des marchés actions en octobre, notamment sur le marché US (que nous avions renforcé il y a deux mois), comme on peut le voir ci-dessous : la crise de 2008 est loin avec un indice qui a monté de 100% entre le plus haut avant crise (2007) et son niveau actuel :

La plupart des indices mondiaux sont sur la même tendance, le CAC 40 a aussi battu un record historique en fin de mois à 14 000 points (avec dividendes). Ces hausses reflètent l’augmentation des profits des entreprises concernées sur la période, mais également l’amélioration économique globale et la moindre volatilité par rapport aux années passées. D’autres aspects sont aussi à prendre en compte, comme nous l’évoquions lors du point mensuel d’avril : pour ces grandes entreprises la proportion entre investissement et retour à l’actionnaire (que ce soit via les dividendes ou les rachats d’actions) n’a jamais été autant à l’avantage du second : 25% des profits lui étaient reversés en 2000 contre 50% actuellement, ainsi juste pour 2017        les actionnaires des sociétés du S&P 500 devraient se voir reverser environ 1 200 milliards $ (soit le PIB de l’Espagne), c’est évidemment un soutien fort pour les actions. Autre aspect intéressant par rapport à la décennie précédente : la trésorerie considérable qui est amassée par ces entreprises, comme on peut le voir ci-dessous depuis quelques années ces réserves représentent plus de 30% de l’actif total des grandes entreprises Américaines (le double du niveau des années 2000) :

Ces réserves ne sont évidemment pas réparties de manière homogène mais c’est néanmoins un atout de plus pour l’investisseur : ces entreprises sont généralement en (très) bonne santé financière et les profits ne se font pas à cause d’un endettement qui serait trop élevé. Enfin, la comparaison avec les autres actifs est aussi à l’avantage des actions, avec un secteur immobilier à la traine cette décennie et des taux historiquement bas : les taux 10 ans sont passés d’environ 5% en 2007 à 0,8% en France actuellement alors que le rendement des actions (dividende) est autour de 3%, cette anomalie (dividendes > taux longs) est aussi un soutien supplémentaire aux actions.

Ces marchés au plus haut historique intègrent en partie la mise en place des réformes de réduction de taxes aux US, chose qui reste une éventualité pour le moment et non une certitude. Le président actuel est très sensible à la bonne performance des marchés sous son mandat (plus pour des raisons d’égo que d’intérêt personnel, sa fortune étant principalement immobilière), et à défaut d’avoir obtenu le moindre résultat politique, la première année sous sa présidence aura été excellente pour les marchés, il est probable qu’il souhaite maintenir cet avantage non négligeable sur ses prédécesseurs. D’ailleurs personne ne s’y trompe et cet argument-chantage (« passez la réforme ou les marchés vont baisser ») est évoqué par certains politiciens Américains pour accélérer la mise en place de ces réformes sur les taxes, il est donc également possible que les marchés puissent à un moment « forcer » le gouvernement à passer cette réforme en faisant augmenter la volatilité dans les prochains mois, tout comme ils avaient l’habitude de forcer en partie les décisions de la Fed ces dernières années.

Nous restons bien sûr très attentif à tout cela et il n’est pas exclu que nous allégions le portefeuille dans les prochains mois si les marchés devenaient plus chers, comme nous l’avions fait au printemps 2015. Nous en reparlerons bien sûr dans les prochains points mensuels si jamais ce cas de figure se produisait. En attendant pour ceux qui auraient des sommes à investir actuellement sur les marchés actions : nous conseillons toujours la même chose (et peu importe la période) : investir en plusieurs fois sur les actions, par exemple deux tiers au départ et un tiers plus tard (cela ne concerne bien sûr que les investissements en actions, pour les fonds immobilier ou diversifiés cela ne présente pas d’intérêt).

Etats-Unis : une économie qui se porte bien : deux trimestres à 3% de croissance d’affilé (pour la première fois en trois ans) et ce malgré les ouragans récents dans certains Etats, un chômage au plus bas depuis 2001 à 4,2% (et des inscriptions au chômage au plus bas depuis 1973), mais surtout l’économie Américaine entame sa 8eme année de croissance, soit la plus longue période de croissance de l’histoire du pays. Pendant ce temps nous attendons toujours une hausse de taux de la Fed en décembre (0,25%), ce qui porterait les taux directeurs à 1,25%. A l’heure où nous écrivons ces lignes il semble que Jerome Powell puisse prendre le poste de Janet Yellen à la tête de la Fed.

Selon une étude publiée dans le Wall Street journal, chaque iPhone X que vendra Apple rapportera environ 100 dollars à son concurrent Coréen Samsung (qui fournit la majorité des composants qu’utilise Apple). Ainsi pour Samsung, l’iPhone X d’Apple devrait rapporter au final 4 milliards $ de plus que son propre smartphone Galaxy S8. Cela suppose bien sûr que l’iPhone X se vende aussi bien qu’espéré, ce qui ne semble pas être le cas de l’iPhone 8 pour le moment, en attendant que les chiffres officiels nous en disent plus.

Toujours selon le Wall Street journal, Amazon aurait signé un accord avec le plus gros gérant immobilier des Etats-Unis (850 000 logements) afin d’installer des distributeurs automatiques de colis Amazon dans les entrées de ces immeubles. Cela peut paraître curieux mais de nombreuses entrées d’immeubles Américains sont en permanence encombrés de colis Amazon (avec la diffusion rapide du service de livraison Amazon Prime), ça ne rendra pas Amazon plus rentable dans un premier temps mais ça va dans le sens de sa nouvelle stratégie : être de plus en plus présent physiquement et attaquer frontalement la grande distribution.

Zone Euro : réunion du 26 octobre : le QE (injections de liquidités entre autres) devait se finir dans deux mois (décembre 2017) et il a été prolongé encore une fois (comme attendu) jusqu’en Septembre 2018, certes les achats ne seront plus « que » de 30 milliards € par mois, mais avec cette rallonge cela reste colossal (270 milliards de plus sur la période). Pour le moment il n’y a aucune hausse de taux prévue ni aucune piste pour réduire éventuellement le bilan de la BCE un jour. La banque centrale reste donc très active sur le marché de la dette Européenne, voici son bilan sur le graphique ci-dessous :

Un bilan de plus de 4 300 milliards €, en majorité des obligations de dettes publiques Européennes, le bilan de la Banque Centrale Européenne représente désormais plus de 40% du PIB de la Zone Euro, alors que la Fed n’a jamais eu un bilan qui pesait plus de 25% du PIB US, et est actuellement toujours autour de 23% (même discours pour la Fed : pas de marche arrière pour le moment). Cette expansion historique du bilan de la BCE aura permis de dévaluer l’euro de plus de 20%, de pousser l’ensemble des taux (publics et privés) vers des plus bas historiques et de soutenir le retour de la croissance en Europe. Il sera intéressant de voir dans quelle mesure les marchés obligataires et les dettes gouvernementales pourront absorber un éventuel réel retrait de la BCE, qui nous semble impossible dans les conditions actuelles.

Espagne : après l’impossibilité d’organiser son référendum d’indépendance fin septembre, C.Puigdemont (leader des indépendantistes) fait marche arrière en début de mois et n’annonce pas l’indépendance de la région dans un premier temps. Le 21 octobre, M.Rajoy annonce que l’Espagne fait recours à l’article 155 qui permet de suspendre l’autonomie de la région Catalane jusqu’à l’organisation de nouvelles élections régionales. Le 27 octobre C.Puigdemont refuse l’organisation d’élections régionales (auxquelles il serait donné perdant) et déclare l’indépendance de la région. Dans la foulée le Sénat Espagnol valide l’article 155, excluant ainsi le gouvernement Catalan et son chef C.Puigdemont. M.Rajoy annonce ensuite dans la soirée la tenue d’élections régionales le 21 décembre afin de pouvoir nommer un nouveau gouvernement pour cette région. Pendant ce temps 1700 entreprises Catalanes ont délocalisé leur siège social dans une autre région du pays, ajoutant encore un peu plus de pression sur les indépendantistes. Ce mouvement n’est pas fini et nous suivrons bien sûr l’évolution de la situation, mais il s’agît déjà d’une triste nouvelle pour ce pays, qui avait notamment retrouvé une croissance solide après des réformes difficiles entreprises il y a quelques années.

Italie : le pays est toujours dans l’attente d’élections nationales officielles, après avoir vu défiler environ 40 gouvernements sur les 40 dernières années, un record. Ce mois-ci les deux régions de Lombardie (Milan) et de Vénétie (Vérone) ont voté pour demander plus d’autonomie vis-à-vis de Rome, contrairement à ce qui se passe en Catalogne ce vote n’a pas pour but de préparer l’indépendance du nord de l’Italie mais juste de transférer moins d’argent vers le sud et de gérer localement une partie plus importante du budget. La situation n’est d’ailleurs pas vraiment comparable avec le dossier Catalan, ces deux régions pèsent deux fois plus en termes de PIB et d’habitants, mais transfèrent aussi beaucoup plus de ressources vers le reste de l’Italie (le sud surtout) que la Catalogne vers l’Espagne. Cependant il y a bien quelques points communs, notamment que ces deux régions sont aussi gouvernées par des indépendantistes populistes : leurs présidents Roberto Maroni (Lombardie) et Luca Zaia (Vénétie) sont tous deux membres du parti de la Ligue du Nord. Le « oui » à plus d’autonomie l’a emporté à plus de 95%.

Royaume-Uni : les automobilistes payaient déjà une taxe d’environ 13€ par jour pour circuler à Londres, ils paieront désormais aussi une taxe pollution d’environ 11€ supplémentaires, soit 24€ par jour pour les décourager de prendre leur véhicule/encourager les transports en commun. Cette tendance s’observe dans de nombreuses capitales Européennes et devrait s’amplifier dans les années à venir, tout comme l’interdiction des moteurs diesel en discussion dans de nombreux pays, cela fait partie du même mouvement d’une transition écologique qui devient concrète et impactante.

Japon : des élections anticipées avaient lieu le 22 octobre, le premier ministre S.Abe espérait ainsi renforcer sa majorité : c’est chose faite avec environ deux tiers des sièges acquis à sa cause, il faut aussi dire que l’opposition était presque inexistante et probablement pas prête, obligée de faire des campagnes électorales de dernière minute (résultats catastrophique pour la gouverneure de Tokyo Mme Koike mais meilleurs qu’attendu pour Mr Edano). La politique actuelle devrait donc continuer sans réelle opposition, ce qui a été apprécié par les marchés actions Japonais (c’est surtout l’extrême générosité de sa banque centrale qui est saluée).

Chine : le 19eme congrès du parti communiste qui s’ouvrait le 18 octobre dernier était l’occasion pour le président Xi Jinping de consolider son influence sur le pays. Notamment parce que le puissant bureau politique (25 membres) va subir un renouvellement important (presque la moitié de ses membres vont devoir quitter leur poste à cause de la limite d’âge), mais aussi parce que cet évènement est toujours un passage important dans la vie politique Chinoise : à la suite de ces congrès se décide la stratégie pour les 5 ans à venir. Xi Jinping est donc reconduit pour 5 ans et a réussi à faire inscrire dans les statuts du parti la mention suivante : « pensée de Xi Jinping du socialisme à la Chinoise de la nouvelle ère », ce qui d’après les experts est un honneur rare que personne n’avait eu depuis Mao (fondateur du régime actuel). Pour information le « parti » compte 90 millions de membres. Pour les puristes, d’un point de vue économique la notion de « socialisme à la Chinoise » pourrait être synonyme de « capitalisme d’Etat », mais ce n’est qu’une opinion. Les faits sont que l’influence de Xi Jinping sur la Chine est désormais plus forte que jamais, quasi-totale grâce à la nomination de proches à des postes clés du parti.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mise en place des programmes de réduction de taxes et dépenses en infrastructures aux US
– change euro/dollar (l’euro semble actuellement trop élevé) et déclarations des banques centrales
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier Chinois / Canadien / Californien / Australien / Scandinave)
– situation géopolitique (la Corée du nord surtout, mais aussi la Catalogne)

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci. Concernant le portefeuille type assurance-vie : le fonds Amundi Actions PME (que nous avions conseillé d’alléger il y a deux mois après plus de 24% de hausse en 2017, et plus de 80% de hausse depuis notre conseil d’investissement il y a trois ans), la taille relativement restreinte de ce marché (entreprises éligibles au PEA-PME) fait que la plupart de ces fonds ont atteint une taille importante et vont devoir prochainement appliquer des frais d’entrée de 5% pour les nouveaux investisseurs afin de protéger les investisseurs actuels. Nous conseillons à ceux qui ont déjà cette ligne de la garder. Pour les nouveaux investissements nous conseillons d’investir sur le fonds Amundi Euroland Small cap (LU0568607203, toujours sur le thème des petites entreprises de la Zone Euro mais non éligible PEA-PME), nous afficherons d’ailleurs ce fonds dans notre portefeuille type assurance-vie à partir du mois prochain afin de garder un portefeuille qui soit facile à répliquer (même si nous conseillons donc à ceux qui ont le fonds Amundi Actions PME de le garder).

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 4 décembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine