Tension sur les marchés : le point sur la situation

Après avoir atteint de nouveaux plus haut historiques fin septembre les marchés actions mondiaux ont baissé ces derniers jours, voici un résumé de la situation ainsi que nos convictions pour la suite.

La baisse actuelle ressemble à celle de février cette année : après un nouveau plus haut historique en janvier 2018 les marchés avaient consolidé sans réelle raison fondamentale en février 2018 puis rebondi rapidement derrière, suite à un nouveau plus haut en septembre 2018 nous voyons donc pour le moment la même consolidation, voici ci-dessous les marchés Américain S&P 500 et Français CAC 40 (avec dividendes) sur les deux dernières années :

Les mouvements de volatilité comme celui-ci font partie de la vie normale des marchés, même si nous pouvons avoir tendance à l’oublier après des années anormalement calmes comme 2017 par exemple, ces corrections sont saines (tant que la spéculation n’est pas excessive, ce qui reste à vérifier dans les prochaines semaines) et permettent d’éviter des bulles (notamment les secteurs comme le luxe et la technologie, qui ont d’ailleurs fortement corrigé début octobre). Ces mouvements sont aussi en général exagérés ce qui permet de créer des opportunités d’investissement à bon compte, même s’il n’est bien sûr pas possible de savoir jusqu’où le mouvement de volatilité actuel peut aller ni de savoir quand un rebond aura lieu.

Nos convictions sur l’ensemble des thèmes liés à la tension actuelle :

Croissance mondiale : pas de récession en vue, comme nous l’avions évoqué il est normal que la croissance se stabilise après deux ans d’accélération, elle se stabilise sur des niveaux élevés (autour de 3,5% probablement au niveau mondial), la période économique récente est la meilleure depuis plus de dix ans et c’est évidemment un facteur fondamental important.

Profits des entreprises : c’est l’autre grand facteur fondamental et il n’a jamais été aussi élevé (ce qui n’est peut-être pas forcément un soutien à court terme : certains se demandent comment un niveau si élevé peut-être maintenu voir améliorer ? En ce qui nous concerne nous considérons que là aussi la situation est plus que positive). Les niveaux actuels record des dividendes et rachats d’actions sont la continuité de ces excellents résultats.

Elections Américaines du 6 novembre : c’est une inconnue, et cela le restera probablement aussi après les élections, ce qui semble se dessiner est une victoire Républicaine au Sénat et une victoire Démocrate à la chambre des représentants, mais le plus important sera la manière dont le gouvernement Trump se comportera après les élections. Nous ne sommes ni optimistes ni pessimistes sur le sujet, les deux camps étant pro-business avant tout et la situation économique locale étant sur des niveaux très solides il nous semble possible que ces élections n’aient pas un grand impact à terme.

Italie : la commission européenne vient de rejetter le budget Italien (après l’annonce d’un déficit prévu plus élevé que précédemment promis) et le bras de fer entre le nouveau gouvernement Italien et l’Europe continue (sur la crise migratoire et sur le budget). Nous continuons à penser que la situation Italienne reste le principal risque Européen actuellement et sommes plutôt pessimistes sur ce point (l’Italie nous semble la pointe de l’iceberg à la fois sur la crise migratoire/identitaire Européenne mais également sur le problème de l’insoutenabilité des dettes publiques et déficits publics en Europe). C’est en partie dans les cours (notamment des valeurs bancaires et assurances) mais le problème semble surtout de moyen terme et non de court terme (on ne peut pas dire que la baisse actuelle y soit fortement liée).

Brexit : le Royaume-Uni continue de souffrir du Brexit, qui n’est toujours pas effectif d’ailleurs, Therese May est plus en difficulté que jamais et le dossier n’avance plus. Là aussi nous pensons qu’une bonne partie est déjà dans les cours (notamment de la devise) et l’impact restera selon nous modéré : une solution à la Norvegienne ou à la Suisse sera probablement mise en place à la fin (c’est-à-dire des liens forts avec l’Europe même si officiellement ces pays n’en font pas partie), entre temps il est logique que l’Europe adopte une position dure.

Hausse de taux : les craintes de taux longs US trop élevés auront aussi ajouté à la tension ces jours-ci, l’idée indirecte est que si ce taux monte rapidement il peut inciter les investisseurs à délaisser une partie des autres classes d’actifs (y compris les actions donc) au profit du 10 ans US, théorie à laquelle nous n’avons jamais réellement adhérer, surtout quand la variation de taux était de 0,2% à peine ce mois-ci. Nous pensons que les taux longs US sont ralentis/bloqués par les flux mondiaux qui arrivent à chaque hausse (c’est le taux mondial de référence), par conséquent ce risque nous semble limité. On peut par contre y voir la volonté des marchés de forcer la Fed à être plus souple dans les prochains mois.

Forte rotation sectorielle : si les marchés ont globalement tous baissé ces dernières semaines on voit par contre une forte disparité entre les différents secteurs et les différentes valeurs d’un même secteur : ainsi des valeurs technologiques ou du luxe ont perdu jusqu’à 20% en à peine quelques jours alors que d’autres secteurs étaient en hausse. Deux raisons à cela selon nous : la première est que la période des résultats est souvent une période d’ajustement entre valeurs et entre secteurs (entre ceux qui font mieux qu’attendu et ceux qui font moins bien), la deuxième est que les fonds Américains clôturent l’exercice fiscal en octobre et cela peut créer une rotation importante dans leurs portefeuilles. Nous pensons que ces effets ont créé des opportunités et qu’il est temps de se pencher un peu plus sur les valeurs décotées (pas seulement en Europe) tant l’écart avec les valeurs de croissance semble désormais injustifié (le marché Français dispose par exemple de leader mondiaux dont la faible valorisation actuelle a pour conséquence de porter le niveau de dividende au-delà de 4% par an, ce qui est anormal et donc intéressant pour l’investisseur).

Liquidités des banques centrales : c’est un argument qui revient souvent, que va-t-il se passer le jour où les banques centrales retireront leurs liquidités ? Déjà il faudrait qu’elles le fassent (les 50 milliards $ que la Fed est supposée retirer à partir du mois prochain ne représente qu’une partie infime de son bilan, et la BCE n’en est pas là pour le moment, même chose au Japon, côté Chine c’est même peut-être l’inverse : la PBoC est prête à en rajouter si la guerre commerciale allait plus loin). Ensuite il faut se rappeler qu’à part la Banque Centrale du Japon les autres ont principalement acheté des obligations, le lien « achats d’obligations par la banque centrale = achats d’actions par le secteur privé » nous a toujours semblé plus faible qu’annoncé, c’est plutôt sur les autres segments obligataires (notamment le haut rendement) qu’une partie de ces investisseurs semblent être allé. Quoi qu’il en soit le sujet reste d’actualité et continuera de peser dans les prochains mois.

Commerce mondial : la guerre commerciale occupe régulièrement l’actualité ces derniers mois, et c’était prévisible en période électorale Américaine, à court terme cela a évidemment un impact négatif sur la confiance des investisseurs et crée un peu de tension supplémentaire, mais à long terme nous ne savons pas encore quels en seront les impacts réels : les montants taxés sont relativement faible en comparaison de l’économie mondiale. Notre idée sur le sujet reste la même : nous allons de toute façon vers moins de mondialisation, le mouvement est enclenché depuis 2008 et s’est amplifié avec l’élection de D.Trump. Comme pour les banques centrales c’est un sujet qui va continuer d’occuper l’actualité mais l’impact réel sur les entreprises en question nous semble surestimé actuellement.

Valorisation des marchés : le ratio prix/bénéfices (PER) est l’un de ceux que nous regardons le plus pour juger de la valorisation des marchés, ce ratio qui montrait des marchés mondiaux « au prix » en janvier (à 17 globalement au niveau mondial) est désormais à 14, ce qui s’explique en partie par la baisse récente mais surtout par la hausse des profits, ainsi actuellement les US sont toujours valorisés « normalement » à 16 mais la Zone Euro et le Japon sont très attractifs à 12 et les émergents aussi à 10. C’est pour nous un point d’entrée intéressant, les périodes de tension sont les seuls moments où l’on peut acheter à ce prix.

Investissements : quels mouvements dans nos portefeuilles types ?

Nous allons renforcer quelques lignes, investir dans deux nouveaux thèmes et maintenir la grande majorité du portefeuille en place, voici ci-dessous le portefeuille avant/après :

Aucune urgence pour ces mouvements que nous détaillons de manière plus importante dans le prochain point mensuel du 2 novembre, en résumé nous maintenons la grande majorité des investissements actuels et réalisons quelques changements à la marge qui consiste à alléger une partie de ce qui a bien résisté (First Eagle, Prem’Opcimmo, Amundi Patrimoine, Renaissance Europe, etc.) pour renforcer les marchés qui nous semblent présenter le plus de potentiel actuellement (émergents et Zone Euro principalement) tout en ajoutant deux nouveaux thèmes : celui des valeurs à haut dividendes en Zone Euro par le biais du fonds CPR Euro High Dividend dans le PEA et CPR Food for Generations sur le thème de l’alimentation durable dans l’assurance-vie. A noter : le fonds CPR Food for Generations ne sera éligible qu’à partir du 6 novembre dans l’assurance-vie.

Pour ceux qui avaient des liquidités en attente d’investissement nous conseillons de renforcer le portefeuille existant ainsi que les mouvements que nous avons présenté ci-dessus. Il nous semble également que ce soit un bon moment pour ceux qui souhaitent constituer un portefeuille de valeur en direct (lien ici). Pour ceux qui souhaitent maintenir un portefeuille plus défensif nous conseillons de ne pas bouger des positions actuelles.

Le lundi 5 novembre à 18:30 pour notre prochaine visio-conférence nous aborderons l’actualité des marchés, lien d’inscription ici 

Bons investissements à tous, je vous donne RDV le 2 novembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller habituel, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et moi-même (thomas.lombardi@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

  

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L’adaptation de nos propositions au profil d’investissement de chaque client suit 4 règles principales :
– Cantonnement : définition d’un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d’assurance-vie)
– Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d’assurance-vie
– Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
– Communication/suivi : mail et article mensuel sur le blog parlons-patrimoine, visio-conférence mensuelle