Point Mensuel Septembre 2018 – Crédit Agricole PG Investissements

Des marchés globalement proches de l’équilibre ce mois-ci, les indices actions Européens et émergents ont baissé d’environ 5% en début de mois puis ont rebondi dans les mêmes proportions en fin de mois, les marchés Américains progressent légèrement (+0,7%) tandis que la bonne surprise vient du Japon qui affiche une forte hausse en septembre (+5%). Nos portefeuilles types progressent de 0,3% et atteignent un nouveau plus haut à +88,3% depuis lancement.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive) notre avance est de +22,6%, avec une performance globale de +88,3% depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 28/09/2018 :

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA/compte-titres et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 28/09/2018.

Portefeuille type PEA/Compte-titres : valorisation : 187 300 €

(Templeton n’est pas PEAble mais est également disponible dans les assurances-vie Floriane et Espace Liberté)

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) : valorisation : 183 000 €

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés : des marchés globalement proches de l’équilibre ce mois-ci, les indices actions Européens et émergents ont baissé d’environ 5% en début de mois puis ont rebondi dans les mêmes proportions en fin de mois, les marchés Américains progressent légèrement (+0,7%) tandis que la bonne surprise vient du Japon qui affiche une forte hausse en septembre (+5%). Au Japon justement, S.Abe renforce sa position à la tête de son parti et donc du pays (élu avec deux tiers des voix), cette stabilité politique profite aux actions Japonaises. L’Italie continue de peser sur les actions Européennes qui, même si elles sont relativement moins chères que les actions US, ont toujours ce poids politique important à supporter ces dernières années. Nos portefeuilles types progressent de 0,3% et atteignent un nouveau plus haut à +88,3% depuis lancement. Malgré des fondamentaux excellents les performances des marchés en 2018 restent pour le moment ralenties par les menaces de guerre commerciale et les problèmes Italiens (des performances 2018 qui sont positives uniquement grâce aux actions Américaines et au Dollar).

Comme nous l’avions supposé lors de la mise en place des réformes de D.Trump le rapatriement des avoirs détenus à l’étranger par des sociétés Américaines (environ 1 000 milliards $) sert principalement à payer des rachats d’actions et des dividendes, ainsi près de 500 milliards $ sont déjà revenus cette année ce qui a fortement soutenu l’immense vague de rachat d’actions 2018 que nous avons présenté le mois dernier. C’est un soutien supplémentaire aux actions Américaines, ci-dessous le graphique des rapatriements trimestriels en milliards $ sur les 15 dernières années, là-aussi l’effet de la réforme est clair :

Banque centrales : comme attendu la Fed a monté son taux directeur de 0,25% (à 2% désormais) en fin de mois, J.Powell a été particulièrement optimiste et confiant sur la situation actuelle, tous les chiffres vont d’ailleurs dans son sens (il est clair qu’avec une croissance de 4,2% et un taux de chômage de 3,9% il serait difficile d’annoncer autre chose). La Fed projette une nouvelle hausse de taux en décembre, puis 3 autres en 2019 et une seule en 2020, ce qui permettrait de revenir à un niveau « normal » de taux courts aux US (3.5%) à l’horizon 2020. Le problème selon nous est que même dans l’hypothèse où ce scénario se réalise les taux courts US seront les seuls taux « normaux » du monde : les taux long US sont toujours trop bas et les autres taux courts et longs à travers le monde développé sont toujours proches de 0. On ne peut logiquement pas avoir un taux US 10 ans à 3% et un taux US 2 ans à 2,8% éternellement, ce trop faible écart vient selon nous du fait que le taux US 10 ans est le taux long du monde (qui ne peut pas supporter un taux mondial de référence beaucoup plus élevé que ça) alors que le taux US 2 ans est un taux cout local uniquement. La précédente direction de la Fed (J.Yellen) était beaucoup plus attentive au reste du monde tandis que la présidence actuelle est clairement dans l’« America first » et remonte les taux principalement pour des raisons internes (les Etats-Unis pourraient supporter des taux longs un peu plus élevés), cependant il ne faut pas perdre de vue que J.Powell n’est pas économiste et qu’il sera probablement de plus en plus influencé par son nouveau bras droit Richard Clarida (économiste à Columbia et conseiller du fonds Pimco) qui vient de faire son entrée à la Fed comme vice-président du bureau et s’est exprimé sur le fait que « les taux US et mondiaux ne peuvent pas diverger autant sans que cela ait un impact négatif à un moment ou un autre », il pourrait donc ralentir J.Powell dans l’année à venir, à suivre. (Côté portefeuilles cela ne serait pas forcément mauvais : une hausse du dollar qui en résulterait probablement ne serait pas pour nous déplaire).

Du côté de la Banque Centrale Européenne pas de changement de discours pour le moment, il est probable que M.Draghi ne change pas de position jusqu’à la fin de son mandat (octobre 2019), il nous semble peu probable que ce soit lui qui lance les éventuelles hausses de taux de 2019, au mieux la première juste avant de laisser sa place mais nous voyons plutôt une sortie « à la Bernanke » en préparant le marché pour son successeur, surtout si ce dernier est Allemand (Jens Weidmann, actuellement patron de la Bundesbank, est pressenti comme successeur). Globalement la BCE semble satisfaite (à raison) de son action sur l’économie Européenne ces dernières années et ne semble pas vouloir bouger dans un sens ni dans l’autre pour le moment.

Immobilier : l’indice des bulles immobilières UBS prend en compte la situation de 20 grandes villes mondiales et d’un ensemble de paramètres afin de déterminer un prix fondamental et de regarder de combien le prix actuel s’en écarte : ce qui est en vert est déjà considéré comme un niveau de bulle, en bleu foncé les prix sont surévalués (et proche d’un niveau de bulle pour les 4 premières), en rose les prix sont à leur juste valeur et en noir ils sont sous-évalués :

Les bulles et survalorisations immobilières sont connues pour pouvoir durer des années et la situation ne devrait donc pas changer à court/moyen terme (même si l’ajustement peut être rapide comme la crise des subprimes l’a montré il y a dix ans). Globalement seules les grandes villes connaissent cette progression, ce qui fait monter l’indice général des prix immobiliers mais ne reflète qu’une réalité partielle : de nombreux secteurs sont en baisse en dehors des grandes zones urbaines (et certains secteurs ont une demande trop faible ce qui ne permet pas d’estimer un prix réel).

Etats-Unis : les élections de mi-mandat qui se tiendront début novembre donneront la tendance pour la suite de la présidence D.Trump : ce dernier vise surtout à conserver sa majorité Républicaine au Sénat où 35 des 100 sièges seront soumis au vote des électeurs le mois prochain (du côté de la chambre des représentants c’est la totalité des 435 sièges qui sont en jeu). On se souvient de l’impact de ces élections de mi-mandat sous l’ère B.Obama : il y avait perdu sa majorité deux ans après son élection et n’avait pas pu gouverner pour les 6 années suivantes. Il est évidemment très difficile de prévoir les résultats de ces élections « locales » : entre une possible forte mobilisation Démocrate anti-Trump, une possible démobilisation Républicaine maintenant que les principales réformes ont été mises en place, ou encore un manque d’objectivité des médias qui risque de ne pas refléter la réalité du terrain dans les sondages (exactement comme en 2016). Dans tous les cas nous ne sommes pas très inquiets : D.Trump a déjà gagné son pari de doubler la croissance US grâce à ses réformes et il n’y a pas grand-chose de plus à attendre, les effets positifs sont déjà là et vont continuer de peser dans les années à venir (sauf majorité écrasante des Démocrates qui pourraient alors remettre en cause certaines de ses réformes et ralentir la croissance mais cela paraît peu probable à ce stade). Il pourrait également y avoir un côté positif pour les marchés si les Démocrates et les Républicains se retrouvaient de nouveau dans un équilibre relatif (aujourd’hui les Républicains sont majoritaires dans les deux chambres et les Démocrates n’ont toujours pas de leader depuis le départ de B.Obama) : cela permettrait peut-être d’atténuer les conflits commerciaux avec les autres grandes puissances (Chine en tête) ce qui ne serait pas pour déplaire aux marchés (notamment aux marchés actions émergents et Zone Euro).

France : malgré une croissance économique plus que correcte depuis deux ans, la dette se rapproche toujours plus de 100% du PIB (99% actuellement) et le budget 2019 est déjà annoncé en déficit de -2,8%. Ce qui confirme le risque que nous évoquons régulièrement sur le fait que les dettes de nombreux pays sont devenues irremboursables (reste à savoir quand et comment) : même dans la meilleure période économique de ces dix dernières années le pays n’est pas capable d’équilibrer ses comptes (et ce n’est pas dans les périodes difficiles qu’il pourra le faire). Pour le moment la BCE et ses taux 0 offrent du temps et les marchés se focalisent sur l’Italie, pourvu que ça dure (la France présente actuellement le déficit le plus élevé d’Europe). La dépense publique reste le principal problème et représente environ 1 300 milliards € par an (54% du PIB), malgré l’imposition la plus élevée du monde (plus de 45% du PIB) le budget public est en déficit chaque année depuis 1978.

Italie : après des semaines de désaccord sur l’ampleur du déficit pour les années à venir entre Salvini et Di Maio d’un côté et Tria (et l’Europe) de l’autre, ce sont finalement ces deux premiers qui l’ont emporté avec un accord pour un déficit de 2,4% pour les trois prochaines années (plus du double de ce qui était prévu) afin de mettre en place une partie des promesses de campagne, notamment le fameux revenu universel (lien ici  vers un article que nous avions publié sur ce sujet), pour rappel le ratio dette/PIB de l’Italie est de plus de 130% (en Europe seule la Grèce fait pire). Salvini, qui continue de monter dans les sondages pour son action sur la crise migratoire, sort grand gagnant de cet accord. Le risque serait de voir Tria démissionner si la situation continue de tourner à son désavantage (et/ou de nouvelles élections qui verraient Salvini conforter sa position et remettre sur la table l’idée d’une sortie de l’Europe), cela serait vu comme un signe de faiblesse et de perte de contrôle de l’Europe vis-à-vis de la situation Italienne par les marchés. Nous continuons à considérer l’Italie comme le principal danger Européen à court terme.

A surveiller dans les prochaines semaines :
– situation géopolitique : protectionnisme US/Chine/Europe, crise migratoire/identitaire en Europe et politique Italienne, élections de mi-mandat aux US
– mouvements sur les taux d’intérêts et déclarations des banques centrales sur leurs intentions (en lien avec la soutenabilité des dettes publiques actuelles des pays développés)
– change Euro/Dollar (qui nous semble désormais plus proche de sa valeur réelle que nous voyons autour de 1,10)
– valorisations trop élevées de certains actifs (Obligations d’Etats et d’entreprises Européennes, Actions Techno / internet, Immobilier dans certaines zones)
– baril de pétrole (plutôt négatif pour la croissance mondiale si durablement supérieur à 70$)

Les arbitrages : pas de mouvement ce mois-ci.

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 novembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle