Point mensuel Septembre 2017 – Crédit Agricole PG Investissements


Un mois de septembre en forte hausse sur les marchés actions mondiaux, ce mois-ci le Japon et la Zone Euro sont en tête des performances (+5%) suivis des US (+3%) et des émergents (1%). Nos portefeuilles types atteignent également un nouveau plus haut depuis leur lancement en 2012 à 77,7%, en hausse de 10,1% depuis le début de l’année.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +17,6%, avec une performance globale de +77,7% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 29/09/2017 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 29/09/2017.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 178 400 €
 

(Templeton n’est pas PEAble mais il est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 171 100 €

Répartition du portefeuille actuel :

Ce mois-ci nous avons également fait un point sur le Bitcoin, que vous retrouverez en cliquant sur le lien ici.

Nous avions également fait un point le mois dernier sur la Corée du nord (lien ici), il reste d’actualité puisque rien n’a changé depuis, ni l’agressivité des déclarations publiques ni l’urgence des négociations en coulisses, à suivre.

Point marchés : un marché mondial qui progresse fortement en septembre, principalement sur les actions Japonaises et Européennes (autour de +5%), mais également sur les US (+3%) que nous avions renforcé le mois dernier, les émergents que nous avions allégés le mois dernier sont stables ce mois-ci (+1%) et restent en tête des performances depuis le début de l’année. Le marché US touche un nouveau plus haut historique ce mois-ci avec un S&P 500 qui passe au-dessus de 2500 points hors-dividendes (4900 pts avec), la plupart des indices actions mondiaux sont aussi sur un plus haut historique (y compris le CAC 40, à 13 534 pts avec dividendes), c’est également le cas pour nos portefeuilles types.

Devises : nous l’avions évoqué lors des précédents points mensuels le dollar a fortement baissé face à l’euro depuis le début de l’année, passant de 1,05 à 1,20, comme nous pouvons le voir sur ce graphique ci-dessous 2017 est pour le moment la plus forte baisse de la devise Américaine depuis plus de 20 ans face aux autres devises mondiales :

Nous avions donc renforcé nos positions en dollar le mois dernier (via les actions US dans le PEA et l’assurance-vie) afin de profiter d’un éventuel rebond du dollar. Le cours a légèrement monté depuis, passant d’un plus haut de 1,20 durant le mois à 1,18 actuellement ce qui a donc été bénéfique pour nos portefeuilles. Nous maintenons un objectif de cours en dessous de 1,10.

Obligations et endettement : après avoir présenté les excès de valorisations des secteurs actions technologiques/internet le mois dernier, et de l’immobilier de certaines zones le mois précédent, nous continuons notre liste d’actifs surévalués ce mois-ci avec le marché de la dette : les obligations d’Etats et d’entreprises, principalement en Europe mais pas seulement. Sur la partie des entreprises, c’est le segment du « haut rendement » Européen qui nous préoccupe le plus, ces entreprises en situation économique ou financière difficile offrent en général des taux très attractifs pour compenser un risque de défaut plus élevé, mais les taux moyens de ces obligations sont désormais tellement bas qu’ils sont semblables à ceux de l’Etat Américain (ce qui n’a aucun sens ni en termes économiques ni en termes de risque), comme nous pouvons le voir sur le graphique ci-dessous avec le 10 ans Américain en noir et les obligations haut rendement Européennes en rouge :

Du côté des Etats, même si les taux ne remontent toujours pas (avec des rendements actuels sur les obligations d’Etats 10 ans à 0,7% pour la France, 0,4% pour l’Allemagne et 2,2% pour les US), les dettes publiques continuent de progresser à une vitesse non soutenable. Les gouvernements profitent des taux 0 actuels offerts par les banques centrales pour continuer de s’endetter sans payer d’intérêts, ainsi l’Autriche vient d’émettre des obligations à 100 ans au taux de 2,1% pendant que les Etats-Unis viennent de passer les 20 000 milliards $ de dettes publiques pour la première fois de leur histoire. Voici la situation globale en volume et en % du PIB sur le graphique ci-dessous :

Le « T » signifie un millier de milliards $, soit pour la France par exemple 2 440 milliards $, les pays en rouge sont endettés à plus de 100% de leur PIB annuel (de la richesse totale crée sur un an), seul le Japon est au-dessus de 200% (proche de 300%), les pays en orange sont entre 50% et 100% tandis que les pays en vert sont peu ou pas endettés. Comme nous l’évoquons depuis plusieurs années désormais il nous apparait clair que ces dettes ne seront pas remboursées, les banques centrales détiennent déjà des quantités colossales de dettes publiques dans les pays développés et l’on devine facilement la suite (un effacement de dette via les banques centrales). Il reste à savoir quelles seraient les modalités : les banques centrales effaceraient purement et simplement ces obligations ? Le secteur privé prendrait-il en charge une partie de cet effacement ? Ces obligations seraient-elles repoussées indéfiniment ? (comme c’est le cas actuellement, à chaque fois qu’une obligation d’Etat arrive à terme elle est remboursée avec l’argent d’une nouvelle obligation émise, la dette est repoussée dans le temps, pour un montant toujours plus important mais avec des taux toujours plus bas depuis l’intervention des banques centrales).

Tout comme pour les autres actifs surévalués que nous avons présenté récemment (l’immobilier de certains pays ou les actions techno/internet) il n’y a pas de danger immédiat sur les obligations car à court terme ces actifs restent fortement soutenus par diverses tendances (taux bas pour l’immobilier, liquidités pour les actions techno ou encore banques centrales pour les obligations), c’est un peu comme les retraites : on sait que ça va probablement mal se finir mais pas demain. Les (très) intéressantes performances délivrées par la plupart des segments du marché obligataire ces dernières années proviennent de cette baisse historique de taux, qui ne pourra pas se reproduire ni même difficilement aller plus loin (0% étant une limite difficile à franchir). C’est pourquoi nous ne détenons presque plus cet actif dans nos portefeuilles depuis déjà plusieurs années, nous avions historiquement une position proche de 30% en obligations et elle n’est plus que de 3% cette année. Sur les niveaux actuels nous considérons que l’investisseur n’est pas rémunéré pour le risque qu’il prend et nous ne pouvons que conseiller de vendre (s’il vous en reste) les fonds obligataires (à ne pas confondre avec les fonds diversifiés, qui ne contiennent qu’une partie d’obligations et sont en général plus flexibles et également investis en actions).

Etats-Unis : la Fed ne modifie pas ses taux pour le moment, elle est donc en retard sur le calendrier prévu, comme chaque année depuis 2014. Le problème d’une inflation trop faible (selon nous liée à la techno-déflation) est avancé pour justifier ces hausses de taux manquées, de plus l’éventuelle hausse à venir en décembre est très politique puisque Mme Yellen ne devrait probablement garder son poste actuel. Pendant ce temps l’actualité est surtout occupé par les différents conflits autour du président, de celui avec la presse à celui autour des affaires Russes en passant par celui des tweets permanents ou encore des échecs répétés sur l’abrogation de l’Obamacare, son discours agressif lors de la réunion des Nations-Unis ce mois-ci n’aura rien arrangé non plus sur le dossier Nord-Coréen. Il semble que les marchés n’écoutent plus depuis longtemps et qu’il n’y ait pas d’attente particulière en dehors de ce fameux programme de réduction de taxes et d’investissements publics qui est toujours en préparation et dont nous attendons de prochaines avancées.

Zone Euro : l’inflation ne repart toujours pas malgré le retour de la croissance (même idée que pour les US, la faible inflation actuelle est partie pour durer), mais la bonne tenue de l’économie Européenne et la mise en retrait des actions de la Fed devrait pouvoir permettre à M.Draghi de ralentir le rythme des achats de dettes par la BCE dès le mois d’octobre. Ce mouvement à venir n’annonce en rien un « retour à la norme » que ce soit du côté des taux ou du bilan de la BCE, qui continuera de s’agrandir (il est déjà supérieur à celui de la Fed) mais moins rapidement qu’avant, ce qui est un bon signe de plus autour de l’économie Européenne.

Allemagne : comme attendu c’est A.Merkel qui l’a emporté pour la quatrième fois consécutive lors des élections de fin septembre, une longévité impressionnante (surtout dans la période actuelle), même si cette élection aura probablement été la plus compliquée des 4, avec un score de sa CDU/CSU d’à peine 33% (plus bas depuis plusieurs dizaines d’années). Le plus difficile commence maintenant puisque Mme Merkel devra former une alliance, probablement impossible avec l’adversaire SPD (qui s’est d’ailleurs écroulé lors de ces élections), il restera les libéraux (FDP) et les verts, il s’agirait d’une première de ce genre et cela ne semble pas si simple, ni à mettre en place ni à maintenir ensuite. Le populisme gagne aussi du terrain en Allemagne, même s’il reste bien inférieur à tous les autres grands pays Européens, le parti AFD réalisant un score historique de 13% et rentrant ainsi en force au Bundestag. C’est une donnée importante pour la suite, l’Allemagne étant de plus en plus la locomotive économique et politique de l’Europe, maintenant que la croissance est revenue et que la situation économique est stable le couple Franco-Allemand a donc 4 ans de plus pour essayer de faire avancer l’Europe politique.

France : fin septembre le gouvernement a présenté le projet de loi de finances pour 2018 (qui doit encore passer par le parlement pour une adoption au 1er janvier 2018), la grande nouveauté est la fameuse « flat tax » : prélèvement forfaitaire unique de 30% (CSG de 17,2% incluse) pour tous les revenus du capital, y compris pour l’assurance-vie. Comme attendu l’ISF ne concerne plus les valeurs mobilières mais uniquement l’immobilier, qu’il soit direct ou indirect (OPCI et SCPI, comme par exemple Prem’Opcimmo qui fait partie de nos conseils). Vous retrouverez plus de détail sur l’article publié ce weekend sur notre blog en cliquant ici.

Les impacts en termes d’épargne : ces mesures visent clairement à pénaliser l’immobilier et à favoriser les valeurs mobilières (avec une sortie de ces dernières de l’ISF notamment, alors que c’était de loin sa plus importante composante), le PEA reste la meilleure enveloppe mais le compte-titres deviendrait également intéressant même en cas de revenus élevés (ce qui n’était pas le cas précédemment), l’assurance-vie ne serait que peu impactée par cette nouvelle fiscalité et reste intéressante. De plus l’immobilier va également être touché par le début du mouvement de normalisation de l’immobilier Français, qui consiste à débrancher petit à petit les perfusions actuelles : la première étant les aides au logement et la seconde étant les niches fiscales immobilières. L’immobilier Français a fortement bénéficié de ces subventions directes et indirectes durant ces 20 dernières années, les prix (surtout en dehors des grandes villes) s’ajusteraient fortement à la baisse si ces 40 milliards € de subventions annuelles venaient à s’arrêter. Bien entendu pour le moment l’effet ne sera que très faible puisque la majorité de ces subventions ne sont presque pas réduites, mais il semble que pour la première fois ce mouvement de normalisation (nécessaire et globalement positif pour l’économie nationale) soit enclenché.

Espagne : de nouveaux problèmes politiques (malgré le retour d’une croissance solide et la baisse du chômage) avec tout ce qu’il se passe autour du référendum pour l’indépendance de la Catalogne. Il est trop tôt pour commenter les évènements de ce weekend mais dans l’état actuel des choses les négociations semblent compliquées. La solution semblerait être un statut plus indépendant, proche de celui du pays Basque Espagnol par exemple, cependant la situation est bien différente pour la région de Catalogne qui est l’une des plus endettées du pays et fonctionne actuellement aussi grâce aux 50 milliards € prêtés par Madrid suite à la mise en place du mécanisme de soutien aux régions en 2012. Les obligations d’Etat Espagnoles restent incroyablement calmes face à ce risque politique, merci la BCE encore une fois.

Japon : le premier ministre S.Abe (que la crise Nord-Coréenne a fait remonter dans les sondages) vient de dissoudre l’assemblée et d’annoncer de nouvelles élections le 22 octobre afin de renforcer de nouveau sa majorité. Nous n’y voyons pas d’avancée majeure pour le pays dans les propositions mais les marchés devraient apprécier une victoire conséquente d’Abe pour s’assurer de la poursuite de ses réformes.

Chine : le congrès du parti débutera ce mois d’octobre et devrait voir la réélection de Xi Jinping comme dirigeant du pays. A la suite de cette grande réunion seront publiés les chiffres économiques pour le trimestre qui vient de se finir : ces données peu fiables seront probablement très proches des niveaux souhaités par le parti durant le congrès mais restent néanmoins positives au regard de l’ensemble des indicateurs officiels et officieux de l’économie Chinoise. Avant ce congrès, et peut-être pour inciter le parti à réellement agir sur le sujet, l’agence de notation S&P a dégradé la note souveraine de la Chine d’un cran à cause de l’endettement global (public et privé) qui se développe de manière trop rapide (cela fait également suite à la dégradation récente par l’agence Moody’s pour les mêmes raisons).

A surveiller dans les prochaines semaines :
– mise en place des programmes de réduction de taxes et dépenses en infrastructures aux US
– change euro/dollar (l’euro semble actuellement trop élevé) et déclarations des banques centrales à venir
– valorisations trop élevées de certains actifs par rapport à leur valeur réelle (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier Chinois / Canadien / Californien / Australien / Scandinave)
– situation géopolitique (Corée du nord surtout, mais aussi Catalogne dans un autre registre)

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci, nous avions principalement allégé les positions actions pays émergents et renforcer les actions US en dollar le mois dernier.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 3 novembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : SMS et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine