Point Mensuel Septembre 2016 – CAMPG Investissements et Economie

PG InvestUn mois de septembre stable sur les marchés, en légère baisse ou proche de 0 globalement. Malgré une baisse du dollar (-1%) et des actions Zone Euro (-0,7%) nos portefeuilles résistent bien (+0,1%) grâce au Japon, aux émergents et au thème des petites sociétés en Zone Euro. Pas de changement dans la stratégie d’investissement actuelle.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance augmente à +12,9%, avec une performance globale de +55,4% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/09/2016 :

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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/09/2016.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 156 300

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(Templeton et Aberdeen ne sont pas PEAbles, ces 10% peuvent être investis à 5% de plus sur Emerging et 5% sur le Japon)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 149 500 €

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Point marchés :
des marchés relativement stables ce mois-ci, avec des actions Zone Euro en légère baisse (-0,7%) notamment à cause de la tension sur le secteur bancaire (Deutsche Bank et les banques Italiennes en particulier), un thème (secteur financier Européen) qui devient désormais très attractif en termes de valorisations tout en restant solide en termes de profits (les tensions proviennent surtout de problèmes politiques, d’amendes records et de l’impact des taux 0 sur la rentabilité du secteur). Un dollar qui recule suite à la conférence de la Fed et au statuquo sur les taux (-1%) et qui revient dans une zone relativement attractive (au-dessus de 1,12). Pour rappel depuis plus d’un an notre fourchette d’estimation sur le dollar est comprise entre 1,05 et 1,15 ; ce qui constitue pour le moment les seuils d’acceptation de la BCE (1,15) et de la Fed (1,05), ce n’est donc pas un mauvais moment pour renforcer légèrement les positions en dollars. Sur les autres grands marchés actions les US sont stables (-0,1%) et comme c’est le cas depuis le début de l’année des pays émergents sont toujours en tête (+1,5%), le Japon se reprend bien également (+1,5%). A noter le très bon mois sur le thème des petites sociétés en Zone Euro avec la ligne Amundi Actions PME (+3,4% en septembre, +10,7% sur trois mois). Côté volatilité/tension le VIX reste sur un niveau bas (inférieur à 15) ce qui est profitable aux actions.

Pétrole : l’OPEP reconnaît enfin que sa production est trop élevée en ce moment (c’est la première fois depuis 2008 que l’organisation « avoue » une surproduction) et annonce vouloir la réduire d’environ 500 000 barils/jour (le monde dans sa globalité aurait une surproduction plutôt autour de 800-900 000 barils/jour, l’OPEP ne représentant plus qu’un tiers de la production mondiale). Il sera intéressant de voir si ces paroles seront suivies d’actes lors de la réunion à Vienne prévue le 30 novembre prochain : historiquement les quotas de l’OPEP ne sont jamais respectés et l’ensemble de ses pays trichent en produisant toujours un peu plus que prévu. De plus, des pays comme l’Iran, le Nigeria ou encore la Lybie ne sont pas encore revenus sur leurs niveaux « normaux » de production et il est difficile de les imaginer s’arrêter en route…surtout pour soutenir un accord avec des pays comme l’Arabie Saoudite par exemple, avec qui les relations ne sont pas forcément optimales. De plus, les pays concernés ont récemment accéléré leur production (la base de négociation leur sera plus favorable) : ainsi le Koweït et l’Arabie Saoudite ont réalisé de nouveaux records historique de production au début du mois, et en dehors de l’OPEP la Russie a aussi annoncé avoir atteint son record historique en termes de production durant le mois de septembre (un peu plus de 10% de la production mondiale à elle seule). La réduction éventuelle de la production (basée sur les niveaux actuels) devrait donc juste être un retour à ce qui était produit il y a quelques mois. Côté US le pétrole de Schiste reste à l’affût de tout rapprochement du niveau de 50 $ ce qui suppose un retour à la production pour de nombreux puits en attente, et c’est bien ce que redoutent les pays de l’OPEP : que l’éventuelle réduction de la production (coûteuse) ne favorise le retour du Schiste US.

Face au pétrole se dresse également la révolution énergétique et notre pays n’est pas en retard : sur les 700 milliards $ d’obligations « climatiques » émises sur terre, plus de 60 milliards $ l’ont été sur le marché Français (seuls les US et la Chine ont fait mieux). L’investissement mondial dans les énergies renouvelables a été de presque 300 milliards $ l’an dernier et des pays comme l’Allemagne utilisent jusqu’à 90% de renouvelable dans la part d’électricité consommée, preuve que le changement est bien réel. Nous avions abordé ce sujet plus en détail l’an dernier (lien vers l’article ici).

US : Mme Yellen égale à elle-même dans sa conférence ce mois-ci : toujours à l’affût d’une excuse pour ne pas monter les taux : toujours pas de hausse ce mois-ci non plus, nous sommes à une réunion (décembre) de la fin d’année et toujours aucune hausse de taux. Il y a la place aux US (0,25% de plus ou de moins cela n’aura pas d’impact) mais pas dans le reste du monde : le dollar serait donc la variable d’ajustement si les taux montaient juste aux US : Mme Yellen le sait et retarde l’échéance le plus possible, tant que les taux ne montent pas l’environnement actions devrait continuer de favoriser les émergents et dans une moindre mesure les US, comme c’est le cas depuis le début de l’année. Ensuite en cas de hausse (elle devrait en faire au moins une ou deux fin 2016/2017 pour rester crédible) les actions Japonaises et Européennes devraient bénéficier d’une possible baisse du Yen et de l’Euro face au dollar.

Un point important après des années de taux 0 aux US : les banques viennent de réaliser le meilleur trimestre de leur histoire avec plus 43 milliards $ de profits, preuve que les taux extrêmement bas et l’excès de réglementation n’empêche pas ce secteur de réussir. Un parallèle peut évidemment être fait avec l’Europe, où malgré un environnement de taux encore pire qu’aux US et une réglementation au moins aussi contraignante les profits des banques Européennes restent très élevés. Du côté des investissements il est clair que les banque Européennes sont sous-valorisées aujourd’hui et que le marché sur-réagit négativement sur ce secteur qui réalise encore des milliards € de profits et dont les bases n’ont jamais été aussi solides (les réserves ont augmenté de plus de 100% en à peine quelques années et le taux global de défaut reste très faible).

Du côté des élections qui se tiendront en novembre, les sondages restent proches entre les deux candidats, le premier débat a été pauvre en terme d’idées et il est probable que les prochains (9 et 19 octobre) soient similaires. Nous n’avons pas de pronostic sur le nom du vainqueur mais anticipons la chose suivante sur les marchés : en cas de victoire de Mme Clinton les autorités et lobbys en place seront rassurés et les marchés devraient donc accueillir favorablement la nouvelle dans un premier temps, mais à termes il n’est pas sûr que sa politique soit favorable aux marchés (en dehors du plan de relance supposé). Dans le cas d’une victoire de Mr Trump il devrait y avoir plus de volatilité dans un premier temps avec un effet surprise relatif (la plupart des investisseurs ne croient toujours pas à cette possibilité, malgré les récents épisodes Grecs, Brexit et autres) et une inconnue sur la personne, nous pensons qu’il ne mettra pas son programme en place et qu’il sera forcé de laisser faire le congrès, ce qui est souvent positif pour l’économie et les marchés (comme sous les mandats Obama par exemple). Dans tous les cas il nous semble important d’insister sur les points suivants : le président a peu de pouvoir aux US c’est surtout le congrès qui compte (les deux mandats de Mr Obama par exemple), et la différence est grande entre le programme annoncé et le programme effectivement appliqué ensuite. Nous ne sommes donc pas inquiets, peu importe le vainqueur de cette élection, dans les deux cas nous nous attendons à un plan de relance via les infrastructures et cherchons déjà les opportunités liées à ce thème pour nos conseils d’investissements.

Concernant les fameux prêts participatifs (crowdfunding) de particulier à particulier (en dehors du système bancaire), après un développement important et un effet « mode » probable, le secteur est actuellement en très grande difficulté, les prêts se sont effondrés (-35%) en à peine quelques mois après les premières inquiétudes sur le risque réel pour l’épargnant…les réductions d’effectifs chez les leaders du secteur comme Avant, Lending Club ou Prosper atteignent déjà des niveaux critiques (respectivement 40%, 12% et 28%). Peu de doute sur le fait que ces problèmes viendront évidemment peser sur l’éventuel développement du crowdfunding en Europe.

Zone Euro : nous l’anticipions après le vote du Brexit et attendions quand même une confirmation des chiffres à la rentrée, la voici : le moral des entrepreneurs (IFO) Allemands est au plus haut depuis plus de deux ans et les PMI Français (indices d’activité) augmentent également, au plus haut depuis plus d’un an, à la fois dans l’industrie et dans les services : le Brexit est donc pour le moment surtout psychologique et politique et n’a pas impact économique réel, cela devrait rester le cas d’ici à la sortie effective (qui n’est pas pour demain) et voir même ensuite puisque nous anticipons une sorte de statuquo avec des accords très semblables à ceux actuellement en place. Une bonne tenue de l’activité également confirmée par le succès des TLTRO 2 (prêts à taux 0 de la BCE aux banques commerciales qui augmentent leurs prêts aux ménages et entreprises) avec plus de 45 milliards € prêtés lors de l’opération de septembre, beaucoup plus qu’attendu, preuve que le crédit redémarre petit à petit (même si l’investissement reste le gros problème Européen).

La BCE tenait sa conférence le 8 septembre, pas de changement sur les principaux taux qui restent autour de 0%, pas de changement non plus sur le gigantesque programme de rachat d’obligations qui reste autour de 80 milliards € par mois. Le comité semble satisfait de la tenue actuelle de l’économie dans la zone et se félicite du coût historiquement bas de crédit pour les ménages et les entreprises (les petites notamment). M.Draghi répète qu’il n’y a pas d’urgence pour le moment et donc aucune raison d’augmenter ses interventions. Pas de surprise, c’est conforme à nos attentes, du côté des actions Zone Euro c’est l’éventuelle légère hausse de taux à venir aux US qui pourrait refaire baisser l’euro de nouveau (pas dans les proportions passées mais une variation de 3-4% serait suffisante) et soutenir des actions Européennes attractives en termes de valorisations et de profits mais actuellement pénalisées par les problèmes politiques.

Italie : le référendum sur la réforme constitutionnelle se tiendra le 4 décembre, un peu plus tard que prévu donc, ce qui n’arrange pas la position déjà délicate de M.Renzi, même si cela lui donnera plus de temps pour faire campagne. Côté investissement ce vote est important et le secteur bancaire Européen (via le secteur bancaire Italien mais aussi l’exposition de grandes banques Européennes à ce pays) pourrait en bénéficier en cas d’issue positive (ce que nous espérons). Côté politique, M.Renzi parle de moins en moins de sa démission en cas de défaite…

Espagne : toujours en reprise économique et toujours sans gouvernement depuis maintenant presque un an, les négociations ne décollent toujours pas et les partis ont désormais un mois pour négocier un nouvel accord sinon les électeurs Espagnols devront de nouveau voter fin décembre…Pendant ce temps le chef du parti socialiste a démissionné (poussé dehors par des « pro-coalition » lassés du blocage systématique affiché par leur parti), ce qui pourrait donner une nouvelle (dernière ?) chance d’accord.

France : la dette du pays continue d’augmenter rapidement et cumule désormais à 2 170 milliards €, un nouveau record. Pour information quand nous avons commencé à publier ces points mensuels il y a un peu plus de quatre ans la dette du pays était alors de 1 750 milliards €. C’est d’autant plus impressionnant que dans le même temps la France est devenu le pays avec la plus forte imposition globale, ce qui ne nous a pas empêché d’ajouter plus de 400 milliards € de dettes supplémentaires sur la période. Fort heureusement pour nous la BCE a fait plonger les taux auxquels nous empruntons en tant que pays (pour les emprunts à dix ans par exemple : 3,10% il y a 4 ans, 0,2% aujourd’hui) et nous sauve ainsi de la faillite pour le moment (comme nos voisins transalpins d’ailleurs). Trois questions se posent toujours : 1) jusqu’à quel niveau de dette la BCE peut-elle nous sauver ? 2) comment est-il possible d’avoir de tels déficits en ayant la plus forte imposition du monde ? 3) pourquoi consacrons-nous la quasi-totalité de la dépense publique aux charges de fonctionnement/social et non à l’investissement ? Pour les adeptes de la théorie de relance Keynésienne : il ne faut pas confondre dépenses publiques d’investissement et dépenses publiques de fonctionnement/social, l’effet n’est malheureusement pas du tout le même.

Allemagne : gros revers pour Angela Merkel lors d’élections régionales ce mois-ci, son parti réalise les pires résultats de son histoire dans plusieurs régions, en perdant notamment face à l’AfD (formation « alternative »). Comme partout en Europe on assiste à ce mouvement puissant contre les partis en place qui cumulent partout des scores historiquement bas (Espagne, Italie, France, Allemagne, etc.), il est surprenant que nos voisins Allemands soient touchés aussi fortement par cette contestation alors que leur situation économique est plus qu’enviable : croissance solide, dette en baisse, excédent budgétaire (vous avez bien lu), plein emploi, etc. Preuve que le problème est probablement plus d’ordre social (c’est notamment la crise des migrants qui aura fragilisé Mme Merkel). Nous sommes à un an des élections fédérales et en Allemagne comme ailleurs en Europe le risque politique reste le principal facteur à surveiller.

Du côté des entreprises Allemandes le géant Bayer s’agrandit encore avec le rachat de l’Américain Monsanto pour 59 milliards €, il reste à voir si l’acquisition sera validée par les autorités de concurrence tellement le nouvel ensemble sera dominant sur ses différents marchés.

Japon : lors de sa conférence du 21 septembre la banque centrale du Japon (BoJ) a continué d’innover dans sa politique monétaire, elle est désormais très claire sur l’avenir des taux locaux : « les injections de liquidités nous servirons à contrôler la pente de la courbe des taux », c’est la première fois qu’un banquier central affiche clairement le fait que les taux obligataires ne sont plus des taux de marchés (liés à l’offre et à la demande plus les composantes risque et durée) mais uniquement des taux administrés par la banque centrale. Auparavant l’idée était de faire baisser les taux, maintenant même l’écart entre les maturités (la pente de la courbe) sera contrôlé, c’est certes une sécurité mais aussi une distorsion de marché. Dans tous les cas, le Yen devrait bien finir par s’affaiblir face au dollar quand la Fed remontera (même légèrement) ses taux, ce qui devrait soutenir les actions Japonaises : c’est l’une des raisons de nos positions actions Japon couvertes du change actuellement (nous attendons le même effet sur la Zone Euro mais dans des proportions moins importantes, même s’il s’est récemment renforcé le lien devise/actions est moins important chez nous). Globalement Mr Kuroda reste très accommodant et la BoJ est toujours la banque centrale la plus active sur terre, même si la situation économique au Japon reste très contrastée : de gros problèmes de finances publiques (dette colossale, déficit important, vieillissement de la population) mais des entreprises solides, innovantes, un chômage inexistant ainsi qu’une situation sociale stable.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– les déclarations des membres la Fed (sauf tensions de marchés, enfin une hausse en décembre ?)
– les déclarations de la BoJ et du gouvernement Japonais (le Yen va-t-il se déprécier de nouveau ?)
– les déclarations de la BCE (qui ne devrait pas annoncer de changement)
– le sentiment des investisseurs sur la situation en Chine (et interventions des autorités)
– les dossiers géopolitiques en cours : l’Italie en décembre (Brexit repoussé à plus tard), Deutsche Bank
– le pétrole (de nouveau en surproduction mondiale), réunion de Vienne du 30 novembre (accord ?)

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 3 novembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAMPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition. Vous pouvez également retrouver plus d’information sur l’économie et les marchés financiers via mon compte twitter : @Tom_Lombardi

 

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L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine